dimanche 19 mars 2017

FRANCETHÉÂTRE Calais Bastille : Les chansons 2



1. L’IMMIGRATION, UN PHÉNOMÈNE MILLÉNAIRE

De nos jours, il est beaucoup question dans les médias de l’immigration et des problèmes liés à l’accueil des immigrés. Certains parlent de l’immigration comme s’il s’agissait d’un phénomène spécifque à notre époque. Mais en réalité, le phénomène migratoire n’est pas nouveau. En effet, les migrations sont une constante dans l’histoire de l’Humanité. Avant l’apparition des moyens de transport modernes, les migrations étaient essentiellement régionales ; le plus souvent, les hommes quittaientleurs villages ou leur région d’origine pour aller s’établir à quelques dizaines de ilomètres. Avec la mondialisation des échanges et le développement de moyens de locomotion plus rapides, les migrations ont changé d’échelle. Désormais, les migrants ne changent plus seulement de région, mais quittent leur pays d'origine pour aller s’établir dans un autre pays, un pays d'accueil

A. TYPOLOGIES DES MIGRATIONS

Migration décidée ou contrainte?
→ Migration décidée :
La migration est décidée quand elle se fait après une réfexion de la part de la personne qui souhaite émigrer. Cette décision peut être motivée par la volonté de  trouver un travail dans un autre pays, de poursuivre ses études ou de rejoindre un membre de sa famille établi ailleurs. Dans ce cas, le  déplacement est généralement préparé à l’avance, il est souhaité et vise à améliorer les conditions de vie du futur migrant.

→ Migration contrainte:
La migration est contrainte lorsqu’elle est motivée par un danger imminent et non par un choix délibéré. Il peut s’agir d'une guerre ou d'un confit qui représente  un danger pour la vie de la personne qui doit émigrer ou pour ses proches. Des régimes politiques autoritaires qui répriment tout opposant à leur système, des risques climatiques avérés qui obligent les populations à se déplacer pour se protéger, des persécutions sociales contre les individus du fait de leurs origines ethniques, religieuses ou de leurs orientations sexuelles peuvent également représenter une menace qui oblige les populations à migrer.

La nature de l’immigration

→ Immigration légale:
Dans le cas d'une immigration légale, l’immigré est en possession d’un document délivré par  l’ambassade ou la préfecture du pays d’accueil qui lui permet de séjourner  légalement et librement dans celui-ci. Il peut donc travailler ou étudier, tout en bénéfciant d'une couverture sociale et de tous les avantages liés à son statut. Cette forme d’immigration est souvent sélective. En effet, les pays choisissent les personnes qu’ils veulent accueillir selon leurs propres critères : niveau de compétences, besoin de main d’œuvre, nationalités...

→ Immigration clandestine

L'immigration clandestine concerne les habitants de pays pauvres cherchant un meilleur niveau de vie dans les pays les plus riches. Elle concerne également des  immigrants politiques non reconnus par le pays d'accueil. L'immigration clandestine se fait donc illégalement : les clandestins prennent des risques importants pouvant mettre leur propre vie en péril afn de rejoindre des pays aux conditions de vie meilleures. Ils n'hésitent donc pas à tout abandonner pour «tenter l'aventure». Ils sont le plus souvent aidés dans cette entreprise par des passeurs peu scrupuleux qui demandent un prix exorbitant pour leur fournir les moyens de franchir les obstacles naturels (mers, montagne, feuve) ou humains (poste frontière) dans des conditions de sécurité extrêmement précaires.



Slimane 

Le vide 

C'est vide là
Dans toutes les pièces là
Dans tous les cœurs là
C'est plus la même là
C'est vide là
Où y'avait les rires là
Où y'avait la fête là
Et ça fait mal là
Alors on danse encore
Sur les mêmes musiques, les mêmes pas
On s'embrasse encore plus fort
Comme si c'était là la dernière fois
Aussi loin que tu pars
Ton sourire en écho
Ton sourire en écho
Reste là sur ma peau
C'est vide là
Où y'avait l'amour là
Y'avait ce risque là
Suffisait d'une fois
Tu verras
Quand viendra mon tour là
Je f'rai le bon choix
En souvenir de toi
Alors on danse encore
Sur les mêmes musiques, les mêmes pas
On s'embrasse encore plus fort
Comme si c'était là la dernière fois
Aussi loin…



