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jeudi 16 mai 2019

Guido Calderon du quotidien "Il Manifesto" interviewe Philippe Claudel à propos de la traduction chez Ponte alle Grazie de "L 'Archipel du Chien" / «L’arcipelago del cane»





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L’indifferenza sembra perbene. Ma uccide proprio come l’odio - 

Guido Caldiron, 16.05.2019

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Il mondo in cui viviamo appare immerso nell’odio, eppure il suo romanzo sembra dirci che la viltà e l’indifferenza a volte possono produrre esiti anche peggiori.



In realtà credo che viltà e indifferenza siano solo delle forme più «educate» di odio, più presentabili in società ma che conducono irreparabilmente ai medesimi risultati. Ho l’impressione che il vero motore del mondo sia l’egoismo, che ciascuno di noi è davvero troppo preso da se stesso e le sue faccende per occuparsi di qualcosa o qualcun altro. La figura dell’«altro» ci ispira vuoi indifferenza vuoi odio, il che vuol dire in qualche modo le diverse tonalità di qualcosa che si traduce nel rifiuto se non nel rigetto vero e proprio. Nella storia umana questa presenza è stata spesso vissuta come un arricchimento qualcuno che arrivava da luoghi a noi fino ad allora sconosciuti e che portava con sé beni o conoscenze che ci erano ignote -, ma oggi è ridotta ad essere vissuta solo come un pericolo. E l’esito di tutto ciò è che stiamo costruendo per gli altri, ma anche per noi stessi, un mondo inumano.




Un’opera di Kcho (Alexis Leyva Machado), 1994











jeudi 3 janvier 2019

Michele Cova 3 D ESABAC : Philippe Claudel et l’ambiguë fatalité du Mal dans « Les Ames grises »






Dans l'attente de la vidéoconférence  avec  Philippe Claudel,
 voici la première partie de ce  brillant travail de Michele Cova , élève de la dernière anné du lycée classique filière ESABAC   









L’histoire est racontée par un policier désormais à la retraite (dont le nom reste inconnu jusqu’à la fin du roman), qui, sous le prétexte de retracer une affaire d’homicide (l’assassinat d’une petite fille, surnommée par tout le monde Belle de jour), réfléchit sur toute sa vie et révèle l’insoupçonnable et immorale dépravation de ses compatriotes.
Le livre se déroule dans un petit village situé sur la route du front pendant la Première Guerre Mondiale. Autour de l’analyse de ce meurtre, à cause duquel tout le monde est inévitablement bouleversé, le narrateur dévoile les intrigues qui lient presque tous les personnages impliqués dans l’évènement. Et, enfin, lui-même ne réussit pas à se détacher complètement de ce drame collectif et devient le seul capable d’interpréter ce mystère, en donnant son  jugement personnel.
Le roman, parfaitement construit comme une mosaïque dont les pièces sont disposées l’une après l’autre dans une tension progressive, est une véritable enquête, dans laquelle chaque personnage apparait, en même temps, comme coupable et victime. Cette ambigüité, qui semblerait n’avoir pas une  explication univoque , représente, au contraire, la solution finale du roman : rien n’est ni tout noir, ni tout blanc, c’est le gris qui gagne (comme Philippe Claudel a écrit).
En 2005 Yves Angelo, avec la collaboration de Claudel, a réalisé un film tiré du roman. Même si l’auteur a admis qu’il a décidé de s’écarter du texte original afin de donner une différente interprétation des personnages (surtout le juge Mierck et le Procureur), à mon avis la « refonte » de l’histoire ne réussit pas à être exhaustive et profonde, mais, au contraire, minimise les dynamiques. En particulier les thématiques de l’ambiguïté et de la conception du mal (fondamentales dans le roman) ne sont pas suffisamment développées et approfondies. Les musiques tristes et mélancoliques, les couleurs sombres et lugubres « respectent » l’atmosphère suspendue et indéfinie du livre, mais ne réussissent pas à créer la juste tension et le suspense, parfaitement communiquées par Claudel.








