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vendredi 25 mars 2016

Paul Fort, Eric Zimmermann, Brassens, Barbara : "Il faut nous aimer sur terre"






Il faut nous aimer sur terre 

Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants

Ne crois pas au cimetière.
Il faut nous aimer avant

Ma poussière et ta poussière 
deviendront le gré des vents

Paul Fort  





Sans curé, maire, notaire
Ou avec, ça se défend,
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants


Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant


A moins d’être au monastère
Et toi, ma belle au couvent.
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants


Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant


N’embarquons pas pour Cythère
Morts et froids les pieds devant.
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants


Ne crois pas au cimetière
Il faut nous aimer avant


Ma poussière et ta poussière
Deviendront le jouet du vent
Il faut nous aimer sur terre
Il faut nous aimer vivants




"Cette chanson me fait penser à une autre chanson de Barbara, qui n’est pas la plus connue, et qui s’appelle 
« C’est trop tard ».
 Je ne résiste pas au plaisir de vous en copier ici les paroles."



C'est trop tard 
C'est trop tard pour verser des larmes 

Maintenant qu'ils ne sont plus là.
Trop tard, retenez vos larmes.
Trop tard, ils ne les verront pas
Car c'est du temps de leur vivant
Qu'il faut aimer ceux que l'on aime,
Car c'est du temps de leur vivant
Qu'il faut donner à ceux qu'on aime.
Ils sont couchés dessous la terre
Dans leurs maisons froides et nues
Où n'entrera plus la lumière,
Où plus rien ne pénètre plus.


Que feront-ils de tant de fleurs,
Maintenant qu'ils ne sont plus là ?
Que feront-ils de tant de fleurs,
De tant de fleurs à la fois ?
Alliez-vous leur porter des roses
Du temps qu'ils étaient encore là ?
Alliez-vous leur porter des roses ?
Ils auraient préféré, je crois.
Que vous sachiez dire je t'aime,
Que vous leur disiez plus souvent,
Ils auraient voulu qu'on les aime
Du temps, du temps de leur vivant.


Les voilà comme des statues
Dans le froid jardin du silence
Où les oiseaux ne chantent plus,
Où plus rien n'a plus d'importance.
Plus jamais ne verront la mer,
Plus jamais le soir qui se penche,
Les grandes forêts en hiver,
L'automne rousse dans les branches,
Mais nous n'avons que des regrets,
Mais nous n'avons que des remords,
Mais ils ne le sauront jamais.
Ils n'entendent plus, c'est trop tard,

jeudi 8 octobre 2015

Mattias Enard "Boussole" Acte Sud (2015)



"Dans la vie il y a des blessures qui, come une lèpre,

 rongent l’âme dans la solitude"

(Sadegh Hedayat, p.9)



 C'est lors d'une  une nuit d’insomnie dans l’appartement 

viennois du musicologue Franz Ritter qui débute l'historie




"A défaut de dormir, il se laisse envahir ses rêves éveillés, et la


 reconstruction de ses souvenirs. Comme il a l’âme naturellement 

portée à la mélancolie comme sentiment du temps, mais une 

mélancolie féconde et allègre, pas une mélancolie dépressive et 

suicidaire, il se raconte les histoires de sa vie, revisite ses lieux, 

refait son chemin de Damas, Istanbul, Alep, Palmyre, Téhéran ...."


(Pierre Assouline)




D'une richesse inouie de références musicales et littéraires

un livre monument qui  s'ouvre et se termine  sur la même 


citation 

Je referme les yeux,    
mon cœur bat toujours ardemment.    
quand reverdiront les feuilles à la fenêtre ?    
quand tiendrai-je mon amour entre mes bras ? 
Le voyage en hiver.
Wilhelm müller & Franz schubert,  

qui pourrait bien nous venir de Tistan et Iseut

Le Goncourt 2015.. Qui peut le dire?
mais sans aucun doute un livre qui marquera les esprits 
dans cette tourmentée histoire entre 
Orient et Occidant qui est le  grand thème aussi de nos jours