Gregory Lemarchal 

SOS d'un terrien en detresse

Pourquoi je vis, pourquoi, je meurs?
Pourquoi je ris, pourquoi je pleure?
Voici le S.O.S
D'un terrien en détresse
J'ai jamais eu les pieds sur terre
J'aimerais mieux être un oiseau
J'suis mal dans ma peau

J'voudrais mieux voir le monde à l'envers
Si c'étaix plus beau vu d'en haut
D'en haut
J'ai toujours confondu la vie
Avec les bandes dessinées
J'ai comme des envies de métamorphoses
Je sens quelque chose
Qui m'attire
Qui m'attire
Qui m'attire vers le haut

Au grand loto de l'univers
J'ai pas tiré l'bon numéro
J'suis mal dans ma peau
J'ai pas envie d'être un robot
Métro boulot dodo

Pourquoi je vis, pourquoi je meurs?
Pourquoi je crie pourquoi je pleure?
Je crois capter des ondes
Venues d'un autre monde
J'ai jamis eu les pieds sur terre
J'aim'rais mieux être un oiseau
J'suis mal dans ma peau

J'voudrais mieux voir le monde à l'envers
J'aim'rais mieux être un oiseau
Dodo l'enfant do




Claudio Capéo 

Un homme debout 

Si je m'endors me réveillerez-vous ?
Il fait si froid dehors le ressentez-vous ?
Il fut un temps où j'étais comme vous
Malgré toutes mes galères je reste un homme debout

Priez pour que je m'en sorte
Priez pour que mieux je me porte
Ne me jetez pas la faute
Ne me fermez pas la porte

Oui je vis de jour en jour
De squat en squat un troubadour
Si je chante c'est pour qu'on m'regarde,
Ne serait-ce qu'un p'tit bonjour
J'vous vois passer quand j'suis assis
Vous êtes debout, pressés, j'apprécie
Un p'tit regard, un p'tit sourire
Ne prennent le temps, ne font que courir

Si je m'endors me réveillerez-vous ?
Il fait si froid dehors le ressentez-vous ?
Il fut un temps où j'étais comme vous
Malgré toutes mes galères je reste un homme debout

Merci bien pour la pièce
En c'moment c'est dur, je confesse
Quand j'vais m'en sortir je l'atteste
J'veux avoir un toit, une adresse
Si de toi à oim c'est dur, je stresse
Le moral n'est pas toujours bon, le temps presse
Mais bon comment faire à par l'ivresse comme futur
Et des promesses en veux-tu ?

Voilà ma vie j'me suis pris des coups dans la tronche
Sois sûr que si j'tombe par terre tout l'monde passe mais personne ne bronche
Franchement à part les gosses qui m'regardent étrangement
Tout l'monde trouve ça normal que j'fasse la manche
M'en veuillez pas mais parfois j'ai qu'une envie: abandonner

Si je m'endors me réveillerez-vous ?
Il fait si froid dehors le ressentez-vous ?
Il fut un temps où j'étais comme vous
Malgré toutes mes galères je reste un homme debout

Priez pour que je m'en sorte
Priez pour que mieux je me porte
Ne me jetez pas la faute
Ne me ferme pas la porte

Si je m'endors me réveillerez-vous ?
Il fait si froid dehors le ressentez-vous ?
Il fut un temps où j'étais comme vous
Malgré toutes mes galères je reste un homme debout

Si je m'endors me réveillerez-vous ?
Il fait si froid dehors le ressentez-vous ?
Il fut un temps où j'étais comme vous
Malgré toutes mes galères je reste un homme debout




Kids United 

On écrit sur les murs

On écrit sur les murs le nom de ceux qu'on aime
Des messages pour les jours à venir
On écrit sur les murs à l'encre de nos veines
On dessine tout ce que l'on voudrait dire
Partout autour de nous
Y'a des signes d'espoir dans les regards
Donnons leurs écrits car dans la nuit tout s'efface
Même leur trace
On écrit sur les murs le nom de ceux qu'on aime
Des messages pour les jours à venir
On écrit sur les murs à l'encre de nos veines
On dessine tout ce que l'on voudrait dire
On écrit sur les murs la force de nos rêves
Nos espoirs en forme de graffiti
On écrit sur les murs pour que l'amour se lève
Un beau jour sur le monde endormi
Des mots seulement gravés pour ne pas oublier, pour tout changer
Mélangeons demain dans un refrain nos visages
Métissages
On écrit…