Extraits
« La frontière est si mince entre la bête et le chasseur » pag.25
« La folie, c’est un pays où n’entre pas qui veut. Tout se mérite. » pag.50
« …en regardant par-delà la petite vitrine l’orient qui devenait sombre comme un lait d’encre. » pag. 62 
   « Les salauds, les saints, j’en ai jamais vu. Rien n’est ni tout noir, ni tout blanc, c’est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c’est pareil… t’es une âme grise, joliment grise, comme nous tous… » Pag. 134
« On tue beaucoup dans une journée, sans même s'en rendre compte vraiment, en pensée et en mots. Au regard de tous ces crimes abstraits, les assassinats véritables sont bien peu nombreux, si l'on y réfléchit. Il n'y a vraiment que dans les guerres que l'équilibre se fait entre nos désirs avariés et le réel absolu. » pag.147
« A parler ainsi des moments lointains, on se donnait l’illusion que tout n’était pas joué et qu’il nous restait une place à prendre dans la grande mosaïque du hasard. » Pag. 150
« J’en arrive à ce matin sordide. A cet arrêt de toutes les pendules. A cette chute infinie. A la mort des étoiles. » Pag.167
C’est curieux, la vie. Ça ne prévient pas. Tout s’y mélange sans qu’on puisse y faire le tri et les moments de sang succèdent aux moments de grâce, comme ça. On dirait que l’homme est un de ces petits cailloux posés sur les routes, qui reste des jours entiers à la même place, et que le coup de pied d’un trimardeur parfois bouscule et lance dans les airs, sans raison. Et qu’est-ce que peut un caillou ? » Pag.169
« Les semaines ont filé, le printemps est revenu. Chaque jour j'allais sur la tombe de Clémence, deux fois. Le matin, et juste avant le soir. Je lui parlais. Je lui racontais les heures de ma vie, comme si elle était toujours à côté de moi, sur le ton de la conversation du quotidien, celle dans laquelle les mots d'amour n'ont pas besoin de grandes décorations et de beaux apprêts pour resplendir comme des louis. » p..221










lundi 13 août 2018

Primo Levi : Si c'est un homme - Nouvelle édition Robert Laffont 2017


Je vous invite à relire ce chef-d'oeuvre de la littérature mondiale, ce livre qui est sans conteste l'un des témoignages les plus bouleversants sur l'expérience indicible des camps d'extermination,   en italien bien sûr ou dans cette nouvelle édition avec une préface de Philippe Claudel

"Sur sa tombe son nom et ses dates de naissance et de mort, Primo Levi a tenu à ce que soit gravé son numéro de déporté : 174517. On raconte que lorsqu'il était en mission en Allemagne après-guerrre pour son travail de chimiste, il portait le plus souvent des chemises à manches courtes qui laissant voir à ses interlocuteurs le numéro tatoué. Comme une double identité qui recouvre une vie fendue en deux à la hache, le nom et le numéro témoignent qu'il a été un homme,  avant et après que d'autres ont voulu qu'il ne le soit plus.
   Aujourd'hui son livre est là.
   Toujours.
   Comme un caillou perpétuel et nécessaire glissé dans le soulier de l'humanité"




traduction de Martine Schruoffeneger



et des Annexes très intéressants

Préface à Commandant à Auschwitz
Interview de Primo Levi par Philip Roth
Le trou noir d’Auschwitz 






« Si la géographie des bourreaux a permis l’extermination de millions d’êtres humains, il ne reste d’elle que ruines et musées. À l’opposé, la géographie du texte de Si c’est un homme ne cesse de vivre et de vivre encore, à mesure que des mains de lecteurs se saisissent du livre, et le lisent, s’en saisiront dans le futur et le liront, géographie donc ô combien vivante, innervée, nourrie, palpitante, humaine.
Humaine parce que jamais le texte ne parle d’autre chose, même en creux, que d’humanité. C’est l’humanité qui s’enfuit. C’est l’humanité que l’on malmène. C’est l’humanité que l’on broie comme un grain dans un mortier. C’est l’humanité que l’on nie. C’est l’humanité que l’on tente d’effacer, mais c’est l’humanité qui demeure. Elle demeure dans la voix de Primo Levi qui ne cède que rarement à la colère et qui fait le choix d’une description posée des faits, des actes, des lieux, des états et des sentiments.
Exempt de hargne, vide de rage et d’esprit de vengeance, le récit accueille les ombres, les silhouettes, les visages, les souffrances de ceux dont “la vie est courte mais le nombre infini”. »

Philippe Claudel











samedi 2 juin 2018

Philippe Claudel: L'Archipel du Chien





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L’histoire qu’on va lire est aussi réelle que vous pouvez l’être. Elle se passe ici, comme elle aurait pu se dérouler là. Il serait trop aisé de penser qu’elle a eu lieu ailleurs. Les noms des êtres qui la peuplent ont peu d’importance. On pourrait les changer. Mettre à leur place les vôtres. Vous vous ressemblez tant, sortis du même inaltérable moule.




