lundi 6 avril 2015

Massimo Donati et Alessandro Leone : "FUORISCENA" FILMSTUDIO90 LE 9 AVRIL à 15 H.








Mauro Gervasini filmtv

Nessuna macchina da presa o telecamera aveva mai raccontato prima d’ora 
l’attività dell’Accademia della Scala, una delle scuole d’arte musicale, e non solo, 
più  importanti del pianeta. Gelosa, anche giustamente, della propria struttura e dei
 metodi d’insegnamento, così straordinari da essere diventati materia di questo film 
presentato  al  Torino Film Festival 2013. Un documentario che si fa “narrativo” quasi 
senza una programmatica intenzione, perché gli studenti prendono possesso della 
sceneggiatura trasformandosi in personaggi, la visione e le esperienze diventano 
spettacolo  puro, senza  margini con la fiction.










Alessandro Leone

interviendra  au FILMSTUDIO90


via De Cristoforis  5

le jeudi 9 avril, à 15 H.

pour  nous présenter son dernier travail


jeudi 2 avril 2015

Marcel Proust 'A la recherche du temps perdu" Le Temps retrouvé : "Un expédient merveilleux de la nature" ... L'édifice immense du souvenir



Tant de foisau cours de ma viela réalité m’avait déçu parce que aumoment  je la percevaismon imagination qui était mon seul organe pourjouir de la beauténe pouvait s’appliquer à elle en vertu de la loi inévitable quiveut qu’on ne puisse imaginer que ce qui est absentEt voici que soudain l’effetde cette dure loi s’était trouvé neutralisésuspendupar un expédient merveilleux de la nature, qui avait fait miroiter une sensation  bruit de lafourchette et du marteaumême inégalité de pavés  à la fois dans le passéce qui permettait à mon imagination de la goûteret dans le présent l’ébranlement effectif de mes sens par le bruitle contact avait ajouté aux rêvesde l’imagination ce dont ils sont habituellement dépourvusl’idée d’existence et grâce à ce subterfuge avait permis à mon être d’obtenird’isoler,d’immobiliser  la durée d’un éclair  ce qu’il n’appréhende jamais : un peude temps à l’état pur. L’être qui était rené en moi quandavec un tel frémissement de bonheurj’avais entendu le bruitcommun à la fois à la cuiller qui touche l’assiette et au marteau qui frappe surla roueà l’inégalité pour les pas des pavés de la cour Guermantes et dubaptistère de Saint-Marccet être- ne se nourrit que de l’essence des choses,en elles seulement il trouve sa subsistanceses délicesIl languit dansl’observation du présent  les sens ne peuvent la lui apporterdans laconsidération d’un passé que l’intelligence lui dessèchedans l’attente d’unavenir que la volonté construit avec des fragments du présent et du passéauxquels elle retire encore de leur réalité ne conservant d’eux que ce quiconvient à la fin utilitaireétroitement humaine qu’elle leur assigneMais qu’unbruitqu’une odeurdéjà entendu et respirée jadis le soient de nouveauà lafois dans le présent et dans le passéréels sans être actuelsidéaux sans êtreabstraitsaussitôt l’essence permanente et habituellement cachée des chosesse trouve libérée et notre vrai moi qui parfois depuis longtempssemblait mort,mais ne l’était pas autrements’éveilles’anime en recevant la célestenourriture qui lui est apportée. Une minute affranchie de l’ordre du temps recréé en nous pour la sentir l’homme affranchi de l’ordre du tempsEt celui-là on comprend qu’il soit confiant dans sa joiemême si le simple goût d’une madeleine ne semble pas contenir logiquement les raisons de cette joieon comprend que le  mot de mort n’ait pas de sens pour lui ; situé hors du temps,que pourrait-il craindre de l’avenir ?













mardi 31 mars 2015

De Vaux-le-Vicomte à Versailles : La naissance de l'absolutisme






L'intérêt montré par mes élèves de V D ESABAC

 pour les événements concernant le surintendant 

de Louis XIV 

 Nicolas  Fouquet  

m'a poussé à cette petite recherche.








Le film de Roberto Rossellini 








VISITE DU CHATEAU DE


 VAUX-LE-VICOMTE























samedi 28 mars 2015

HENRI TACHAN : Pas vieillir, pas mourir.





Voici une très belle chanson d' Henri Tachan

Le mois d'avril approche ...

c'est un mois d'anniversaires


voilà pourquoi 


que je l'offre à Mes Chères Collègues







Je veux avoir le temps d'apprivoiser les mouches,
Je veux l'Eternité pour apprendre ta bouche,
Je veux voir les saisons minute par minute,
Brindille par brindille tout le bois de ma hutte.
Je veux, chaque seconde, connaître une habitude,
Comme un chien familier, comme la solitude,
Je veux me coucher là et n'être pas rentable,
Je veux vivre la vie d'une pierre, d'une table,
Sans suspense, sans destin, sans crainte, sans dénouement,
Je veux avoir le temps de perdre tout mon temps.


Je ne veux pas vieillir, je ne veux pas mourir, je n'veux pas !