Black M

Sur ma route

Sur ma route, oui
Il y a eu du move, oui
De l'aventure dans l'movie
Une vie de roots
Sur ma route, oui
Je n'compte plus les soucis
De quoi devenir fou, oui
Une vie de roots
Sur ma route, oui
Il y a eu du move, oui
De l'aventure dans l'movie
Une vie de roots
Sur ma route, oui
Je n'compte plus les soucis
De quoi devenir fou, oui
Une vie de roots
Sur ma route
Sur ma route
Sur ma route
Sur ma route
Sur ma route, j'ai eu des moments de doute
J'marchais sans savoir vers où, j'étais têtu rien à foutre
Sur ma route, j'avais pas d'bagage en soute
Et, dans ma poche, pas un sou, juste la famille, entre nous
Sur ma route, y'a eu un tas d'bouchons
La vérité, j'ai souvent trébuché
Est-ce que tu sais que quand tu touches le fond
Il y a peu de gens chez qui tu peux te réfugier?
Tu…



lundi 13 mars 2017

Denis Diderot : J.-B. Greuze "Une jeune fille, qui pleure son oiseau mort" - Commentaire dans le Salon de1765








The National Galleries of Scotland, Edimbourg

Commentaire de Diderot dans le Salon de1765 :

    « La jeune fille qui pleure son oiseau mort La jolie élégie  ! le joli poème  ! la belle idylle que Gessner en ferait  ! C’est la vignette d’un morceau de ce poète. Tableau délicieux  ! le plus agréable et peut-être le plus intéressant du Salon. Elle est de face  ; sa tête est appuyée sur sa main gauche : l’oiseau mort est posé sur le bord supérieur de la cage, la tête pendante, les ailes traînantes, les pattes en l’air. Comme elle est naturellement placée  ! que sa tête est belle  ! qu’elle est élégamment coiffée  ! que son visage a d’expression  ! Sa douleur est profonde  ; elle est à son malheur, elle y est tout entière. Le joli catafalque que cette cage  ! que cette guirlande de verdure qui serpente autour a de grâces  ! O la belle main  ! la belle main  ! le beau bras  ! Voyez la vérité des détails de ces doigts, et ces fossettes, et cette mollesse, et cette teinte de rougeur dont la pression de la tête a coloré le bout de ces doigts délicats, et le charme de tout cela. On s’approcherait de cette main pour la baiser, si on ne respectait cette enfant et sa douleur. Tout enchante en elle, jusqu’à son ajustement. Ce mouchoir de cou est jeté d’une manière  ! il est d’une souplesse et d’une légèreté  ! Quand on aperçoit ce morceau, on dit : Délicieux  ! Si l’on s’y arrête, ou qu’on y revienne, on s’écrie : Délicieux  ! délicieux  ! Bientôt on se surprend conversant avec cette enfant, et la consolant. Cela est si vrai, que voici ce que je me souviens de lui avoir dit à différentes reprises. « Mais, petite, votre douleur est bien profonde, bien réfléchie  ! Que signifie cet air rêveur et mélancolique? Quoi  ! pour un oiseau  ! vous ne pleurez pas. Vous êtes affligée, et la pensée accompagne votre affliction. Çà, petite, ouvrez-moi votre cœur : parlez-moi vrai  ; est-ce bien la mort de cet oiseau qui vous retire si fortement et si tristement en vous-même ?... Vous baissez les yeux  ; vous ne me répondez pas. Vos pleurs sont prêts à couler. Je ne suis pas père  ; je ne suis ni indiscret, ni sévère...
    Eh bien  ! je le conçois  ; il vous aimait, il vous le jurait, et le jurait depuis longtemps. Il souffrait tant : le moyen de voir souffrir ce qu’on aime ?... Et laissez-moi continuer  ; pourquoi me fermer la bouche de votre main ? Ce matin-là, par malheur votre mère était absente. Il vint  ; vous étiez seule : il était si beau, si passionné, si tendre, si charmant  ! il avait tant d’amour dans les yeux  ! tant de vérité dans les expressions  ! il disait de ces mots qui vont si droit à l’âme, et en les disant il était à vos genoux : cela se conçoit encore. Il tenait une de vos mains  ; de temps en temps vous y sentiez la chaleur de quelques larmes qui tombaient de ses yeux et qui coulaient le long de vos bras. Votre mère ne revenait toujours point. Ce n’est pas votre faute  ; c’est la faute de votre mère... Mais voilà-t-il pas que vous pleurez... Mais ce que je vous en dis n’est pas pour vous faire pleurer. Et pourquoi pleurer? Il vous a promis  ; il ne manquera à rien de ce qu’il vous a promis. Quand on a été assez heureux pour rencontrer un enfant charmant comme vous, pour s’y attacher, pour lui plaire  ; c’est pour toute la vie... – Et mon oiseau ?... – Vous souriez. » (Ah  ! mon ami, qu’elle était belle  ! ah  ! si vous l’aviez vue sourire et pleurer  !) Je continuai. « Eh bien  ! votre oiseau  ! Quand on s’oublie soi-même, se souvient-on de son oiseau? Lorsque l’heure du retour de votre mère approcha, celui que vous aimez s’en alla. Qu’il était heureux, content, transporté  ! qu’il eut de peine à s’arracher d’auprès de vous  !... Comme vous me regardez  ! Je sais tout cela. Combien il se leva et se rassit de fois  ! combien il vous dit, redit adieu sans s’en aller  ! combien de fois il sortit et rentra  ! Je viens de le voir chez son père : il est d’une gaieté charmante, d’une gaieté qu’ils partagent tous, sans pouvoir s’en défendre... – Et ma mère ?... – Votre mère? à peine fut-il parti, qu’elle rentra : elle vous trouva rêveuse, comme vous l’étiez tout à l’heure. On l’est toujours comme cela. Votre mère vous parlait, et vous n’entendiez pas ce qu’elle vous disait  ; elle vous commandait une chose, et vous en faisiez une autre. Quelques pleurs se présentaient au bord de vos paupières  ; ou vous les reteniez, ou vous détourniez la tête pour les essuyer furtivement.
