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mercredi 9 janvier 2019

Au revoir là-haut, le film d' Albert Dupontel, d'après le roman "Au revoir là-haut" de Pierre Le Maitre, pix Goncourt 2013



Lundi, le  14 janvier 2019 

salle "PRINA" liceo classico "E. Cairoli" Varese


Résultat de recherche d'images pour "au revoir la haut film"















Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire








Roman-feuilleton palpitant

Depuis Bernie, Dupontel fait le portrait de marginaux auxquels la société refuse obstinément de faire une place. On ne veut pas d’eux ? Qu’à cela ne tienne, ils vont imposer leur loi. C’est précisément l’objet d’Au revoir là-haut qui traite de la question du retour à la vie civile des soldats de la Grande Guerre. Mutilés, un peu dérangés, plus tout à fait les mêmes, ces pauvres bougres ne reçurent pas un accueil à la hauteur de leurs sacrifices. Pour le prolo intrépide Albert et l’aristo défiguré Edouard, liés à jamais (le second a perdu son visage en sauvant le premier), la survie passe par la “mode” florissante de l’arnaque à la mémoire : les deux larrons vont vendre sur catalogue des faux monuments aux morts. En parallèle, l’instrument de leur déchéance, l’ignoble ex-capitaine Pradelle, capitalise, avec l’aval de l’état, sur le commerce de cercueils vides censés contenir les dépouilles de soldats disparus rendues à leurs familles… Du pur Dupontel, un peu voyou, politiquement incorrect, grotesque, édifiant. L’acteur-réalisateur, impeccable dans le rôle d’Albert, s’empare de ce sujet en or -hélas authentique- qu’il passe à la moulinette de son mauvais esprit avec ce sens viscéral de la justice sociale qui l’anime. Zorro meets Tex Avery comme d’habitude, mais aussi, cette fois, Eugène Sue. Car Au revoir là-haut est avant tout un grand film feuilletonesque, qui fait revivre un Paris interlope où rôde le masque de la Mort que symbolise Edouard, l’homme sans visage, paré de masques extravagants, au passé mystérieux et à la voix d’outre-tombe. Une sorte de Belphégor bienveillant, traversé de zones d’ombres, que Dupontel couve de sa caméra, conscient de tenir là le personnage le plus romanesque de sa filmo.




L’auteur de Bernie fait le pari d’adapter le Goncourt 2013. Entre burlesque et mélo, une fresque insolente sur le destin de deux poilus devenus escrocs.
Pour Albert Dupontel, l’adaptation d’Au revoir là-haut constituait un pari risqué. Question de budget, d’abord : la reconstitution de la Première Guerre mondiale puis des Années folles est, en terme de logistique, sans commune mesure avec les comédies contemporaines réalisées jusqu’alors par l’auteur de Bernie. Question de sujet, ensuite : comment l’acteur-réalisateur, créateur de scénarios originaux, allait-il se débrouiller avec les mots, l’imagination foisonnante d’un autre ?
Paris risqué mais gagné. Il n’y a qu’une scène de combat, mais c’est l’une des plus impressionnantes jamais vues sur les tranchées. La richesse et la beauté des décors et des costumes ne figent jamais le film. Et Dupontel réussit à être fidèle à l’esprit — et souvent à la lettre — du livre de Pierre Lemaître, tout en l’incorporant à son propre univers.
Samuel Douhaire





dimanche 6 mars 2016

Zebda "La butte rouge"...



