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mercredi 24 avril 2019

Michel Houellebecq : La Carte et le Territoire, 2010 - Commantaires dirigés de Morgana Capasso et Michele Cova








Risultati immagini per houellebecq la carte et le territoire


Michel Houellebecq se met en scène dans son roman. Il reçoit la visite d’un peintre célèbre, Jed Martin. L’écrivain et le peintre dialoguent entre deux verres de vin.

Houellebecq hocha la tête, écartant les bras comme s’il entrait dans une transe tantrique1 – il était, plus probablement, ivre, et tentait d’assurer son équilibre sur le tabouret de cuisine où il s’était accroupi. Lorsqu’il reprit la parole, sa voix était douce, profonde, emplie d’une émotion naïve. « Dans ma vie de consommateur, dit-il, j’aurai connu trois produits parfaits : les chaussures Paraboot Marche, le combiné ordinateur portable – imprimante Canon Libris, la parka Camel Legend. Ces produits je les ai aimés, passionnément, j’aurais passé ma vie en leur présence, rachetant régulièrement à mesure de l’usure naturelle, des produits identiques. Une relation parfaite et fidèle s’était établie, faisant de moi un consommateur heureux. Je n’étais pas absolument heureux, à tous points de vue, dans la vie, mais au moins j’avais cela : je pouvais, à intervalles réguliers, racheter une paire de mes chaussures préférées. C’est peu mais c’est beaucoup, surtout quand on a une vie intime assez pauvre. Eh bien cette joie, cette joie simple, ne m’a pas été laissée. Mes produits favoris, au bout de quelques années, ont disparu des rayonnages, leur fabrication a purement et simplement été stoppée – et dans le cas de ma pauvre parka Camel Legend, sans doute la plus belle parka jamais fabriquée, elle n’aura vécu qu’une seule saison… ». Il se mit à pleurer, lentement, à grosses gouttes, se resservit un verre de vin. « C’est brutal, vous savez, c’est terriblement brutal. Alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent des milliers, parfois des millions d’années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours, il ne leur est jamais accordé de seconde chance, ils ne peuvent que subir, impuissants, le diktat2irresponsable et fasciste des responsables des lignes de produit qui savent naturellement mieux que tout autre ce que veut le consommateur, qui prétendent capter une attente de nouveauté chez le consommateur, qui ne font en réalité que transformer sa vie en une quête épuisante et désespérée, une errance sans fin entre des linéaires3 éternellement modifiés ».

1)État second qui se traduit par une altération de la conscience et une agitation du corps. 2)Chose imposée. 3)Rayons d’un magasin.



COMPRÉHENSION

1)Quelle image de Houellebecq donne le narrateur ?
Houellebecq est ici peint comme le prototype de l’homme de la société de consommation : abruti par la vie moderne, il n’arrive pas à être heureux, surtout du point de vue sentimental («quand on a une vie intime en ces pauvres », l.10), et il cherche un appui dans l’achat de produits qui lui donne l’illusion du bonheur. Il est tellement intégré dans le système d’identification sociale entre homme et produit, qu’il ne comprends même pas pourquoi «alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent de milliers, parfois des millions d’années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours » (l.15-17), comme si les objets mêmes faisait partie du processus d’évolution.

2)Quelle est la tonalité de cette évocation de l’écrivain ?
Houellebecq est dans un état d’altération dû à l’alcool. Donc, ça réflexion vient plus de son inconscient que d’un vrai raisonnement. Voilà pourquoi le ton de son invocation et souvent confus, exagéré et haussé, avec des moments de désespérance ( «cette joie simple ne m’a pas été laissée», l.11 ; «  c’est terriblement brutal », l.15), opposés à des moments de fureur, où il accuse le mécanisme de la consommation d’être injuste, un « diktat irresponsable et fasciste » (l.18).
Il se sent, donc, d’une certaine façon victime de ce système et il l'exprime sincèrement.