Je suis certain que vous vous poserez tôt ou tard une question légitime : ­a-t-il été témoin de ce qu’il nous raconte ? Je vous réponds : oui, j’en ai été le témoin. Comme vous l’avez été mais vous n’avez pas voulu voir. Vous ne voulez jamais voir. Je suis celui qui vous rappelle. Je suis le gêneur. Je suis celui à qui rien n’échappe. Je vois tout. Je sais tout. Ni homme ni femme. Je suis la voix, simplement. C’est de l’ombre que je vous dirai l’histoire. 





Philippe Claudel a l’art de manier les mots aussi bien que Garrone sa caméra  dans Dogman. Mais, on le sait,  l’écrivain est aussi un metteur en scène hors-pair lorsqu’il s’agit de raconter le malheur  comme témoigne son dernier film   Une enfance. La comparaison  surgit spontanée face à la misère humaine dont il est question dans ce polar ensorcelant :

« En cette fin de septembre, le ciel, ni bleu ni gris, mais couvert  d’un glacis fuligineux  transformait en une masse pâteuse et irrégulière le soleil, l’étalant comme un beurre rance en troublant ses contours …Et puis il y avait la puanteur…. Qui n’avait plus rien d’aimable ni d’incertain : c’était une odeur de charogne qui prenait ses quartiers sur l’île »,

L’île des monstres ou de la déshumanisation. Le roman montre une fois de plus le puissant  souffle de Claudel à  raconter la déchéance dans laquelle nous sommes plongés dans ce début du XXIe siècle,  comme il avait magistralement révélé  dans Les âmes grises  et dans  Le rapport Brodeck

Voilà pourquoi  le gris-sombre domine, du reste l’exergue léopardien l’anticipe « Sois Heureux s’il t’est permis de respirer après une douleur  et bienheureux si de toute douleur la mort te guérit.

Le roman s’ouvre sur un événement  que Lampedusa et toute la Sicile connaissent bien : trois cadavres de jeunes africains   sont  rejetés  sur un plage d’un île de L’Archipel du Chien.
 Un  début à la saveur apocalyptique :

Vous convoitez l’or et répandez la cendre,
Vous souillez la beauté, flétrissez l’innocence.
Partout vous laisser s’écouler de grands torrents de boue. La haine est votre nourriture, l’indifférence votre boussole…
Vous tournez le dos à vos frères et vous perdez votre âme

Ce qui résume parfaitement l’un des thèmes que la narration propose le viol d’une enfant et laisse  s’échapper une question

Comment les siècles futurs jugeront-ils  (notre) temps ?

Tous les personnages sont présentés seulement à travers leur fonction le Maire, le Docteur, l’Instituteur, la Vieille (l’Institutrice), le Curé, le Commissaire (le Policier) ou des surnoms le Spadon, Amérique, sauf la fillette Mila  (prénom d’origine slave mais qui est aussi le nom d’une ville algérienne)

aux grands yeux verts , un peu trop grands, un peu trop ouverts, dans un visage mince et blanc, comme on en trouve dans certains portraits de Lucas Cranach ;   

une invitation  à réfléchir sur le mal présent partout et qui se développe presque  sans que l’on puisse s’en apercevoir

La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part de sombre que pourtant tous possèdent

D’autres  thématiques,  toutes bien actuelles,  s’imposent :

la vérité piétinée comme montre le cynisme du Commissaire

« qui s’intéresse à la vérité, Monsieur l’instituteur ? Tout le monde s’en fiche de la vérité !Ce qu’il veulent c’est votre tête…Imaginez leur déception si on la leur retirait !Vous avez déjà essayé de reprendre un os à un chien qui est occupé à le ronger avec délice ?

La mafia, la pieuvre,  le trafic humanitaire des migrants et le volcan Brauun nom qui sonne barbare,  symbole de la destinée implacable.

Un roman de chez nous, à lire comme une parabole,  qui révèle l’avilissement   de nos jours.


L'Archipel du Chien a le très  grand mérite d'engager une réflexion sur une actualité affichée sur tous les médias,  mais trop souvent occultée à notre conscience individuelle et collective.








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lundi 15 janvier 2018

Philippe Claudel : "Tous les soleils "







Liceo classico "Cairoli" Varese

Salle de Géo


mercredi 17 janvier 2018






Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, en pleine crise, et son frère Crampone, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir. 
Parfois, Alessandro a l'impression d'avoir deux adolescents à élever, alors qu'il ne se rend même pas compte qu'il est lui-même démuni face à l’existence. Voulant être un père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse, d'autant plus qu'il est entouré d'une bande de copains dont la fantaisie burlesque l'empêche de se sentir seul. 
Mais au moment où sa fille découvre les premiers émois de l’amour, sans qu’il s’y attende, tout va basculer pour Alessandro…







