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dimanche 8 avril 2018

Joachim Du Bellay : "Maintenant je pardonne à la douce fureur "




Wai O Tapu


La poésie comme "scorpion utile"



LICEO CLASSICO “E. CAIROLI” VARESE

SEZIONE ESABAC

BAC BLANC 

Prova di: LINGUA E LETTERATURA FRANCESE





Commentaire dirigé



Maintenant je pardonne à la douce fureur (1)

Qui m'a fait consumer le meilleur de mon âge,

Sans tirer autre fruit de mon ingrat ouvrage

Que le vain passe-temps d'une si longue erreur.




Maintenant je pardonne à ce plaisant labeur,         5

Puisque seul il endort le souci qui m'outrage (2), 

Et puisque seul il fait qu'au milieu de l'orage,

Ainsi qu'auparavant, je ne tremble de peur.




Si les vers ont été l'abus (3) de ma jeunesse,

Les vers seront aussi l'appui (4) de ma vieillesse,       10

S'ils furent ma folie, ils seront ma raison,




S'ils furent ma blessure, ils seront mon Achille,

S'ils furent mon venin, le scorpion utile

Qui sera de mon mal la seule guérison.


1)passion violente 2)me fait souffrir 3)excès, démesure, débordement 
4)soutien, secours, support  


Sonnet XIII, du Bellay, Les Regrets



Commentaires 









COMPREHENSION

1)Montrez comment ce sonnet est d’une construction parfaitement conforme aux règles du genre.

2)Se sonnet présente  des rimes dans les quatrains qui s’opposent (dysphoriques) à celles des tercets. Précisez en les citant  pourquoi.


INTERPRETATION

1)Quel reproche du Bellay faisait-il naguère à son art ? Qu’attend-il désormais de lui ?

2)Relisez les tercets, quelles images et  quelles figures de style traduisent le plus clairement ce revirement (renversement du procès en promesse) ?


REFLEXION PERSONNELLE

En vous appuyant aussi  sur vos lectures,  précisez comment la poésie peut devenir un scorpion utile  (15 lignes – 150 mots).




mardi 27 février 2018

Joachim du Bellay "Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome ... "




Image associée






Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome
Et rien de Rome en Rome n’aperçois,
Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois,
Et ces vieux murs, c’est ce que Rome on nomme.

Vois quel orgueil, quelle ruine et comme
Celle qui mit le monde sous ses lois,
Pour dompter tout, se dompta quelquefois,
Et devint proie au temps, qui tout consomme.

Rome de Rome est le seul monument,
Et Rome Rome a vaincu seulement.
Le Tibre seul, qui vers la mer s’enfuit,

Reste de Rome. Ô mondaine inconstance !
Ce qui est ferme est par le temps détruit,
Et ce qui fuit au temps fait résistance.

Du Bellay - Les Antiquités de Rome




Cette statue est exposée dans les Musées du Vatican. 
Ce groupe de marbre blanc de 1m de base et de 2 m de haut, d'un seul bloc, fut découvert en 1506 à Rome sur la colline de l'Esquilin dans la Domus Aurea de Neron.


L'oeuvre fut tout de suite identifiée comme étant celle dont parlait avec admiration Pline l'Ancien dans son" Histoire Naturelle" et qui se trouvait dans le palais de l'Empereur Titus.











lundi 15 septembre 2014

Joachim du Bellay "Heureux qui comme Ulysse" avec Brassens et Ridan




Dans l'attente de rentrer ... au lycée mercredi 17 septembre,

 mes élèves de V D  et de  I D ESABAC

se promènent entre Languedoc et Provence


Ils lisent des romans et des poèmes ... Du Bellay notamment

....Ils ont retrouvé le soleil  ....



"Que la lumière soit avec eux!"



                                                                                   
                                                                                                   
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,


Et puis est retourné, plein d'usage et raison,


Vivre entre ses parents le reste de son âge !




Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village


Fumer la cheminée, et en quelle saison


Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,


Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?




Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,


Que des palais Romains le front audacieux,


Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :




Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,


Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,


Et plus que l'air marin la doulceur angevine.



Joachim du Belllay

bacdefrancais

commentairecompose


   





