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vendredi 30 mars 2018

Michel Bühler : "La garrigue"










Il y a dans la brise une odeur de lavande,
La maison dort autour de ses chambres obscures.
Dans la cour est un arbre où pendent les amandes,
Le soleil immobile fait vibrer les vieux murs.
Il y a, dans la vallée, des champs bleus et des blés,
Un ruisseau asséché aux berges ensablées.

Il y a tout cela, et toi, tu n'es pas là,
Et toi, tu n'es pas là...


CCPL - Olivier

Au bord de la grand' route, il y a un potier,
Une maison où je sais que l'on vend du miel,
Et qui repose à l'ombre longue des cyprés.
Un oiseau, en criant, a traversé le ciel.
Il y a les genêts aux fleurs jaunes, et le thym,
Et les cigales chantent depuis ce matin.

Il y a tout cela, et toi, tu n'es pas là,
Et toi, tu n'es pas là...

Résultat de recherche d'images pour "la garrigue"

Il y a, dans la garrigue, des chemins qui s'en vont
Et qui se perdent dans l'herbe sèche et les pierres.
Il y aura ce soir des amis qui viendront,
Qui parleront peut-être la nuit tout entière.
Certains vont boire et rire sous le ciel étoilé,
D'autres s'endormiront, au hasard, dans le pré.

Il y aura tout cela, et tu ne viendras pas,

Et tu ne viendras pas...





vendredi 1 mai 2015

Depuis hier jusqu'aujourd'hui : Les émigrants sont toujours maudits









Ellis Island est une île située à l'embouchure de l'Hudson à New York, moins d'un kilomètre au nord de Liberty Island qui abrite la statue de la Liberté. Elle a été, dans la première partie du xxe siècle, l'entrée principale des immigrants qui arrivaient aux États-Unis. Les services d'immigration y ont fonctionné du  jusqu'au. L'île est gérée par le gouvernement fédéral et fait désormais partie du monument national de la Statue de la Liberté, sous la juridiction du service des parcs nationaux des États-Unis et abrite un musée. Territorialement, elle est partagée entre la ville de Jersey City dans le New Jersey et la ville de New York dans l'État de New York. 83% de l'île appartient à la ville de New Jersey.













T'en souviens-tu, Djamel, quand tu as débarqué?
Les cousins t'avaient dit que c'était la terre promise.
On t'a pris tes papiers, on t'a déshabillé.
T'as attendu des heures sans même une chemise.
Te souviens-tu, Djamel, des regards de mépris
Des autres voyageurs quand tu as pris le train?
Toi, tu voulais sourire et tu n'as pas compris
Que c'était le commencement d'un nouveau quotidien.
Te souviens-tu, Djamel, du patron de bistrot
Qui t'a refusé une bière, un soir, rue des Abbesses.
Comme tu ne te fâchais pas, que tu demandais de l'eau,
L'a fait sortir son chien de sous le tiroir-caisse.
Te souviens-tu, Djamel, du soir où tu t'es fait
Casser bêtement la gueule par une bande de tondus?
Il y a des beaux quartiers qu'il vaut mieux éviter
Quand on n'est pas comme ceux qui possèdent les rues.
Te souviens-tu, Djamel, des boulots des débuts:
Balayeur, éboueur, manoeuvre sur les chantiers
Et la gamelle froide et la chambre exigüe?
Te voilà installé mais tout n'a pas changé.
Maintenant, tu sais, Djamel, quand tu passes au péage
D'une autoroute, que tu vas te faire arrêter.
Les flics, c'est bien connu, respectent les usages:
L'usage veut qu'on contrôle plutôt les gens bronzés.
Et tu verrais, Djamel, si tu venais chez moi,
Le temps qu'il te faudrait pour passer la frontière
Avec tes cheveux longs, ton accent de là-bas.
Faut dire que tu n'as pas l'allure d'un homme d'affaires.
On pourrait continuer, Djamel, t'en souviens-tu?
Les sarcasmes des filles, la haine des parents.
Ce que je voulais dire, c'est simplement salut
A toi et à tous ceux que l'on dit différents.
Ce que je voulais dire, c'est simplement salut
A toi et à tous ceux que l'on dit différents.