"Tous les soleils à l'aube dorment encore un peu
Engourdis, nonchalants,
Ils se moquent bien du feu du jour qui les attend,
Ils chassent les ombres des hommes et des guerres,
Tous les soleils à l'aube sont comme de grands enfants
Qui n'ont que faire du temps

                     Silenziu d'Amuri - Alfio Antico


























dimanche 8 mai 2016

Vidéoconférence de l'Académicien GONCOURT Philippe Claudel pour les élèves ESABAC du lycée Cairoli de Varese







Videoconferenza dell’Académicien GONCOURT  PHILIPPE CLAUDEL per gli alunni ESABAC del liceo classico E. CAIROLI

Il 19 aprile dalle ore 9 alle ore 10.30 le classi del corso D ESABAC del Liceo Classico Cairoli di Varese hanno avuto l’opportunità di parlare via Skype con uno degli intellettuali francesi più conosciuti e stimati: Philippe Claudel.
Claudel è infatti un affermato scrittore e sceneggiatore. Nel 2003 ha raggiunto il successo internazionale con Le anime grigie, tradotto in trenta paesi, per il quale ha vinto il Prix Renaudot e il premio per il miglior libro dell'anno di Lire. Gli altri suoi titoli pubblicati in Italia dalla casa editrice Ponte alle Grazie sono: La nipote del signor Linh (2005), Io me ne vado (2007), Il rapporto (2008) - libro vincitore del Goncourt des Lycéens nel 2007 -, L'inchiesta (2012) e Profumi (2013).
Nel 2008 ha esordito come regista cinematografico con il film Ti amerò sempre, a cui hanno fatto seguito nel 2011 Non ci posso credere, con Neri Marcorè e Stefano Accorsi,  Avant l’hiver  nel 2013 et Une enfance del 2015.
In occasione dell’incontro con Philippe Claudel, gli studenti del corso D (che alla fine del loro percorso avranno la possibilità di conseguire la doppia maturità franco-italiana) hanno potuto rivolgere allo scrittore le domande più disparate sui suoi libri, sui suoi film e sulla sua carriera personale. Il risultato è stato una piacevole chiacchierata tra gli studenti e lo scrittore, che con disponibilità e gentilezza ha soddisfatto le loro curiosità.
Riguardo al romanzo Les âmes grises, da cui è stato tratto l'omonimo film, la classe ID ha chiesto in che modo l'autore abbia deciso di trasporre il libro su pellicola. Claudel ha inaspettatamente rivelato che l'idea del film non è venuta a lui, ma ad un suo caro amico. «La trasposizione cinematografica è qualcosa di molto diverso rispetto al romanzo» e l’autore ha lavorato per la trasposizione cinematografica sul suo testo, come se fosse stato scritto non da lui stesso, ma da un altro. La mancanza di alcune scene nel film si può ricondurre al costo eccessivo che la realizzazione avrebbe richiesto, ma soprattutto ad una scelta stilistica, perché nel libro è possibile descrivere argomenti dolorosi, come un omicidio, senza impressionare troppo il pubblico con immagini crude.
Ha seguito la domanda della classe VD sul romanzo Parfums. I ragazzi hanno chiesto quanto grande fosse l'importanza dell'olfatto nell'elaborazione del libro, che è costituito da brevi storie, ognuna della quali è associata ad un odore. Lo scrittore ha spiegato che questo senso è uno dei più arcaici e che è sempre servito all'uomo per esplorare e scoprire il mondo. Parfums è un racconto autobiografico che raccoglie le sensazioni più forti presenti nella memoria dell'autore: quelle olfattive sono accompagnate spesso da quelle uditive.
La classe IID ha chiesto allo scrittore quali fossero i libri per lui fonte d'ispirazione. Oltre a noti scrittori francesi, come Guy de Maupassant, Claudel è stato influenzato anche da autori italiani, quali Emilio Lussu (Uomini contro), Mario Rigoni Stern, Primo Levi e Leonardo Sciascia. Di quest'ultimo ha apprezzato soprattutto la capacità di creare romanzi gialli senza ricalcare fatti della realtà.
«Raccontare storie: è a questo che serve la scrittura. Attraverso le parole si riescono a mostrare cose che non si vedranno mai». Così ha risposto Claudel a conclusione dell’incontro. Grazie alle nuove tecnologie gli studenti hanno avuto la preziosa opportunità di dialogare con un grande scrittore.