INTERPRÉTATION

1)Les images commerciales sont très présentes dans cet extrait ; pourquoi selon vous ?
L’auteur veut souligner le complet asservissement d'Houellebecq aux produits qu’il aime le plus, dans lesquels n'importe quel lecteur moderne peut s’identifier. Il veut, donc, récréer l’aliénation que la publicité provoque en nous qui vivons dans une société de consommation, à travers le même principe de la publicité, c’est-à-dire la répétition obsessionnelle du nom du produit et des « bénéfices sociaux » qu’il nous apporte. On pourrait, donc, conclure qu’il se sert d’un langage post-moderne, fait de symboles, c’est-à-dire celui de la publicité, pour critiquer indirectement le mécanisme économique.

2)Quels liens unissent les hommes aux objets selon Houellebecq ?
Selon Houellebecq les hommes sont liés sentimentalement aux objets («ces produits, j’ai les ai aimés, passionnément », l.7), c’est-à-dire qu’il humanise et personnifie les produits, afin de trouver en eux l’amour qu’il n’a pas dans sa vie.
Les objets deviennent, donc, la seule garantie d’amour de l’homme moderne qui, à partir du XX e  siècle et des théories nihiliste de Nietzsche, découvre qu’il est être seul dans l’univers et que Dieu n’existe pas.

3)De quoi le personnage Houellebecq a-t-il nostalgie ?
Le personnage a nostalgie de l’amour qu’il croyait recevoir de ses produits favoris, puisque leur fabrication a été stoppé. Il exprime sa douleur de façon si franche, que le lecteur y croit vraiment, comme s’il parlait d'un ami ou d’un parent perdu. Enfin, il décrit toute l’injustice de cet éloignement, qui lui provoque une souffrance immense.

RÉFLEXION PERSONNELLE

Un peu plus loin dans ce même roman, Michel Houellebecq écrit « Nous aussi nous sommes des produit »
Développez ce thème en vous appuyant aussi sur d’autres œuvres que vous avez lues.  (600 mots environ).

Il y a une liaison profonde entre désir et représentation publicitaire qui se base sur le fait que l’homme cherche toujours à réaliser des désirs qu’il ne peut pas rejoindre (on pourrait dire, donc, qu’il désire son désir même, plutôt que l’objet en soi). La perversion et en même temps toute la magie de la publicité est de fournir aux consommateurs l’illusion d’être tout à fait exceptionnels et de s'identifier avec un groupe social précis. Toutefois, ce mécanisme parfait ne fonctionne pas sans les consommateurs, la « matière première » de ces processus. Aujourd’hui on les voit bien dans le phénomène de la vente des données personnelles pour la propagande électorale, qui personnalise la publicité selon les désirs et les intérêts de chacun. Nous sommes, donc, un produit dans le sens que la société de consommation adapte la production d'objets à nos désirs.
Donc, aujourd’hui l’homme a une valeur qui n’est plus seulement lié à ses capacités de fabrication d’un objet, comme dans la société industrielle du XIXe siècle, mais il est aussi le produit même du processus économique.
L’une des causes les plus importantes de ce phénomène est la globalisation, le fait qu’aujourd’hui les modes se diffusent très rapidement, en imposant des styles de vie globaux.
Mais, alors, c’est nous-même qui décidons de nous adapter à ces modèles ou ce sont les modèles qui changent selon nos désirs ?
On pourrait dire que les deux s’influencent réciproquement, comme les pièces d’une parfaite machine.


Morgana Capasso



COMPREHENSION

1)   Quelle image d’ Houellebecq donne ici le narrateur?
Houellebecq est présenté par le narrateur comme un homme tristement résigné et irrémédiablement déçu. Il montre tout son amer désappointement à travers des gestes exagérés et presque théâtraux (« Houellebecq hocha la tète, écartant les bras comme s’il entrait dans un transe tantrique » l.1) qui sont, peut-être, justifiés par son ivresse (« il était plus probablement ivre l.2 »). Cependant, sa voix «  douce, profonde, emplie d’une émotion naïve » (l.3) trahit son tragique désespoir, explicitement révélé par ses mots et par ses larmes («  il se mit à pleurer lentement et à gros gouttes » l.14). La description des actions à la troisième personne et le discours direct permettent au narrateur de peindre un portrait complet et détaillé du personnage, en décrivant minutieusement son état d’âme, dans un climax croissant : de la désillusion à la tristesse des pleurs jusqu’à la rage des accusations finales.