La première guerre mondiale occupe 

les esprits de mes élèves de III D ESABAC

voici 1 chanson et 2 liens intéressants















La butte rouge, c'est son nom,, le baptême se fit un matin
Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin
Aujourd'hui il y a des vignes, il y pousse du raisin
Qui boit de ce vin-là boit les larmes
  des copains

Sur cette butte-là, il n’y avait pas de gigolette,
Pas de marlous , ni de beaux muscadins.
Ah, c'était loin du moulin de la  galette,
Et de paname, qu'est le roi des patelins

Ce qu'elle en a bu, de larmes  cette terre,
larmes 
 d'ouvriers et larmes de paysans,
Car les bandits, qui sont cause des guerres,
Ne pleurent jamais,
  car ce sont des tyrans

La butte rouge, c'est son nom,, le baptême se fit un matin
Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin
Aujourd'hui il y a des vignes, il y pousse du raisin
Qui boira de ce vin-là boira le sang des copains

Sur cette butte-là, on n'y faisait pas la noce,
comme à Montmartre où le champagne coule à flots.
Mais les pauvres gars qui avait laissé des gosses,
Ils  faisaient entendre de terribles
  sanglots

Ce qu’elle en a bu, de bon sang  cette terre,
sang d'ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits, qui sont cause de guerre,
N’en meurent
  jamais,  on ne tue que les innocents

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpèrent roulèrent dans le ravin
Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin
Mais moi j'y vois des croix, portant le nom des copains.

Sur cete butte-là, on y fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons.
Filles et gars, doucement, y échangent,
Des mots d'amour, qui donnent le frisson

Peuvent-ils songer dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu, la nuit, monter des plaintes,
Et j'y ai vu des gars aux crânes brisés.

La butte rouge, c'est son nom, le baptême se fit un matin
Où tous ceux qui grimpèrent,
  roulèrent dans le ravin
Aujourd'hui il y a des vignes, il y pousse du raisin
Qui boit de ce vin-là, boit les larmes des copains


La chanson de Craonne



lundi 1 décembre 2014

Essai bref : "Guerre à la guerre : La poésie est une arme chargée de futur"









L'idée de cet essai m'est venue en lisant ce beau recueil 
de poèmes



Guerre à la guerre
une anthologie établie et présentée par Bruno Doucey

Editions Bruno Doucey


"J'ai 10 ans. La petite ville de province où se déroule 
mon enfanceest calme.  On y parle de la guerre au passé. 
Elle est l'affaire de mes grands-parents qui ont 
connu la Seconde Guerre mondiale , de mes 
arrière-grands-parents qui ont fait la Grande Guerre."

Avec quelques petites modifications j'épouse cette introduction ...

"J'ai 10 ans. Le petit village de province où se déroule
 mon enfance est calme.  On y parle de la guerre au passé.
 Elle est l'affaire de mes parents qui ont connu la
 Seconde Guerre mondiale, de mes grands-parents
 qui ont fait la Grande Guerre."


... mais la guerre est toujours là,
...
sans interrompre son ballet mortifère







"Dans quelques heures,
je ne serai plus de ce monde.
Nous allons être fusillés
 cet après-midi, à quinze heures"

Missak Manouchian



Les fusillés de Châteaubriant

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel,
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour
Ils n’ont pas de recommandation à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé là où ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont plus des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.


René Guy Cadou



Se questo è un uomo


Voi che vivete sicuri
Nelle vostre tiepide case,
voi che trovate tornando a sera
Il cibo caldo e visi amici:
Considerate se questo è un uomo
Che lavora nel fango
Che non conosce pace
Che lotta per un pezzo di pane
Che muore per un sì o per un no.
Considerate se questa è una donna,
Senza capelli e senza nome
Senza più forza di ricordare
Vuoti gli occhi e freddo il grembo
Come una rana d'inverno.
Meditate che questo è stato:
Vi comando queste parole.
Scolpitele nel vostro cuore
Stando in casa andando per via,
Coricandovi alzandovi;
Ripetetele ai vostri figli.
O vi si sfaccia la casa,
La malattia vi impedisca,
I vostri nati torcano il viso da voi.

 Primo Levi 



LA GUERRA CHE VERRA'

La guerra che verrà non è la prima,
prima ci sono state altre guerre.
Alla fine dell’ultima
c’eran vincitori e c’eran vinti.

La guerra che verrà non è la prima,
prima ci sono state altre guerre.
Alla fine dell’ultima guerra
c’eran vincitori e c’eran vinti.

Tra i vinti
la povera gente
faceva la fame.
Tra i vincitori
faceva la fame
la povera gente egualmente,
la povera gente egualmente.