Beatrice Falcone, Ines Serpe I D ESABAC
Giovanni Fraschini, Elisa Malnati, Valentina Vitale III D ESABAC


dimanche 24 avril 2016

VALENTINA VITALE III D ESABAC : "La petite fille de Monsieur Linh" de Philippe Claudel







Monsieur Linh est un réfugié qui vient probablement du Vietnam (dans le livre le pays d’origine n’est jamais révélé). Son pays a été dévasté et son fils a été tué, avec sa femme, à cause des bombes. Sa petite fille de six semaines, qu’il a trouvé pas loin des corps de ses parents, devient sa seule motivation pour continuer à vivre. Avec cette petite fille, Monsieur Linh réussit à arriver en France en bateau (probablement à Marseille).
Il a vécu toute sa vie dans son petit village et pour cette raison il est vraiment confus et anxieux dans la nouvelle ville.

Mais un évènement en particulier, changera cette prospective : par  chance ou par destin, il s’assied dans un parc sur un banc à côté d’un homme français de son  âge. L’homme aime fréquenter le parc parce que juste en face d'où ils sont assis, sa femme tenait un manège, mais elle est morte il y a 2 mois. Les deux hommes, dévastés par leur perte, vivent plus dans le passé que dans le présent, mais ils trouvent une connexion même s’ils ne parlent pas  la même langue. Pourtant, ils se comprennent et communiquent par la seule force de leurs émotions et de leurs expériences.

Cette amitié inattendue devient le point principal du livre. Elle est axée sur la bonté d’esprit, sur la mémoire des relations, sur les liens avec les lieux du cœur. Si la solitude et la perte d'un être cher séparent les hommes, ce sont ces deux sentiments qui réuniront Monsieur Linh et Monsieur Bark dès leur première rencontre fortuite. Leur amitié devient si puissante qu’elle sera capable de surmonter un étonnant mensonge qui va choquer le lecteur juste à la fin avec une révélation qui change la perspective du récit.

Le lecteur peut apprécier le sens de mystère de l’histoire qui manque volontairement d’informations précises sur les lieux et le temps.
L’histoire marque la pensée. Peut-être parce que Monsieur Linh est un personnage simple, brisé par les guerres et les deuils : il arrive juste au cœur des lecteurs.

C’est un récit mais  pas un mot n’est gaspillé. L’écriture essentiel et poétique de Philippe Claudel suit l’histoire des personnages pour raconter leur  dignité et leur humanité. Il utilise des mots efficaces et tenaces pour faire gagner l’espoir au-delà de la douleur et de l’absurdité de la vie.

L’auteur accompagne ses personnages avec respect et délicatesse. Il célèbre les thèmes universels de l’amitié, de la compassion, de la solitude, de la folie et de la migration.

Ce roman possède la grâce et la limpidité des grands classiques.
Cette histoire de deux vieux hommes venant de mondes différents fait chaud au cœur autant qu'il nous bouleverse : c’est une lecture rapide qui va toucher notre cœur et notre âme.
C'est une belle histoire qui se lit aussi facilement qu'elle est difficile à oublier.


En conclusion, la phrase de Delphine Peras résume l’esprit du roman : “L’abandon, la mémoire, le regard sur l’autre habitent ce troublant roman. Des thèmes que Philippe Claudel explore ici avec une intensité poignante.”




Valentina Vitale 





Saint-Honorat cz

samedi 16 avril 2016

Philippe Claudel : Rencontre via skype - Salle de Géo - Liceo classico Cairoli Varese




Dans l'attente de notre rencontre via skype
mardi prochain, le 19 avril à 9h. 15 




avec Philippe Claudel

Écrivain, Metteur en scène, Scénariste  

Prix Renaudot 2003 pour Les Âmes grises

Prix Goncourt des lycéens 2007 
pour Le rapport Brodeck

Maître de Conférences à l'Université 
de Lorraine

Professeur d'écriture scénaristique à l'Institut Européen du Cinéma et de l'Audiovisuel

Académicien Goncourt 


je vous invite à regarder quelques vidéos

parmi ses nombreuses interviews 





Parfums 



Les âmes grises


mercredi 6 avril 2016

"Les jours s'en vont je demeure" (Apollinaire) : Le Temps en Poésie








Objet d'étude 

Écriture poétique et quête du sens, 
du Moyen Âge à nos jours


Problématique 
Comment les poètes ont-ils exprimé leur mélancolie, voire leur angoisse, devant l'écoulement du temps et son corollaire, la mort ?

Objectifs :
     quels sentiments parfois contradictoires fait naître cette fuite du temps?
      par quels procédés, formes et langages poétiques les poètes rendent-ils compte de ce passage éternel du temps et de leurs propres émotions ?



Lectures :





Textes complémentaires :


HUGO : "Demain dès l'aube ..." Les contemplations (1856)

LAMARTINE : "Le lac" Les Méditations (1820)



Image du Blog dreamlovearts.centerblog.net