2)      Quelle est la tonalité de cette évocation de l’écrivain ?
Cette évocation de l’écrivain est caractérisée par une tonalité tragiquement pathétique, qui marque, surtout, le discours de l’Houellebecq. L’utilisation d’adjectifs apparemment exagérés, qui souvent personnifient même les objets (« …ma pauvre parka Camel Legend, sans doute la plus belle parka jamais fabriquée, elle n’aura vécu qu’une seule saison… » l.12) contribue à exaspérer la narration, et parfois, à créer aussi de l’ironie. En outre la répétition des mots (« cette joie, cette joie simple ») et l’ antithèse  (« c’est peu, mais c’est beaucoup.. ».) donnent au texte un effet rhétorique et emphatique, repris par l’auteur dans son  deuxième discours, dans lequel le personnage présente les produits manufacturés comme des victimes, impuissants et faibles, d’une société cruelle et « inhumaine ».

INTERPRETATION

1)   Les images commerciales sont très présentes dans cet extrait : pourquoi selon vous ?
Cet extrait est caractérisé par un répétition,  presque obsessive, de mots qui font référence au commerce et aux images commerciales. Cette insistance souligne l’importance fondamentale des produits manufacturés dans la vie du personnage mais permet aussi à l’écrivain de dénoncer implicitement l’absurdité de la société consommatrice. Dans la dernière partie de l’extrait, en effet, l’auteur critique âprement les lignes de produit qui contrôlent même les vies des consommateurs, qui sont égarés dans une « errance sans fin entre des linéaires éternellement modifiés » (l.21-22). Les images commerciales dans l’extrait évoquent aussi la quantité exagérée et presque excessive de produits, qui, souvent, diffèrent seulement par leurs noms, mais pas par leur qualité.

2)   Quels liens unissent les hommes aux objets selon Houellebecq ?
En montrant  « sa vie de consommateur », Houellebecq se concentre surtout sur la description de son rapport avec trois produits qu’il considère « parfaits », ses produits favoris. Dans cette longue description il utilise des mots et des expressions qui appartiennent au champ lexical sentimental et amoureux : il affirme qu’il  aimait  « passionnément » les trois produits, avec lesquels il aurait passé toute sa vie. La relation qui le liait à ces objets était « parfaite et fidèle », car il les rachetait régulièrement et eux seuls étaient capables de le rendre heureux. Selon Houellebecq, donc, les hommes sont indissolublement unis aux objets par des liens indispensables et essentiels, fondés sur une fidélité réciproque, qui est l’unique raison de bonheur.

3)   De quoi le personnage Houellebecq a-t-il nostalgie ?
Le personnage Houellebecq a surtout nostalgie de ses objets favoris ( « les chaussures Paraboot Marche, le combiné ordinateur-imprimante Canon Libris, la Parka Camel Legend » l.4-5 ). Ces objets, en effet, « ont disparu des rayonnages » après que « leur fabrication a.. été stoppée ». La condition de mélancolie du personnage est soulignée principalement par l’opposition entre passé et présent, mise en évidence par le changement du temps verbal : il utilise l’imparfait  pour décrire « sa relation parfaite avec les produits » ,  le passé composé pour désigner le sort « tragique » des produits et, enfin, le présent pour présenter la triste réalité des produits manufacturés. En outre, la nostalgie d’Houellebecq est parfaitement et dramatiquement communiquée par la sentence résignée « Eh bien, cette joie, cette joie simple, ne m’a pas été laissée.. »(l.10-11). Cependant, le fait que Houellebecq ne croit pas être complètement heureux ( « Je n’était pas absolument heureux à tous points de vue, dans  la vie » l. 8; «Surtout quand on a une vie intime assez pauvre » l.10) suggère aussi qu’il a nostalgie d’une vie plus heureuse et satisfaisante.