Je veux que tu sois belle et que tu brûles ailleurs,
Comme une bête en feu sans que j'aie ni douleur
Ni jalousie ni haine ni fierté pour rien,
Je ne veux plus, familles, votre orgueil sicilien,
Je veux avoir le temps de simplifier nos corps.
Cette fille qui passe, il me la faut encore,
Cet étranger te plaît et c'est épidermique,
Je veux avoir le temps de comprendre cette musique,
Je veux avoir le temps de ne plus avoir mal,
Je veux avoir le temps d'être enfin animal.


Je ne veux pas vieillir, je ne veux pas mourir, je n'veux pas !



Je veux des barricades qui servent à quelque chose,
Que près des immortelles, elles vivent, les roses,
Je veux que les enfants ne soient plus des victimes,
Qu'on raye des dictionnaires "bombarde", "tue", "assassine",
Je veux que la Raison n'ait plus droit de cité,
Qu'"intelligent", "malin" deviennent inusités,
Je veux avoir le temps de faire vingt ans de taule,
Cent ans de poésie, mille ans sur ton épaule,
Je veux avoir le temps d'être ni vieux ni sage,
Je veux avoir le temps d'être l'idiot du village.


Je ne veux pas vieillir, je ne veux pas mourir, je n'veux pas !


Fabio Scotto "Yves Bonnefoy e l’Italia", Sala Varesecorsi di Piazza Motta a Varese





Fabio Scotto 

"Yves Bonnefoy e l’Italia"

Un incontro della Dante Alighieri


La Società Dante Alighieri di Varese in collaborazione 
con il Comune di Varese organizza lunedì, 30 marzo 2015
 alle ore 16, presso la Sala Varesecorsi di Piazza Motta a
 Varese, l’incontro sul tema: “Yves Bonnefoy e l’Italia. 
Saggi, traduzioni e poesie”.  Il relatore dell’incontro
 è il  poeta Fabio Scotto, docente di Letteratura francese 
presso l’Università degli studi di Bergamo. Fabio Scotto 
è stato curatore dell’ampio Meridiano Mondadori dedicato
 al poeta francese.






Fabio Scotto est né à La Spezia en 1959 et vit à Varèse en Italie. Poète, il est l’auteur de huit recueils et de nombreux livres d’artiste et ses poèmes ont été traduits en une dizaine de langues. En français ont paru les recueils Piume/Plumes/Federn, Éditions En Forêt / Verlag Im Wald, 1997,Voix de la vue, Hôtel Continental, 2002, Le corps du sable, L’Amourier, 2006 (Finaliste au Prix “Max Jacob étranger” 2007), Les nuages, le vent. Poésies de Ségaliérette, Manière Noire éditeur, 2006,L’ivre mort, Trames, 2007, des poèmes dans les revues AUBE Magazine, Le Guide céleste, Correspondances, Travers, L’Humanité, Europe, Aujourd’hui poème, Scherzo, Le frisson esthétique, Thauma, Exit, ainsi que les éditions qu’il a procurées du Cahier Yves Bonnefoy de la revue Europe (n°890-891, 2003) et du Colloque de Cerisy Bernard Noël: le corps du verbe (ENS éditions, 2008).
Professeur de langue et de littérature françaises à l’Université de Bergame, spécialiste de l’oeuvre de Bernard Noël et d’Yves Bonnefoy, il est l’auteur des essais Le Neveu de Rameau de Denis Diderot(1992), Bernard Noël: il corpo del verbo (1995) et de nombreux articles et communications sur Tardieu, Michon, Michaux, Cendrars, Ponge, Bonnefoy, Frénaud, Cioran et d’autres. Il a traduit une trentaine d’ouvrages, parmi lesquels Chatterton d’Alfred de Vigny, Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (préface d’Umberto Eco), les Premières poésies de Villiers de l’Isle-Adam, L’opera poeticad’Yves Bonnefoy pour Mondadori, plusieurs livres de Bernard Noël et a récemment édité et traduit une importante anthologie de la nouvelle poésie française (Nuovi poeti francesi, Einaudi, 2011).Il a reçu en Italie les Prix de traduction littéraire “Civitanova Poesia 1998”, “Achille Marazza 2004” et le Prix Spécial du jury du “Premio Europeo 2006”.





Yves Bonnefoy










jeudi 26 mars 2015

Marcel Proust "La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature"




"Les musées sont des maisons 
qui abritent seulement des pensées"

in Rembrandt  
Marcel Proust "Essais et critiques" ED. folio essais 1971




La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule 
vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature.
 Cette vie qui en un sens, habite à chaque instant chez 
tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais ils 
ne la voient pas parce qu'ils ne cherchent pas à l'éclaircir. 
Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables clichés 
qui restent inutiles parce que l'intelligence ne les a pas 
«développés». Notre vie, et aussi la vie des autres, car 
le style pour l'écrivain aussi bien que la couleur pour le 
peintre est une question non de technique, mais de vision.
 Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens 
directs et conscients de la différence qualitative qu'il y a 
dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui,
 s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret éternel de chacun.
Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce 
que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que 
le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi 
inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce 
à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le 
voyons se multiplier et autant qu'il y a d'artistes originaux, 
autant nous avons de mondes à notre disposition, plus 
différents les uns des autres que ceux qui roulent dans 
l'infini, et bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont
 il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous 
envoient encore leur rayon spécial.


Marcel Proust, À la recherche du temps perdu III, 
Le Temps Retrouvé, 
 p. 891 Ed. Bibliothèque de la Pléiade,
 Gallimard