    Vos distractions continues impatientèrent votre mère  ; elle vous gronda, et ce vous fut une occasion de pleurer sans contrainte et de soulager votre cœur... Continuerai-je? Je crains que ce que je vais dire ne renouvelle votre peine. Vous le voulez ?... Eh bien  ! votre bonne mère se reprocha de vous avoir contristée  ; elle s’approcha de vous, elle vous prit les mains, elle vous baisa le front et les joues, et vous en pleurâtes bien davantage. Votre tête se pencha sur elle, et votre visage, que la rougeur commençait à colorer, tenez, tout comme le voilà qui se colore, alla se cacher dans son sein. Combien cette mère vous dit de choses douces  ! et combien ces choses douces vous faisaient de mal  ! Cependant votre serin avait beau chanter, vous avertir, vous appeler, battre des ailes, se plaindre de votre oubli  ; vous ne le voyiez point, vous ne l’entendiez point : vous étiez à d’autres pensées. Son eau ni la graine, ne furent point renouvelées  ; et ce matin, l’oiseau n’était plus... Vous me regardez encore  ; est-ce qu’il me reste encore quelque chose à dire  ? Ah  ! j’entends  ; cet oiseau, c’est lui qui vous l’avait donné  : eh bien  ! il en retrouvera un autre aussi beau... Ce n’est pas tout encore  : vos yeux se fixent sur moi, et s’affligent  ; qu’y a-t-il donc encore  ? Parlez  ; je ne saurais vous deviner... – Et si la mort de cet oiseau n’était que le présage  ! Que ferais-je  ? que deviendrais-je  ? S’il était ingrat... – Quelle folie  ! Ne craignez rien  : cela ne sera pas, cela ne se peut...  » Mais, mon ami, ne riez-vous pas, vous, d’entendre un grave personnage s’amuser à consoler un enfant en peinture de la perte de son oiseau, de la perte de tout ce qu’il vous plaira ? Mais aussi voyez donc qu’elle est belle  ! qu’elle est intéressante  ! Je n’aime point à affliger  ; malgré cela il ne me déplairait pas trop d’être la cause de sa peine. Le sujet de ce petit poème est si fin, que beaucoup de personnes ne l’ont pas entendu  ; ils ont cru que cette jeune fille ne pleurait que son serin. Greuze a déjà peint une fois le même sujet  ; il a placé devant une glace fêlée une grande fille en satin blanc, pénétrée d’une profonde mélancolie. Ne pensez-vous pas qu’il y aurait autant de bêtise à attribuer les pleurs de la jeune fille de ce Salon à la perte d’un oiseau, que la mélancolie de la jeune fille du Salon précédent à son miroir cassé  ? Cet enfant pleure autre chose, vous dis-je. D’abord, vous l’avez entendue, elle en convient  ; et son affliction réfléchie le dit de reste. Cette douleur  ! à son âge  ! et pour un oiseau  ! – Mais quel âge a-t-elle donc  ? – Que vous répondrai-je  ; et quelle question m’avez-vous faite? Sa tête est de quinze à seize ans, et son bras et sa main, de dix-huit à dix-neuf. C’est un défaut de cette composition qui devient d’autant plus sensible, que la tête étant appuyée contre la main, une des parties donne tout contre la mesure de l’autre. Placez la main autrement, et l’on ne s’apercevra plus qu’elle est un peu trop forte et trop caractérisée. C’est, mon ami, que la tête a été prise d’après un modèle, et la main d’après un autre. Du reste, elle est très vraie, cette main, très belle, très parfaitement coloriée et dessinée. Si vous voulez passer à ce morceau cette tache légère, avec un ton de couleur un peu violâtre, c’est une chose très belle. La tête est bien éclairée, de la couleur la plus agréable qu’on puisse donner à une blonde  ; peut-être demanderait-on qu’elle fît un peu plus le rond de bosse. Le mouchoir rayé est large, léger, du plus beau transparent  ; le tout fortement touché, sans nuire aux finesses de détail. Ce peintre peut avoir fait aussi bien, mais pas mieux. Ce morceau est ovale  ; il a deux pieds de haut. Lorsque le Salon fut tapissé, on en fit les premiers honneurs à M de Marigny. Poisson Mécène s’y rendit avec le cortège des artistes favoris qu’il admet à sa table  ; les autres s’y trouvèrent : il alla, il regarda, il approuva, il dédaigna. La Pleureuse de Greuze l’arrêta et le surprit. « Cela est beau », dit-il à l’artiste, qui lui répondit : « Monsieur, je le sais  ; on me loue de reste  ; mais je manque d’ouvrage. – C’est, lui répondit Vernet, que vous avez une nuée d’ennemis, et parmi ces ennemis, un quidam qui a l’air de vous aimer à la folie, et qui vous perdra. – Et qui est ce quidam  ? lui demanda Greuze. – C’est vous », lui répondit Vernet. 