REFLEXION PERSONNELLE
Un peu plus loin de ce même roman, M. Houellebecq  écrit « Nous aussi nous sommes des produits ». Développez ce thème en vous appuyant aussi sur d’autres œuvres  que vous avez lues.
La sentence de Michel Houellebecq dénonce et condamne une situation sociale très actuelle, de plus en plus  menaçante . En disant que nous aussi nous sommes des produits, l’auteur veut souligner que la distance entre « homme » et « produit » devient  de plus en plus faible, surtout dans une société consommatrice et frénétique, où l’individualité est généralement suffoquée par le désir (et aussi l’exigence) de se conformer.
L’importance des objets dans la vie humaine joue un rôle fondamental et essentiel dans le roman « Madame Bovary » de Gustave Flaubert. La protagoniste du roman , Emma Bovary, réprime sa condition d’insatisfaction et mécontentement par une tendance, obsessive et exagérée, à acheter des produits inutiles, qui pourraient compenser sa situation tragique. Cependant, cette exigence d’acheter n’est qu’une illusion éphémère qui la mène aussi au suicide, car elle ne réussit pas à accepter et avouer ses énormes dettes.
Cette conception de l’inutilité des objets est fondamentale dans les œuvres artistiques de Andy Warhol, un artiste américain qui a utilisé des produits de marchandise pour souligner l’inutilité de la production massive.  La phrase d’ Houellebecq évoque surtout les portraits que Warhol a réalisé en représentant, par exemple, Marilyn Monroe. Le visage de la femme est reproduit plusieurs fois à fin d’évoquer la production et la fabrication des produits, qui a eu lieu surtout après la Révolution Industrielle. L’actrice, dans les portraits perd son individualité et dévient un « objet » que tout le monde peut posséder et acheter.
La sentence de l’écrivain est très significative, car met aussi en évidence que lorsqu’on est tous des produits, on est tous égaux et impersonnels.

Michele Cova 



dimanche 17 mars 2019

Commentaire dirigé : Michel Houellebecq : La Carte et le Territoire, 2010.






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Liceo classico Cairoli Varese
SEZIONE ESABAC
BAC BLANC
Prova di: LINGUA E LETTERATURA FRANCESE
                                   
Svolga il candidato una delle seguenti prove a scelta tra:
a)    analisi di un testo
b)   saggio breve

a)Analisi di un testo
Dopo avere letto il testo rispondete alle domande e elaborate una riflessione personale sul tema proposto.

Michel Houellebecq se met en scène dans son roman. Il reçoit la visite d’un peintre célèbre, Jed Martin. L’écrivain et le peintre dialoguent entre deux verres de vin.

Houellebecq hocha la tête, écartant les bras comme s’il entrait dans une transe tantrique1 – il était, plus probablement, ivre, et tentait d’assurer son équilibre sur le tabouret de cuisine où il s’était accroupi. Lorsqu’il reprit la parole, sa voix était douce, profonde, emplie d’une émotion naïve. « Dans ma vie de consommateur, dit-il, j’aurai connu trois produits parfaits : les chaussures Paraboot Marche, le combiné ordinateur portable – imprimante Canon Libris, la parka Camel Legend. Ces produits je les ai aimés, passionnément, j’aurais passé ma vie en leur présence, rachetant régulièrement à mesure de l’usure naturelle, des produits identiques. Une relation parfaite et fidèle s’était établie, faisant de moi un consommateur heureux. Je n’étais pas absolument heureux, à tous points de vue, dans la vie, mais au moins j’avais cela : je pouvais, à intervalles réguliers, racheter une paire de mes chaussures préférées. C’est peu mais c’est beaucoup, surtout quand on a une vie intime assez pauvre. Eh bien cette joie, cette joie simple, ne m’a pas été laissée. Mes produits favoris, au bout de quelques années, ont disparu des rayonnages, leur fabrication a purement et simplement été stoppée – et dans le cas de ma pauvre parka Camel Legend, sans doute la plus belle parka jamais fabriquée, elle n’aura vécu qu’une seule saison… ». Il se mit à pleurer, lentement, à grosses gouttes, se resservit un verre de vin. « C’est brutal, vous savez, c’est terriblement brutal. Alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent des milliers, parfois des millions d’années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours, il ne leur est jamais accordé de seconde chance, ils ne peuvent que subir, impuissants, le diktat2irresponsable et fasciste des responsables des lignes de produit qui savent naturellement mieux que tout autre ce que veut le consommateur, qui prétendent capter une attente de nouveauté chez le consommateur, qui ne font en réalité que transformer sa vie en une quête épuisante et désespérée, une errance sans fin entre des linéaires3 éternellement modifiés ».