Nous sommes deux fumeurs d’opium chacun dans son nuage, 
sans rien voir au-dehors, seuls, sans nous comprendre jamais 
nous fumons, visages agonisants dans un miroir, nous sommes 
une image glacée à laquelle le temps donne l’illusion du mou- 
vement, un cristal de neige glissant sur une pelote de givre dont 
personne ne perçoit la complexité des enchevêtrements, je suis 
cette goutte d’eau condensée sur la vitre de mon salon, une perle 
liquide qui roule et ne sait rien de la vapeur qui l’a engendrée, 
ni des atomes qui la composent encore mais qui, bientôt, ser- 
viront à d’autres molécules, à d’autres corps, aux nuages pesant 
lourd sur Vienne ce soir : qui sait dans quelle nuque ruissellera 
cette eau, contre quelle peau, sur quel trottoir, vers quelle rivière, 
et cette face indistincte sur le verre n’est mienne qu’un instant, 
une des millions de configurations possibles de l’illusion – tiens 
m. Gruber promène son chien malgré la bruine, il porte un 
chapeau vert et son éternel imperméable ; il se protège des écla- 
boussures des voitures en faisant de petits bonds ridicules sur 
le trottoir : le clébard croit qu’il veut jouer, alors il bondit vers 
son maître et se prend une bonne baffe au moment où il pose sa 
patte crasseuse sur l’imper de m. Gruber qui finit malgré tout 
par se rapprocher de la chaussée pour traverser, sa silhouette est 
allongée par les réverbères, flaque noircie au milieu des mers 
d’ombre des grands arbres, déchirées par les phares sur la Porzel- 
langasse, et herr Gruber hésite apparemment à s’enfoncer dans 
la nuit de l’alsergrund, comme moi à laisser ma contemplation 
des gouttes d’eau, du thermomètre et du rythme des tramways 
qui descendent vers schottentor.
l’existence est un reflet douloureux, un rêve d’opiomane, un 
poème de roumi chanté par shahram Nazeri, l’ostinato du zarb 
fait légèrement vibrer la vitre sous mes doigts comme la peau de 
la percussion, je devrais poursuivre ma lecture au lieu de regarder 
m. Gruber disparaître sous la pluie, au lieu de tendre l’oreille aux 
mélismes tournoyants du chanteur iranien, dont la puissance et 
le timbre pourraient faire rougir de honte bien des ténors de chez 
nous. Je devrais arrêter le disque, impossible de me concentrer ; j’ai beau relire ce tiré à part pour la dixième fois je n’en omprends pas le sens mystérieux, vingt pages, vingt pages horribles, glaçantes, qui me parviennent précisément aujourd’hui, aujourd’hui qu’un médecin compatissant a peut-être nommé ma maladie, a déclaré mon corps officiellement malade, presque soulagé d’avoir posé – baiser mortel – un diagnostic sur mes symptômes, un diagnos- tic qu’il convient de confirmer, tout en commençant un traite- ment, disait-il, et en suivre l’évolution, l’évolution, voilà, on en est là, contempler une goutte d’eau évoluer vers la disparition avant de se reformer dans le Grand tout. 





















(« Des migrants africains à Djibouti cherchent une connexion pour 
tenter de  capter un signal un signal moins coûteux de Somalie »


Comment le lire ? 


 ... et bien en écoutant de la musique classique,

dans le roman il y a nombre de musiciens cités 

Shubert, Gluck, qui fai l'objet d'un mémoire


"L'orient dans les opéra viennois de Gluck"

Beethoven ...


Moi, j'ai choisi 


Les Kindertotenlieder 


tirés des 


poèmes  Kindertotenlieder
  


(Chants pour des enfants morts)

de  Friedrich Rückert  




Gustav  Mahler




"La vie est une symphonie de Malher, 

elle ne revient jamais en arrière"

(p. 50)


ou bien une chanson de Barbara




Si je t'écris ce soir de Vienne
J'aimerais bien que tu comprennes
Que j'ai choisi l'absence
Comme dernière chance
Notre ciel devenait si lourd
Si je t'écris ce soir de Vienne
Oh que c'est beau l'automne à Vienne
C'est que sans réfléchir
J'ai préféré partir
Et je suis à Vienne sans toi
Je marche, je rêve dans Vienne
Sur trois temps de valse lointaine
Il semble que les ombres
Tournent et se confondent
Qu'ils étaient beaux les soirs de Vienne
Ta lettre a dû croiser la mienne
Non je ne veux pas que tu viennes
Je suis seule et puis j'aime
Etre libre
O que j'aime
Cet exil à Vienne sans toi