La guerra che verrà
non è la prima…


Bertold Brecht



Mon général, votre tank est puissant
Il couche une forêt, il écrase cent hommes.
Mais il a un défaut :

il a besoin d’un conducteur.
Mon général, puissant est votre bombardier,
Plus vite que l’ouragan, plus fort que l’éléphant
Mais il a un défaut :
Il lui faut un mécanicien.

Mon général on peut tirer beaucoup de l’homme
Il sait voler, il sait tuer.
Mais il a un défaut :
Il sait pense



Bertold Brecht




IL EST PAISIBLE,  MOI AUSSI

Il est paisible, moi aussi.
Il sirote un thé citron
je bois un café,
c’est ce qui nous distingue.
Comme moi, il est vêtu d’une chemise rayée
trop grande.
Comme lui, je parcours les journaux du soir.
Il ne me surprend pas quand je l’observe de biais.
Je ne le surprends pas quand il m’observe de biais.
Il est paisible, moi aussi.
Il parle au serveur.
Je parle au serveur…
Un chat noir passe entre nous.
Je caresse la fourrure de sa nuit,
il caresse la fourrure de sa nuit…
Je ne lui dis pas : le ciel est limpide aujourd’hui,
plus bleu.
Il ne me dit pas : le ciel est limpide aujourd’hui.
Il est vu et il voit.
Je suis vu et je vois.
Je déplace la jambe gauche,
il déplace la jambe droite.
Je fredonne une chanson,
il fredonne un air proche.
Je me dis :
Est-il le miroir dans lequel je me vois ?

Puis je cherche son regard,
mais il n’est plus là…
Je quitte précipitamment le café,
et je me dis : c’est peut-être un assassin
ou peut-être un passant qui m’a pris
pour un assassin.


Il a peur, moi aussi







Rimbaud Atrthur "Le dormeur du val"


 Boris Vian à la Bibliothèque Nationale de France ... 




















dimanche 21 septembre 2014

La Chanson de Craonne : anniversaire de la bataille du 16 avril 1917





  
Il y a  97 ans à Craonne  le  16 avril 1917, les Français lancent 

une grande offensive en Picardie, sur le Chemin des Dames. Mal 

préparée, mal engagée, elle va entraîner un profond ressentiment 

chez les soldats avec une reprise en main des questions militaires

 par le gouvernement.  Le village fut entièrement  rasé par les 

bombardements massifs :  5 millions d'obus sont tombés sur 

le Chemin des Dames entre le 6 et 16 avril 1917. 







  



Quand au bout d'huit jours, le repos terminé,
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personne ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comme dans un sanglot
On dit adieu aux civelots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

C'est malheureux devoir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la même chose.
Au lieu de se cacher, tous ces embusqués,
Feraient mieux de monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autres, les pauvres purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendre les biens de ces messieurs-là.


Refrain
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la relève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain
Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les truffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce sera votre tour, messieurs les gros,
De monter sur le plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !







Lazare Ponticelli, le dernier poilu français mort à 110 en 2008, était d'origine italienne.





Le dernier "poilu" de la guerre de 1914-1918, Lazare Ponticelli,

  mort à l'âge de 110 ans, était d'origne italienne.




 LA GUERRE, ON VOULAIT PAS LA FAIRE


  
   



Après avoir longtemps refusé les funérailles nationales, il

 les a acceptées estimant qu'elles seraient l'occasion de se

 souvenir de tous ceux qui sont morts entre 1914 et 1918 

sans les honneurs. © David Amberg





À VOIR ET REVOIR POUR MIEUX COMPRENDRE

CE QUE C'EST QUE LA GUERRE...

ET  COMMENT IL A SAUVÉ UN SOLDAT ALLEMAND






   






C'était le dernier d'une immense cohorte, celle des 8,5 

millions de soldats français de la Grande guerre: Lazare

Ponticelli, dernier poilu survivant de l'un des conflits les 

plus meurtriers de l'Histoire.