1)État second qui se traduit par une altération de la conscience et une agitation du corps. 2)Chose imposée. 3)Rayons d’un magasin.

Michel Houellebecq, La Carte et le Territoire, 2010.

COMPREHENSION



2) Quelle est la tonalité de cette évocation de l’écrivain ?


1)Les images commerciales sont très présentes dans cet extrait ; pourquoi selon vous ?



3) De quoi le personnage Houellebecq a-t-il nostalgie ?

REFLEXION PERSONNELLE

Un peu plus loin dans ce même roman, Michel Houellebecq écrit  « Nous aussi nous sommes des produits » .

Développez ce thème en vous appuyant aussi sur d’autres œuvres que vous avez lues.  (600 mots environ).









mercredi 21 novembre 2018

Marguerite Yourcenar : L'oeuvre au noir




Risultati immagini per yourcenar l'oeuvre au noir analyse

LICEO CLASSICO “E. CAIROLI” VARESE
SEZIONE ESABAC
BAC BLANC

Prova di  LINGUA E LETTERATURA FRANCESE

Svolga il candidato una delle seguenti prove a scelta tra:
a)      analisi di un testo
b)      saggio breve

           analisi di un testo

Dopo avere letto il testo rispondete alle domande elaborate una riflessione personale sul tema proposto.

Personnage historique fictif comme l’écrit Marguerite  Yourcenar Zénon parcourt l’Europe de la Renaissance déchirée par les guerres de religion et le fanatisme. Alchimiste et médecin, il incarne les valeurs fondatrices de l’humanisme. Nous sommes ici au début du roman : Zénon et Henri-Maximilien Ligre, son cousin, ont quitté Bruges où ils ont été élevés,  leurs routes se séparent.

 — J'ai seize ans, dit Henri-Maximilien. Dans quinze ans, on verra bien si je suis par hasard légal d'Alexandre. Dans trente ans, on saura si je vaux ou non feu César. Vais-je passer ma vie à auner (1) du drap dans un boutique de la rue aux Laines (2) ?   Il s'agit d'être homme.
— J'ai vingt ans, calcula Zénon. À tout mettre au mieux, j'ai devant moi cinquante ans d'étude avant que ce crâne se change en tête de mort. Prenez vos fumées (3)  et vos héros dans Plutarque (4), frère Henri. Il s'agit pour moi d'être plus qu'un homme.
 — Je vais du côté des Alpes. Dit Henri Maximilien.
— Moi, du côté des Pyrénées.
Ils se turent. La route plate, bordée de peupliers, étirait devant eux un fragment du libre univers.
L’aventurier de la puissance et l’aventurier du savoir marchaient côte à côte. 
— Voyez, continua Zénon. Par-delà ce village, d’autres villages, par-delà cette abbaye, d’autres abbayes, par-delà cette forteresse, d’autres forteresses. Et dans chacun de ces châteaux d’idées, de ces masures (5) d’opinions superposés aux masures de bois et aux châteaux de pierre, la vie emmure les fous et ouvre un pertuis (6) aux sages. Par-delà les Alpes, l’Italie. Par-delà les Pyrénées, l’Espagne. D’un côté, le pays de La Mirandole (7), de l’autre, celui d’Avicenne (8). Et, plus loin encore, la mer, et, par-delà la mer, sur d’autres rebords de l’immensité, l’Arabie, la Morée (9), l’Inde, les deux Amériques. Et partout, les vallées où se récoltent les simples (10), les rochers où se cachent les métaux dont chacun symbolise un moment du Grand Œuvre (11), les grimoires (12) déposés entre les dents des morts, les dieux dont chacun a sa promesse, les foules dont chaque homme se donne pour centre à l’univers. Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ? Vous le voyez, frère Henri, je suis vraiment un pèlerin. La route est longue, mais je suis jeune.
 — Le monde est grand, dit Henri-Maximilien. — Le monde est grand, dit gravement Zénon. Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur humain à la mesure de toute la vie.(13)