Une vieille dame autrichienne
Comme il n'en existe qu'à Vienne
Me loge et dans ma chambre
Tombent de pourpre et d'ambre
De lourdes tentures de soies
C'est beau à travers les persiennes
Je vois l'église Saint-Etienne
Et quand le soir se pose
C'est bleu, c'est gris, c'est mauve
Et la nuit par-dessus les toits
Que c'est beau Vienne
Que c'est beau Vienne

Cela va faire une semaine
Déjà que je suis seul à Vienne
C'est curieux le hasard
J'ai croisé l'autre soir
Nos amis de Lountatchimo
Cela va faire une semaine

Ils étaient de passage à Vienne
Ils n'ont rien demandé
Mais se sont étonnés
De me voir à Vienne sans toi

Moi, moi
Je me promène
Je suis bien
Je suis bien
La la la la la... Je suis bien... si bien

Et puis de semaine en semaine
Voila que je vis seule à Vienne
Tes lettres se font rares
Peut-être qu'autre part
Tu as trouvé l'oubli de moi
Je lis j'écris mais quand même
Oh ce qu'il est long l'automne à Vienne
Dans ce lit à deux places
Où la nuit je me glace
Tout à coup j'ai le mal de toi
Que c'est long Vienne
Que c'est loin Vienne

Si je t'écris ce soir de Vienne
Chéri c'est qu'il faut que tu viennes
J'étais partie
Pardonne-moi
Notre ciel devenait si lourd
Et toi de Paris jusqu'à Vienne
Au bout d'une invisible chaîne
Tu guettais je pense
Jouant l'indifférence
Et tu m'as gardée malgré moi

Il est minuit ce soir à Vienne
Mon amour il faut que tu viennes
Tu vois je m'abandonne
Il est si beau l'automne
Et j'aimerais le vivre avec toi
Que c'est beau Vienne
Avec toi Vienne.



mardi 24 mars 2015

Barbara: "Il pleut sur Nantes"




Une chanson noire pour un affreux 

 souvenir de Barbara ...









Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin

Un matin comme celui-là
Il y a juste un an déjà
La ville avait ce teint blafard
Lorsque je sortis de la gare
Nantes m'était encore inconnue
Je n'y étais jamais venue
Il avait fallu ce message
Pour que je fasse le voyage:

"Madame soyez au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Faites vite, il y a peu d'espoir
Il a demandé à vous voir."

A l'heure de sa dernière heure
Après bien des années d'errance
Il me revenait en plein cœur
Son cri déchirait le silence
Depuis qu'il s'en était allé
Longtemps je l'avais espéré
Ce vagabond, ce disparu
Voilà qu'il m'était revenu

Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Je m'en souviens du rendez-vous
Et j'ai gravé dans ma mémoire
Cette chambre au fond d'un couloir

Assis près d'une cheminée
J'ai vu quatre hommes se lever
La lumière était froide et blanche
Ils portaient l'habit du dimanche
Je n'ai pas posé de questions
A ces étranges compagnons
J'ai rien dit, mais à leurs regards
J'ai compris qu'il était trop tard

Pourtant j'étais au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Mais il ne m'a jamais revue
Il avait déjà disparu

Voilà, tu la connais l'histoire
Il était revenu un soir
Et ce fut son dernier voyage
Et ce fut son dernier rivage
Il voulait avant de mourir
Se réchauffer à mon sourire
Mais il mourut à la nuit même
Sans un adieu, sans un "je t'aime"

Au chemin qui longe la mer
Couché dans le jardin des pierres
Je veux que tranquille il repose
Je l'ai couché dessous les roses
Mon père, mon père

Il pleut sur Nantes
Et je me souviens
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin









jeudi 5 février 2015

Arthur Rimbaud "Vagabonds" avec une chanson de Barbara "L'absinthe"