greuze-jeune-fille-pleurant-la-mort-de-son-oiseau-1765-oiseau





        Auteur : Greuze, Jean-Baptiste (1725-1805)
Cette notice fait partie d’une série : Paris, Salon de 1765 (pièce ou n° 110 / 261)
Datation : 1765
Sujet de l’image : Sujet de genre. La cage à oiseaux
Dispositif : Personnage unique
Objets indexés dans l’image :
Absorbement / Cage / Draperie enveloppant un personnage / Fleurs / Main masquant le visage
Nature de l’image : Peinture sur toile


dimanche 12 mars 2017

FRANCETHÉÂTRE Calais Bastille Les chansons 1



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La trame 

En France, dans la “Jungle de Calais”, des migrants épuisés attendent un hypothétique passage vers l’Angleterre. Malgré les risques et les interdits, ils veulent quand même aller jusqu’au bout de leur illusion : toucher la fn de l’Europe, le culde-sac de l’Espoir. Comme pour mieux effacer la misère et la guerre par la distance. Même s’ils ont déjà compris qu’ici, personne ne les attend. Dans cette fuite en avant, la découverte d’un livre va tout bouleverser. Un manuel scolaire trouvé sous une tente qui abrite la petite école provisoire du camp de réfugiés. On y parle de Révolution et de Sans- Culottes. De Tiers-Etat et de la fn des privilèges. On y parle surtout de liberté. Alors par désœuvrement ou par inconscience, peut-être aussi par déf, ils décident de faire leur propre Révolution, celle des Migrants. Plus de deux siècles après leurs illustres prédécesseurs, ils suivent point par point les hauts faits de la Révolution française comme on suit un mode d’emploi, une recette de cuisine. Les situations cocasses s’enchaînent et les maladresses s’accumulent. Mais l’essentiel est là : ils reprennent espoir. Sur la Terre des Droits de l’Homme, dans la patrie de Rousseau et de Voltaire, cette poignée de migrants réussira-t-elle à réveiller un peuple jusqu’alors endormi mais toujours épris de justice et de liberté ? Calais-Bastille, la nouvelle révolution ! 