1)mesurer 2)rue de Bruges 3)rêves, illusions 4)auteur de la Vie des hommes illustres 5)  Édifice, maison en ruines; habitation misérable, délabrée 6)porte 7)philosophe humaniste italien 8)philosophe et médecin iranien 9)Autre nom du Péloponnèse, région de la Grèce 10)herbes médicinales 11)transmutation des métaux en or. 12)Livres à l’écriture mystérieuse


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13)Son épitaphe dan son "éternité" : « Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur de l'homme à la mesure de toute la vie. » (tirée de L'Œuvre au noir)

Marguerite Yourcenar , L’Oeuvre au noir, Ed. Gallimard 1968



COMPRÉHENSION

1)Comment la romancière met-elle en valeur l’ opposition entre les deux personnages ?

2)Que refuse chacun d’eux ?

INTERPRÉTATION

1)Relevez les notations de lieu des lignes 16 à 20 : que veut souligner l’auteur ?

2)De quelles valeurs de l’humanisme Zénon est-il porteur ? Qu’est-ce qui le pousse à partir ?

RÉFLEXION PERSONNELLE

Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ?

Développez ce thème en vous appuyant aussi sur d’autres œuvres que vous avez lues.  (300 mots environ).


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Quatrième de couverture

En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIe siècle, Marguerite Yourcenar, l'auteur de Mémoires d'Hadrien, ne raconte pas seulement le destin tragique d'un homme extraordinaire. C'est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans âcre et brutale réalité ; un monde contrasté où s'affrontent le Moyen-Age et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage et qui pour cette raison même finira par le broyer. L'Oeuvre au Noir a obtenu en 1968 le prix Femina à l'unanimité.









b) Saggio breve

Dopo avere analizzato l’insieme dei documenti, formulate un saggio breve in riferimento al tema posto (circa 600 parole)

Paysages : reflet du monde, reflet de l’âme ?

Document 1 

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encore, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

Alphonse de Lamartine, « L'Automne », 
Méditations poétiques (1820)


Document 2 

Julien poursuivait son chemin gaiement au milieu des plus beaux aspects que puissent présenter les scènes de montagnes. Il fallait traverser la grande chaîne au nord de Vergy. Le sentier qu’il suivait, s’élevant peu à peu parmi de grands bois de hêtres, forme des zigzags infinis sur la pente de la haute montagne qui dessine au nord la vallée du Doubs. Bientôt les regards du voyageur, passant par-dessus les coteaux moins élevés qui contiennent le cours du Doubs vers le midi, s’étendirent jusqu’aux plaines fertiles de la Bourgogne et du Beaujolais. Quelque insensible que l’âme de ce jeune ambitieux fût à ce genre de beauté, il ne pouvait s’empêcher de s’arrêter de temps à autre, pour regarder un spectacle si vaste et si imposant.
Enfin il atteignit le sommet de la grande montagne, près duquel il fallait passer pour arriver, par cette route de traverse, à la vallée solitaire qu’habitait Fouqué, le jeune marchand de bois son ami. Julien n’était point pressé de le voir, ni aucun autre être humain. Caché comme un oiseau de proie, au milieu des roches nues qui couronnent la grande montagne, il pouvait apercevoir de bien loin tout homme qui se serait approché de lui. Il découvrit une petite grotte au milieu de la pente presque verticale d’un des rochers. Il prit sa course, et bientôt fut établi dans cette retraite. Ici, dit-il avec des yeux brillants de joie, les hommes ne sauraient me faire de mal.


Stendhal, Le Rouge et le Noir(1830)


Document 3

Pour une surprise, c'en fut une. À travers la brume, c'était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était1 on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous...
Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout.  On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes.  Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante2 du tout, raide à faire peur.
On en a donc rigolé comme des cornichons. Ça fait drôle forcément, une ville bâtie en raideur.  Mais on n'en pouvait rigoler nous du spectacle qu'à partir du cou, à cause du froid qui venait du large pendant ce temps-là à travers une grosse brume grise et rose et rapide et piquante à l'assaut de nos pantalons et des crevasses de cette muraille, les rues de la ville, où les nuages s'engouffraient aussi à la charge du vent. 