LES IMMIGRES


Dans la chaleur pesante
De la salle d'attente,
A Lausanne, une nuit,
Ils sont là, vingt ou trente,
Qui somnolent ou qui chantent
Pour passer leur ennui.

Ils ne parlent pas mon langage,
Viennent d'Espagne ou d'Italie,
C'est pas par plaisir qu'ils voyagent.

Ils ont, dans leur valise,
Un trésor: trois chemises,
Un pantalon usé.
Dehors, le froid, la bise
Râclent la pierre grise
Et le goudron du quai.

Ils viennent bâtir nos barrages,
Nos ponts, nos autoroutes aussi,
C'est pas par plaisir qu'ils voyagent.

Leur maison, leur famille,
Leurs garçons et leurs filles,
Ils ont dû les laisser:
C'est la loi qui le dit,
Paraît qu' dans mon pays
Il y a trop d'étrangers.

Leur faudra du coeur à l'ouvrage
Et puis apprendre à dire oui,
C'est pas par plaisir qu'ils voyagent.

Ce qu'ils sont, ce qu'ils pensent,
Ça n'a pas d'importance,
On ne veut que leurs bras.
Et tout ça est normal,
Et tout ça me fait mal,
Ça se passe chez moi.

Ils retrouveront leur village
Quand on n' voudra plus d'eux ici,
C'est pas par plaisir qu'ils voyagent,
C'est pas par plaisir qu'ils voyagent!






Comment crois-tu qu’ils sont venus?
Ils sont venus, les poches vides et les mains nues
Pour travailler à tours de bras
Et défricher un sol ingrat

Comment crois-tu qu’ils sont restés?
Ils sont restés, en trimant comme des damnés
Sans avoir à lever les yeux
Pour se sentir tout près de Dieu

Ils ont vois-tu, plein de ferveur et de vertu
Bâti un temple à temps perdu

Comment crois-tu qu’ils ont tenu?
Ils ont tenu, en étant croyants et têtus
Déterminés pour leurs enfants
À faire un monde différent
Les émigrants

Comment crois-tu qu’ils ont mangé?
Ils ont mangé, cette sacré vache enragée
Qui vous achève ou vous rend fort
Soit qu’on en crève ou qu’on s’en sort

Comment crois-tu qu’ils ont aimé?
Ils ont aimé, en bénissant leur premier né
En qui se mélangeait leurs sangs
Leurs traditions et leurs accents

Ils ont bientôt, créé un univers nouveau
Sans holocauste et sans ghettos

Comment crois-tu qu’ils ont gagné?
Ils ont gagné, quand il a fallu désigner
Des hommes qui avaient du cran
Ils étaient tous au premier rang
Les émigrants

Comment crois-tu qu’ils ont souffert?
Ils ont souffert, certains en décrivant l’enfer
Avec la plume ou le pinceau
Ça nous a valu Picasso

Comment crois-tu qu’ils ont lutté?
Ils ont lutté, en ayant l’amour du métier
Jusqu’à y sacrifier leur vie
Rappelez-vous Marie Curie
Avec leurs mains
Ils ont travaillé pour demain
Servant d’exemple au genre humain

Comment crois-tu qu’ils ont fini?
Ils ont fini, laissant un peu de leur génie
Dans ce que l’homme a de tous temps
Fait de plus beau fait de plus grand
Les émigrants

dimanche 8 mars 2015

Michel Bühler : Une histoire simple










Je pense  à vous souvent ... souvent ...