Heureux qui comme Ulysse

A fait un beau voyage

Heureux qui comme Ulysse

A vu cent paysages

Et puis a retrouvé après

Maintes traversées

Le pays des vertes allées



Par un petit matin d'été

Quand le soleil vous chante au cœur

Qu'elle est belle la liberté

La liberté



Quand on est mieux ici qu'ailleurs

Quand un ami fait le bonheur

Qu'elle est belle la liberté

La liberté



Avec le soleil et le vent

Avec la pluie et le beau temps

On vivait bien contents

Mon cheval, ma Provence et moi

Mon cheval, ma Provence et moi



Heureux qui comme Ulysse

A fait un beau voyage

Heureux qui comme Ulysse

A vu cent paysages

Et puis a retrouvé après

Maintes traversées

Le pays des vertes allées



Par un joli matin d'été

Quand le soleil vous chante au cœur

Qu'elle est belle la liberté

La liberté



Quand c'en est fini des malheurs

Quand un ami sèche vos pleurs

Qu'elle est belle la liberté

La liberté



Battus de soleil et de vent

Perdus au milieu des étangs

On vivra bien contents

Mon cheval, ma Camargue et moi

Mon cheval, ma Camargue et moi








   
       












jeudi 28 août 2014

LE SONNET : De DU BELLAY ... à RIDAN - Heureux qui comme Ulysse









"Parce que la forme est contraignante, 
l'idée jaillit plus intense"
Baudelaire


DU BELLAY - Regrets, XXXI
 
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
 
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison,
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province et beaucoup davantage ?
 
 
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine;
 
 
Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.


Ulysse - Ridan

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village,
Fumer la cheminée et en quelle saison

Mais quand reverrai-je, de mon petit village, fumer la cheminée et en quelle saison,
Mais quand reverrai-je ?

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

Plus mon Loir Gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.

Mais quand reverrai-je, de mon petit village, fumer la cheminée et en quelle saison,
Mais quand reverrai-je ?

J'ai traversé les mers à la force de mes bras,
Seul contre les dieux, perdu dans les marais
Retranché dans une cale, et mes vieux tympans percés,
Pour ne plus jamais entendre les sirènes et leurs voix.

Nos vies sont une guerre où il ne tient qu'à nous
De nous soucier de nos sorts, de trouver le bon choix,
De nous méfier de nos pas, et de toute cette eau qui dort,
Qui pollue nos chemins, soit disant pavés d'or.

Mais quand reverrai-je, de mon petit village, fumer la cheminée et en quelle saison, mais quand reverrai-je ?

Mais quand reverrai-je ?
Mais quand reverrai-je ?
Mais quand reverrai-je ?
Mais quand reverrai-je ?  
   





D'après les critiques et historiens de l'art, le sonnet est apparu en Sicile au XIII° siècle, à la cour de Frédéric II de Hohenstaufen. Ce serait Giacomo (ou Jacopo  ) da Lentini qui en serait le créateur.
La structure la plus répandue, notamment chez Pétrarque dans son Canzoniere, est celle sur 4 rimes : ABAB ABAB CDC DCD.
Il est adopté rapidement par les poètes italiens, Dante Alighieri, Petrarque et ses imitateurs. Toutes ses possibilités sont exploitées, notamment à côté du lyrisme amoureux, la tonalité satirique, très fréquente.
Il devient un genre "européen" : dès le XVème siècle en Espagne, en Catalogne, au XVIème en France, puis en Angleterre et au XVIIème en Allemagne.





Pétrarque
Benedetto sia 'l giorno, e 'l mese, e l'anno,
e la stagione, e 'l tempo, e l'ora, e 'l punto,
e 'l bel paese, e 'l loco ov' io fui giunto
da' duo begli occhi, che legato m'hanno ;

e benedetto il primo dolce affanno
ch'i' ebbi ad esser con Amor congiunto,
e l'arco, e le saette ond'i' fui punto,
e le piaghe che 'n fin al cor mi vanno.

Benedetto le voci tante ch'io
chiamando il nome de mia donna ho sparte,
e i sospiri, e le lagrime, e l' desio ;

e benedetto sian tutte le carte
ov'io fama l'acquisto, e l' pensier mio,
ch'è sol di lei, si ch' altra non v' ha parte.
Traduction
Ah, bénis soient le jour, et le mois, et l'année,
La saison, le moment, l'heure et l'instant précis,
Le beau pays, l'endroit où je fus pris
Par les deux beaux yeux qui m'ont enchainé.

Béni soit le premier tourment, si doux,
Que j'éprouvai au contact de l'amour,
Bénis soient l'arc, les traits qui m'ont percé
Et leurs plaies qui jusqu'à mon coeur pénètrent.

Bénis les mille appels que je lançai
En invoquant le prénom de ma Dame,
Tant de soupirs, de larmes, de désirs ;








Cecco Angioleri (1258 - 1312)

S' i' fossi foco, arderei lo mondo ;
S' i' fossi vento, lo tempesterei ;
S' i' fossi acqua, io l'annegherei
S' i' fossi Dio, mandereil' n profondo ;

S' i' fossi papa, sare' allor giocondo
Che tutt' i cristïan tribolerei ;
S' i' fossi 'mperator, sai che farei ?
A tutti mozzarei lo capo a tondo

S' i' fossi Morte, andarei da mio padre ;
S' i' fossi Vita, fuggirei da lui :
Similemente faria di mi' madre.

S' i' fossi Cecco, com' i' sono e fui,
Torrei le donne giovani e leggiadre,
E vecchie e laide lasserei altrui