Malgré notre situation de galérien. 2La ville couchée évoque la femme couchée.

Céline, Le Voyage au bout de la nuit(1932)




Document 4  

Un bubbolio lontano...

Rosseggia l'orizzonte,
Come affocato, a mare;
Nero di pece, a monte,
Stracci di nubi chiare:
Tra il nero un casolare:
Un'ala di gabbiano.

Giovanni Pascoli, “Temporale”, Myricae(1891)

Un roulement dans le lointain...

L'horizon qui rougeoie,
Tel un brasier, du côté de la mer;
D'un noir de poix, vers les montagnes,
Des lambeaux de nuages clairs:
Dans tout ce noir une chaumière:
Une aile éployée de mouette.

Giovanni Pascoli, “Temps d'orage”, Myricae (1891)

Traduction de Maurice Javion
(Anthologie bilingue de la poésie italienne, La Pléiade, Gallimard)




Document 5




Caspar David Friedrich,
Kunsthalle de Hambourg (1817)


Pour cet artiste  « l’art se présente comme médiateur entre la natureet l’homme », et  « le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’ilvoit en face de lui, mais aussi ce qu’il voit en lui ».

Noël approche ...
Qui sait si mes élèves  sauront profiter de  ce petit cadeau ?

samedi 14 juillet 2018

ESABAC EPREUVES 2018 LITTERAIRE (SUPPLETIVA) - Louis Aragon : Aurélien




Villa Toeplitz Varese


ESAMI DI STATO DI ISTRUZIONE SECONDARIA 

SUPERIORE

SEZIONI ESABAC

Prova di: LINGUA E LETTERATURA FRANCESE


Svolga il candidato una delle seguenti prove a scelta tra:
a) analisi di un testo;
b) saggio breve.

a) analisi di un testo

Dopo avere letto il testo rispondete alle domande e elaborate una riflessione personale sul tema proposto.

Voici les premières lignes de ce roman, qui raconte l'histoire d'amour passionnée et douloureuse entre un jeune parisien de retour de la 1e guerre mondiale, Aurélien, et une jeune femme provinciale et mariée, Bérénice.

La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer (1) de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient (2) sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût. Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien n'aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l'avait mal regardée. Il lui en demeurait une impression vague, générale, d'ennui et d'irritation. Il se demanda même pourquoi. C'était disproportionné. Plutôt petite, pâle, je crois... Qu'elle se fut appelée Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé, après coup. Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà̀ bien ce qui l'irritait. Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête, un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé. Un vers qu'il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l'avait  bsédé,  qui l'obsédait encore:
Je demeurai longtemps errant dans Césarée...
En général, les vers, lui... Mais celui-ci lui revenait et revenait. Pourquoi ? C'est ce qu'il ne s'expliquait pas. Tout à fait indépendamment de l'histoire de Bérénice...l'autre, la vraie... D'ailleurs il ne se rappelait que dans ses grandes lignes cette romance, cette scie (3) . Brune alors, la Bérénice de la tragédie. Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth.

1) Présager. 2) princesse juive que Titus emmena à Rome après la prise de Jérusalem en 70 et dont l’histoire a inspiré en 1870 à Racine une tragédie du même nom et à Corneille une autre tragédie : Tite et Bérénice. 3) terme populaire pour désigner un thème obsédant.

Louis Aragon, Aurélien, 1944


Compréhension

1. Relevez dans ce texte le champ lexical de la laideur.

2. En quoi la première phrase est-elle paradoxale par rapport à la suite du récit ?

3. Quels sentiments Aurélien éprouve-t-il pour Bérénice ? Justifiez votre réponse.

Interprétation

1. Comment le narrateur rapproche-t-il Bérénice à la Bérénice de la tragédie de Racine ?

2. Quelles sont les caractéristiques d'Aurélien que le lecteur peut déduire du texte ?

Réflexion personnelle

Louis Aragon décrit d’une manière originale la naissance d’une passion amoureuse. Développez ce thème en vous appuyant aussi sur d’autres œuvres littéraires que vous connaissez 



b) saggio breve
Dopo aver analizzato l’insieme dei documenti, formulate un saggio breve in riferimento al tema posto (circa 600 parole).