Je pense à vous souvent: le père, dans sa moustache
Trônait en bout de table, et distribuait le pain.
Dans le champ du voisin, l'aîné gardait les vaches,
Ramenant une odeur d'écurie et de foin.
C'était avant les guerres, avant les deux dernières.
Aux repas, vous aviez toujours trop d'appétit.
Les cadets finissaient les habits des grands frères,
C'est votre Simple Histoire, et c'est toute une vie.




Je pense à vous souvent: vous avez eu mon âge,
Lui, chapeau sur l'oreille, toi, en tablier blanc.
Sur le Rhin s'amassaient de sinistres nuages...
Vous étiez amoureux, et c'était le printemps.
Vos baisers s'envolaient des lilas aux cerises,
Le voyage de noce eut lieu dans le midi.
Un matin l'on apprit que Paris était prise,
C'est votre Simple Histoire, et c'est toute une vie.






Je pense à vous souvent: il rentrait de l'usine,
Avec le contremaître, il avait eu des mots.
Et les journées coulaient, les enfants, la cuisine,
Le tricot du soir, à côté de la radio.
Les fins de mois, bien sûr, n'étaient jamais faciles,
J'ai su plus tard que vous pleuriez parfois, la nuit.
Les deuils suivaient les noces et les vacances en ville,
C'est votre Simple Histoire, et c'est toute une vie.







Je pense à vous souvent. Lorsque l'été s'arrête
Tu fais des confitures pour les petits enfants.
La maison est si calme, c'est comme après la fête:
On sourit de fatigue et de contentement.
Dans le grenier secret, au fond d'une valise,
J'ai trouvé un jouet fait de ses mains à lui.
Devant tant de tendresse, c'est le temps qui s'épuise!
C'est votre Simple Histoire, et c'est toute une vie.









dimanche 11 janvier 2015

Michel Bühler : Je rêvais d'hommes frères - Messieurs Les Militaires - Le Soldat







Je rêvais d'hommes frères

Et j'avais  vingt ans 

---

Je continue de rêver d'hommes frères

je vous attends !!!









Je rêvais d'hommes frères

Et j'avais quoi ? Vingt ans ?

La démarche légère
Et le cœur palpitant
J'avais le regard clair
D'un qui s'en va confiant
C'est sûr que l'allais faire
Bien mieux que ceux d'avant
La famine ou la guerre
C'est chose qui dépend
De décisions premières
Et du choix des vivants
La raison, la lumière
Guidaient mes pas d'enfant
Qui allait mettre à terre
Tous les trop vieux tourments

Maintenant que l'hiver
Et ses nuages blancs
Et ses arbres austères
Se pointent à mon tournant
Maintenant qu'il s'avère
Que j'ai fait largement
A bord de la galère
La moitié de mon temps
Sans faire d'inventaire
Sans jouer le bilan
Je regarde en arrière
Quelquefois, rarement
Que d'amis, de compères
Que de rires et de chants
Que d'envie d'autres mers
Que de soleils brûlants

Comme jadis et naguère
J'habite obstinément
Un lieu où le vulgaire
Se mêle aux bonnes gens
Un pays de contraire
Frileux et désolant
Fermé dans ses frontières
Et qui est mien pourtant
Lorsque me désespère
Son brunissant présent
Je prends en solitaire
Le sentier montant
Là-haut, face au mystère
Venant du firmament
J'écoute l'univers
Et je salue le vent

Faudrait une manière
De remerciement
Pour l'amour qui éclaire
Intérieurement
La maison tout entière
Depuis bien des printemps
Pour tes yeux bruns ou verts
Ça dépend du moment
Pour ta chanson d'hier
Dans le soleil levant
Pour l'heure où tes paupières
Se ferment doucement
Pour la vie que l'on gère
Comme on peut, bien souvent
Pour la vie qu'on espère
Pour la vie simplement

On apporte sa pierre
Dessus le bâtiment
La pauvre primevère
Naît à chaque printemps
Etais-je une poussière
Ou bien un diamant ?
Qui fixe le critère ?
Qui rend le jugement ?
J'avais l'âme sincère
Et mon petit talent
Est-ce qu'on exagère
A vouloir le beau temps ?
Suivais-je une chimère ?
Suis-je trop innocent ?