Vagabonds

     Pitoyable frère ! Que d'atroces veillées je lui dus ! "Je ne me saisissais pas fervemment de cette entreprise. Je m'étais joué de son infirmité. Par ma faute nous retournerions en exil, en esclavage." Il me supposait un guignon et une innocence très-bizarres, et il ajoutait des raisons inquiétantes.
     Je répondais en ricanant à ce satanique docteur, et finissais par gagner la fenêtre. Je créais, par delà la campagne traversée par des bandes de musique rare, les fantômes du futur luxe nocturne.
     Après cette distraction vaguement hygiénique, je m'étendais sur une paillasse. Et, presque chaque nuit, aussitôt endormi, le pauvre frère se levait, la bouche pourrie, les yeux arrachés, — tel qu'il se rêvait — et me tirait dans la salle en hurlant son songe de chagrin idiot.
     J'avais en effet, en toute sincérité d'esprit, pris l'engagement de le rendre à son état primitif de fils du soleil, — et nous errions, nourris du vin des cavernes et du biscuit de la route, moi pressé de trouver le lieu et la formule.


Et ne manquez pas cet excellent commentaire:


Vagabonds

    Le titre dégage d'emblée une certaine poésie, dont il n'est pas facile de déterminer l'origine. Titre sans déterminant, comme beaucoup d'autres titres des Illuminations. Mais il n'est pas certain que de cette absence découle l'allure un peu mystérieuse de ce titre, qui doit plutôt son indétermination à l'absence de référent signalé. Qui sont ces vagabonds ? Il faudra attendre la dernière phrase du poème pour le comprendre. Indécision aussi sur le sens d'un mot aux connotations opposées. Nuance dépréciative, en général, qui sera partiellement confirmée à la fin du poème par l'impression d'errance sans but et sans espoir que recèle le quatrième verset ("Et nous errions, etc."). Mais connotation positive aussi chez Rimbaud, dont le lecteur connaît peut-être déjà des textes comme Ma BohèmeMauvais sangEnfance. Le vagabondage rimbaldien est généralement quête de liberté, aventure spirituelle, pauvreté choisie et assumée. On retrouvera ces valeurs dans l'image sublimée de lui-même que Rimbaud oppose, tout au long du texte, à l'image de poète déchu représentée par Verlaine.

abardel.free




Voici ce que disait Paul Verlaine:

« Ce n'était ni le diable, ni le bon Dieu, c'était Arthur Rimbaud, c'est-à-dire un très grand poète, absolument original, d'une saveur unique, prodigieux linguiste, un garçon pas comme tout le monde, non certes! De qui la vie est tout en avant, dans la lumière et dans la force, belle de logique et d'unité comme son œuvre. » 




Alchimie du verbe :
"Ah ! cette vie de mon enfance, la grande route par tous les temps, sobre surnaturellement, plus désintéressé que le meilleur des mendiants, fier de n'avoir ni pays, ni amis, quelle sottise c'était.  Et je m'en aperçois seulement !"
     Quant à la sobriété, s'il est certain que Rimbaud a écrit dans Vagabonds "vin des cavernes", et a voulu qu'on comprenne "eau des fontaines", il est non moins certain qu'il a souhaité qu'on entende "vin des tavernes" et qu'on en déduise l'écart entre la réalité biographique et la fiction littéraire. Verlaine, sur ce sujet, s'est d'ailleurs chargé de rétablir la vérité historique humoristiquement masquée par le mythe, dans Laeti et errabundi 

Entre autres blâmables excès
Je crois que nous bûmes de tout,
Depuis les plus grands vins français
Jusqu'à ce faro, jusqu'au stout,

En passant par les eaux-de-vie
Qu'on cite comme redoutables.
L'âme au septième ciel ravie,
Le corps, plus humble, sous les tables.











Ils buvaient de l' absinthe,
Comme on boirait de l' eau,
L' un s' appelait Verlaine,
L' autre, c' était Rimbaud,
Pour faire des poèmes,
On ne boit pas de l' eau,
Toi, tu n' es pas Verlaine,
Toi, tu n' est pas Rimbaud,
Mais quand tu dis "je t' aime",
Oh mon dieu, que c' est beau,
Bien plus beau qu' un poème,
De Verlaine ou de Rimbaud,