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L'affche du spectacle «Calais-Bastille» est à l'image de notre propos. C'est un choc entre deux époques, celle de la Révolution française représentée par le célèbre tableau ''La liberté guidant le peuple'' d'Eugène Delacroix et notre époque actuelle, symbolisée par la mise-en-scène de Playmobil. • Réalisée en 1830, le chef-d'oeuvre de Delacroix est considéré comme une représentation symbolique de la Révolution française de 1789. Pourtant, le peintre s'est inspiré de la Révolution dite "des Trois Glorieuses" en 1830, et dont il fut le témoin. Le rappel des trois couleurs du drapeau républicain indique l'adhésion aux idées libérales du Maître. Cette révolution, comme la précédente, avait pour but de faire disparaître les idées de l'Ancien Régime. Au centre, la fgurine symbolisant Marianne et la Liberté brandit le drapeau tricolore et laisse apercevoir comme dans l'oeuvre originale sa poitrine dénudée. Derrière elle, à gauche, les insurgés ont aussi le drapeau tricolore au bout d'une pique. Des personnages au premier plan arborent aussi les trois couleurs : celui du centre qui relève la tête a des habits bleu-blancrouge. Il en est de même pour le soldat mort à droite : il a une épaulette bleu et blanc 22 et porte un liseré rouge sur le col de son uniforme. Le cadavre à gauche est vêtu d'une chemise blanche maculée du rouge de son sang, mais il porte aussi une chaussette bleu, couleur des patriotes républicains depuis 1789. • L'utilisation des Playmobil renvoie quant à elle à l'enfance et au jeu. Créé en Allemagne dans les années 70, le slogan affché par la marque est : « Playmobil, en avant les histoires!». Ils sont une source d'inspiration pour les enfants qui les manipulent. Le but de ce jeu est d'inventer sa propre histoire et de mettre en scène ces fgurines en laissant libre cours à son imagination, libérant ainsi sa créativité. C'est aussi pour les psychologues le symbole de la standardisation d'une époque. Ces petits bonhommes, presque toujours masculins, affchent des codes basiques: visage rond, neutre, avec seulement deux yeux et une bouche en forme de sourire mais sans nez ni oreille. «Comme les Playmobil, tous les migrants se ressemblent à nos yeux» semble nous dire l'affche. Et si l'on mettait des Playmobil dans les mains des enfants réfugiés à Calais, quelles histoires inventeraient-ils? Des contes de fées à l'instar des petits enfants européens ? Ou des histoires de naufrage et de guerre? Quant au message de l'affche, il semble clair. Ces fgurines au visage immobile, privé d'émotion, pourrait un jour nous racontait une histoire dont la fn nous échapperait totalement. 





Mademoiselle K 
Ça me vexe

Personne t'aime
Ah ouais j'me disais bien
Personne t'aime
Ah ouais j'me disais bien
On m'appelle pas on m'invite pas
Dans les soirées watchi watcha
Je dois pas sentir comme il faudrait
L'argent et le succès
Refrain
Et ça me vexe (x3)
Ça me vexe
Ah ah ah ah (x4)
J'ai pris ma tenue de combat
Avec ça vous ne ferez pas le poids
J'ai payé quand-même un peu cher
Pour un truc qui laisse dans la galère
J'ai changé plein d'fois d'messagerie
Mais personne m'a encore dit oui
On t'appellera bla bla bla
Si ça nous plaît
Ouais ouais c'est ça
Je dois pas sentir comme il faudrait
L'argent et le succès
Refrain
J'veux qu'on me lèche sur la vitrine
J'veux qu'on me dise "t'es bonne Katerine !"
J'voudrais signer des autographes
Qu'on m'adore même quand j'fais des gaffes