Je rêvais d'hommes frères

J'en rêve follement






Quand vous ferez la guerre, ne comptez pas sur moi
Messieurs les militaires, pour jouer au soldat
Pour tirer sur des hommes sans demander pourquoi
Pour vous obéir comme vous l'espérez, je crois

Vous avez cru me prendre quand je vous ai suivi,
Moi, je voulais apprendre à tenir un fusil
Je ne veux pas défendre n'importe quel drapeau
Je veux d'abord comprendre à qui j'offre ma peau

Quand fous ferez la guerre, vous la faites aujourd'hui
Messieurs les militaires, dans de lointains pays
Vous semez la misère, la mort, pour le profit
De grands hommes d'affaires qui sont au chaud ici,

Qui gardent leurs mains blanches, qui ont de beaux habits,
Des habits du dimanche, même le mercredi,
Etes-vous donc si bêtes pour être si odieux ?
Non, simplement vous êtes du même monde qu'eux

Quand vous ferez la guerre, messieurs les officiers,
Tortionnaires en puissance, valets des financiers
Tout au long de l'histoire vous avez exploité
Les miens pour votre gloire, l'auriez vous oublié ?

Et vous voulez me faire croire que nous venons
Tous de la même terre, je vous réponds que non
Quand vous ferez la guerre je choisirai mon camp
J'irai avec mes frères avec les pauvres gens

Vous êtes de la race des maîtres et des seigneurs
Il n'y a pas de place pour vous dedans mon cœur
Nous n'avons pas le même intérêt vous et moi
Et la couleur que j'aime, vous, vous ne l'aimez pas

Juste encore une chose avant de vous quitter
Une Question que je pose, en toute humilité
Saurez-vous me comprendre si je vous remercie ?
Vous avez su m'apprendre à tenir un fusil







De ses guerres lointaines,

Quand Le Soldat revint,
Se mit à la fontaine,
Au bout de mon jardin.
Si ma mémoire est bonne,
(Je ne suis sûr de rien)
C'était un jour d'automne
Hier ou bien demain.

Tous les gens du village
S'approchèrent de lui.
Le patron du garage
Lui dit: "Tu as vieilli".
Devant sa pauvre mine
Et son habit râpé
Les gamins, les gamines
Ont couru se cacher.

Il dit: "Une lumière
A disparu en moi.
Ce que l'on m'a fait faire,
Je n'en parlerai pas.
Je vous vois sur la place
Comme des étrangers:
Est-ce le temps qui passe,
Ou moi qui ai changé?

Vous dites que ma mère...
Mais je n'en ai rien su!
J'irai au cimetière
Pour un dernier salut.
Ainsi s'écrit l'Histoire:
On se bat tant et plus,
On fête la victoire
Et l'on a tout perdu.

Elle habite à la ville,
Celle qui m'avait dit:
"Tu peux partir tranquille"!
N'en parlons plus, tant pis.
J'en ai connu bien d'autres,
Et j'en retrouverai,
Qui vous oublient quand votre
Argent s'est envolé.

Et les Grands de la Terre,
Tous ceux que j'ai servis,
Qui me flattaient naguère,
M'ont oubié aussi.
Il me reste la route:
Plus rien à faire par là.
Mais il faut qu'on m'écoute
Une dernière fois".

Alors, la plus petite,
En pleurant, a donné
Un baiser, vite, vite,
Au soldat qui parlait
D'une pauvre voix qui tremble:
"Voici ce que je sais:
Les guerres se ressemblent,
Ne vous battez jamais!



Les guerres se ressemblent,


Ne vous battez jamais"!