Poésie des choses, de l’objet au symbole

Document 1

Le poème est adressé à Amadis Jamyn (1540-1593), poète champenois, proche du cercle littéraire de la Pléiade, et ami de Pierre de Ronsard. Orthographe modernisée.

Lave ta main, qu’elle soit belle et nette,
Réveille-toi, apporte une serviette :
Une salade amassons, et faisons
Part à nos ans (1) des fruits de la saison.
D’un vague pied, d’une vue écartée
De ça, de là, en cent lieux rejetée
Sur une rive, et dessus un fossé,
Dessus un champ en paresse laissé (2)
Du laboureur, qui de lui-même apporte
Sans cultiver herbes de toute sorte,
Je m’en irai, solitaire, à l’écart.
Tu t’en iras, Jamyn, d’une autre part,
Chercher, soigneux, la boursette (3) touffue,
La pâquerette à la feuille menue,
La pimprenelle heureuse pour le sang
Et pour la rate, et pour le mal de flanc.
Je cueillerai, compagne de la mousse,
La responsette (3) à la racine douce
Et le bouton des nouveaux groseilliers
Qui le printemps annoncent les premiers.
Puis, en Usant l’ingénieux Ovide
En ces beaux vers où d’amour il est guide,
Regagnerons le logis pas à pas…
1) expression signifiant : partageons entre nous. 2) laissé non cultivé. 3) nom d’une variété de salade.

Pierre de Ronsard (1524-1585)

Document 2

Je suis la pipe d'un auteur ;
On voit, à contempler ma mine
D'Abyssinienne ou de Cafrine(1),
Que mon maître est un grand fumeur.

Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.

J'enlace et je berce son âme
Dans le réseau mobile et bleu
Qui monte de ma bouche en feu,

Et je roule un puissant dictame (2)
Qui charme son cœur et guérit
De ses fatigues son esprit.
1) jeune et jolie femme de la Réunion. 2) plante médicinale originaire d'Amérique Centrale.

Charles Baudelaire, « La Pipe », dans Les Fleurs du mal, 1857

Document 3

La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...
Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

Francis Ponge, « Le pain », dans Le parti pris des choses (1942)

Document 4

L'abbiamo rimpianto a lungo l'infilascarpe,
il cornetto di latta arrugginito ch'era
sempre con noi. Pareva un'indecenza portare
tra i similori e gli stucchi un tale orrore.
Dev'essere al Danieli che ho scordato
di riporlo in valigia o nel sacchetto.
Hedia la cameriera lo buttò certo
nel Canalazzo. E come avrei potuto
scrivere che cercassero quel pezzaccio di latta?
C'era un prestigio (il nostro) da salvare
e Hedia, la fedele, l'aveva fatto.

Eugenio Montale, “L'abbiamo rimpianto a lungo l'infilascarpe” dans Xenia, II, 3, 1966

Nous l’avons longtemps regretté, ce chausse-pied,
cette demi-corne rouillée en fer blanc qui nous
accompagnait partout. Il semblait déplacé d’apporter
Parmi les similors et les stucs cette horreur.
Au Danieli j’ai oublié sans doute
de le ranger dans la valise ou dans la trousse.
Hedia, la femme de chambre, l'a certainement jeté
dans le grand canal. Comment aurais-je osé
écrire pour réclamer ce bout de ferraille?
Puisqu’il fallait sauver notre prestige, ce fut l’œuvre de Hedia la fidèle.

Eugenio Montale, dans Poèmes choisis, traduction de Patrice Dyerval Angelini, NRF, coll. Poésie/Gallimard, Paris, éd. nouvelle de 1991



Ceci n'est pas une pomme © G. Héras

René Magritte, Ceci n’est pas une pomme, 1964 

Ce tableau fait partie d’une série de toiles dénommée « La trahison des images » ; elles traitent du rapport entre l’objet, son identification et sa représentation.