Pourtant que j' aime entendre,
Encore et puis encore,
La chanson des amours,
Quand il pleut sur la ville,
La chanson des amours,
Quand il pleut dans mon cœur,
Et qu' on a l' âme grise,
Et que les violons pleurent,
Pourtant, je veux l' entendre,
Encore et puis encore,
Tu sais qu' elle m' enivre,
La chanson de ceux-là,
Qui s' aiment et qui en meurent,
Et si j' ai l' âme grise,
Tu sécheras mes pleurs,

Car je voudrais connaître,
Ces alcools dorés, qui leur grisaient le cœur,
Et qui saoulaient leur peine,
Oh, fais-les-moi connaître,
Ces alcools d' or, qui nous grisent le cœur,
Et coulent dans nos veines,
Et verse-m' en à boire,
Encore et puis encore,
Voilà que je m' enivre,
Je suis ton bateau ivre,
Avec toi, je dérive,

Et j' aime et j' en meurs,
Les vapeurs de l' absinthe,
M' embrument,
Je vois des fleurs qui grimpent,
Au velours des rideaux,
Quelle est donc cette plainte,
Lourde comme un sanglot,
Ce sont eux qui reviennent,
Encore et puis encore,
Au vent glacé d' hiver,
Entends-les qui se traînent,
Les pendus de Verlaine,
Les noyés de Rimbaud,
Que la mort a figés,
Aux eaux noires de la Seine,
J' ai mal de les entendre,
Encore et puis encore,
Oh, que ce bateau ivre,
Nous mène à la dérive,
Qu' il sombre au fond des eaux,
Et qu' avec toi, je meurs,

On a bu de l' absinthe,
Comme on boirait de l' eau,
Et je t' aime, je t' aime,
Oh mon dieu, que c' est beau,
Bien plus beau qu' un poème,
De Verlaine ou de Rimbaud...




mercredi 24 décembre 2014

Barbara " Joyeux Noël "







Charmant  Noël








C´était vingt-deux heures à peine, ce vendredi-là
C´était veille de Noël et, pour fêter ça,
Il s´en allait chez Madeleine près du Pont d´ l´Alma
Elle aurait eu tant de peine qu´il ne vienne pas
Fêter Noël,

 fêter Noël

En smoking de velours vert, en col roulé blanc
Et le cœur en bandoulière, marchant à pas lents
A pied, il longeait la Seine tout en sifflotant
Puisqu´il allait chez Madeleine, il avait bien l´ temps
Charmant Noël, 

charmant Noël

C´était vingt-deux heures à peine, ce vendredi-là
C´était veille de Noël et, pour fêter ça,
Elle s´en allait chez Jean-Pierre, près du Pont d´ l´Alma
Il aurait eu tant de peine qu´elle ne vienne pas
Fêter Noël, 

fêter Noël

Bottée noire souveraine et gantée de blanc
Elle allait pour dire "Je t´aime" marchant d´un pas lent
A pied, elle longeait la Seine tout en chantonnant
Puisqu´elle allait chez Jean-Pierre, elle avait bien l´ temps
Mmh mhm mhm, 

charmant Noël

Or, voilà que sur le pont ils se rencontrèrent

Ces deux-là qui s´en venaient d´un chemin contraire
Lorsqu´il la vit si belle des bottes aux gants
Il se sentit infidèle jusqu'au bout des dents

Elle aima son smoking vert son col roulé blanc
Et frissonna dans l´hiver en lui souriant
- Bonsoir je vais chez Jean-Pierre, près du pont d´ l´Alma
- Bonsoir, j´allais chez Madeleine, c´est juste à deux pas

Et ils allèrent chez Eugène pour y fêter ça
Sous le sapin de lumière quand il l´embrassa
Heureuse, elle se fit légère au creux de son bras
Au petit jour, ils s´aimèrent près d´un feu de bois
Joyeux Noël, 

joyeux Noël

Mais après une semaine, ce vendredi-là
Veille de l´année nouvelle, tout recommença
Il se rendit chez Madeleine, l´air un peu sournois
Elle se rendit chez Jean-Pierre, un peu tard, ma foi

Bien sûr, il y eut des scènes près du Pont d´ l´Alma
Qu´est-ce que ça pouvait leur faire à ces amants-là?
Eux qu´avaient eu un Noël comme on n´en fait pas
Mais il est bien doux quand même de rentrer chez soi
Après Noël,
Joyeux Noël