Si ma mémoire est bonne,
Il reprit son chemin.
C'était un jour d'automne,
Hier, ou bien demain,

C'était un jour d'automne,
Hier, ou bien demain.






vendredi 26 septembre 2014

Michel Bühler : Djamel - Soleil de plomb














T'en souviens-tu, Djamel, quand tu as débarqué,
(Les cousins t'avaient dit qu' c'était la Terre promise)
On t'a pris tes papiers, on t'a déshabillé,
Tu as attendu des heures sans même une chemise.
Te souviens-tu, Djamel, des regards de mépris
Des autres voyageurs, quand tu as pris le train?
Toi tu voulais sourire, et tu n'as pas compris
Qu' c'était le commenc'ment d'un nouveau quotidien.

Te souviens-tu, Djamel, du patron de bistro
Qui t'a r'fusé une bière, un jour, rue des Abbesses?
Comm' tu n' te fâchais pas, qu' tu demandais de l'eau,
L'a fait sortir son chien de sous le tiroir caisse.
Te souviens-tu, Djamel, du soir où tu t'es fait
Casser bêt'ment la gueule par une bande de tondus?
Il y a des beaux quartiers qu'il vaut mieux éviter
Quand on n'est pas comme ceux qui possèdent les rues.

Te souviens-tu, Djamel, des boulots des débuts:
Balayeur, éboueur, manoeuvre sur les chantiers,
Et la gamelle froide et la chambre exigüe,
Te voilà installé, mais tout n'a pas changé,
Maint'nant tu sais, Djamel, quand tu passes au péage
D'une autoroute, que tu vas te faire arrêter:
Les flics, c'est bien connu, respectent les usages.
L'usage veut qu'on controle plutôt les gens bronzés

Et tu verrais Djamel, si tu venais chez moi
Le temps qu'il te faudrait pour passer la frontière
Avec tes cheveux longs, ton accent de là-bas,
Faut dire que tu n'as pas l'allure d'un homme d'affaires.
On pourrait continuer: Djamel t'en souviens-tu
Les sarcasmes des filles, la haine des parents...
Ce que je voulais dire, c'est simplement salut
A toi et à tous ceux que l'on dit différents,

Ce que je voulais dire, c'est simplement salut
A toi et à tous ceux que l'on dit différents!






Soleil de plomb
Sable brûlant
Le lourd camion
Bringuebalant
Chargé d´humains
Tout poussiéreux
Va son chemin
Va comme il peut
Les nuits, les jours
Dunes et pierres
La piste court
Sur le désert
Avec l´angoisse
La soif immense
Les heures passent
A quoi l´on pense?

Il en faut du courage
Pour quitter son village
Et partir vers le nord
Derrière toi, petit frère
Il n´y a que la misère
Et l´avenir est mort

Soleil de plomb
Et l´océan
Sur l´horizon
Vieux bateau blanc
Plutôt esquif
Prêt à couler
Moteur poussif
Hommes serrés
Le passeur a pris
Le bel argent
Puis il a dit
"C´est droit devant"
Le froid la peur
Vagues qui dansent
Passent les heures
A qui l´on pense?

Il en faut du courage
Pour quitter son village
Et chercher l´autre bord
Accroche-toi, petit frère
Encore un peu de mer
Et ce sera le port

Soleil de plomb
Sur un grand champ
Parqués en rond
Les survivants
Les gardes au loin
Les barbelés
Bottes et chiens
Fusils chargés
L´Europe rit
Juste à deux pas
Là, c´est écrit
"Rentre chez toi"
Pire que la mer
Qui bat sans fin
Et le désert
Y a les humains

Il faudrait du courage
A la fin du voyage
Pour espérer encore
C´est à croire, petit frère
Que pour toi sur la Terre
Y aura jamais de port

C´est à croire, petit frère
Que pour toi sur la Terre
Y a qu´ la faim et la mort