J'ai changé…








L.E.J 
La dalle

J'ai la dalle ce soir
J'ai la dalle ce soir
Je boufferai n'importe quoi
Même du fond de tiroir
Je veux tout ce que t'as sur toi
Pas le temps de m'asseoir
Je m'arrangerai, servez-la moi sur le comptoir
Sans menu, ni couvert, ni
Fade ou épicé
J'en parlerai la bouche pleine
Lourd ou trop léger, je ne serai pas à la peine
Un regard, une main
Et chaque fois le même refrain
Ce souffle chaud ostinato sur les lèvres
Je la prendrai à point
A point
Je la prendrai à point
A point
Sur place
Ou bien à emporter
Je te ferais tourner
Du bout de mes doigts
Toutes ces naïvetés sans vouloir t'offenser
Tu ne resteras que mon encas
J'ai la dalle ce soir
Si tu sers mes envies
T'auras un pourboire
Je suis sûre de moi
Tu veux des
Pas le temps de m'asseoir

Besoin de…





Kendji Girac 
Les yeux de la mama

Quand j’ai froid elle se fait lumière
Comme un soleil dans l’existence
Quand j’ai mal elle se fait prière
Elle me dit tout dans un silence
Quand je souffre, elle souffre avec moi
Quand je ris, elle rit aux éclats
Mes chansons sont souvent pour elle
Elle sera toujours ma merveille
Quand je n’suis pas à la hauteur
Elle m’élève plus haut que le ciel
Elle est la splendeur des splendeurs
Elle est la sève, elle est le miel
C’est son sang qui coule dans mes veines
Et des souvenirs par centaines
Bercent mon cœur de mille étoiles
Elle est ma quête, elle est mon Graal
Oh mon Dieu, laissez-les moi
Les beaux yeux de la Mama
Enlevez-moi même tout le reste
Mais pas la douceur de ses gestes
Elle m’a porté avant le monde
Elle me porte encore chaque seconde
Elle m’emportera…



Christophe Maé 
Il est où le bonheur

Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?
Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?

J'ai fait l'amour, j'ai fait la manche
J'attendais d'être heureux
J'ai fait des chansons, j'ai fait des enfants
J'ai fait au mieux
J'ai fait la gueule, j'ai fait semblant
On fait comme on peut
J'ai fait le con, c'est vrai ; j'ai fait la fête, ouais !
Je croyais être heureux

Mais, y a tous ces soirs sans potes
Quand personne sonne et ne vient
Ces dimanches soir, dans la flotte
Comme un con dans son bain
Essayant de le noyer, mais il flotte
Ce putain de chagrin
Alors, je me chante mes plus belles notes
Et ça ira mieux demain

Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?
Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?

Il est là le bonheur, il est là !
Il est là !
Il est là le bonheur, il est là !
Il est là !

J'ai fait la cour, j'ai fait mon cirque
J'attendais d'être heureux
J'ai fait le clown, c'est vrai et j'ai rien fait
Mais ça ne va pas mieux
J'ai fait du bien, j'ai fait des fautes
On fait comme on peut
J'ai fait des folies, j'ai pris des fous rires, ouais
Je croyais être heureux

Mais, y a tous ces soirs de Noël, où l'on sourit poliment
Pour protéger de la vie cruelle

Tous ces rires d'enfants
Et ces chaises vides qui nous rappellent
Ce que la vie nous prend
Alors, je me chante mes notes les plus belles
C'était mieux avant

Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?
Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?
Il est là le bonheur, il est là !
Il est là !
Il est là le bonheur, il est là !
Il est là !

C'est une bougie, le bonheur
Ris pas trop fort d'ailleurs
Tu risques de l'éteindre
On l'veut le bonheur, on l'veut, ouais !
Tout le monde veut l'atteindre
Mais il fait pas de bruit, le bonheur, non, il fait pas de bruit
Non, il n'en fait pas
C'est con le bonheur, ouais, car c'est souvent après qu'on sait qu'il était là

Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?
Il est où le bonheur, il est où ?
Il est où ?

Il est là le bonheur, il est là !
Il est là !
Il est là le bonheur, il est là !
Il est là !

Mais, il est où le bonheur ?
Il est où le bonheur ?
Il est où ?
Il est où ?

Mais, il est où le bonheur ?
Mais il est là !
Le bonheur, il est là, il est là
Et il est là !
Le bonheur, il est là, il est là