dimanche 7 septembre 2014

ESABAC Epreuve Littérature 2012








Gino Severini, Canon en action (1915).



  Voici les sujets des épreuves ESABAC 2012

de Littérature Française,

 que vous pourrez bien retrouver sur le site

de VIZAVI en  PDF










ESB1 - ESAMI DI STATO DI LICEO INTERNAZIONALE


CORSO SPERIMENTALE
SEZIONI AD OPZIONE INTERNAZIONALE FRANCESE
SEZIONI DI LICEO CLASSICO EUROPEO
  La seguente prova di esame è costituita da una prova di lingua e letteratura francese
e da una prova di storia in lingua francese. La somministrazione della prova di storia
deve  avvenire dopo l’effettuazione della prova scritta di lingua e letteratura francese.


Prova di: LINGUA E LETTERATURA FRANCESE


Svolga il candidato una delle seguenti prove a scelta tra:
a)                  analisi di un testo
b)                  saggio breve




a)        analisi di un testo
  
Dopo avere letto il testo rispondete alle domande e elaborate una riflessione personale sul tema proposto.
  
Paul Eluard, «La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur…»,

Capitale de la douleur (1926)


La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.       5
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,   10
  
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît [1] toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.      15

[1] gȋt:  repose

COMPREHENSION
  
1.      Sur quelle figure géométrique se construit  ce poème ?
2.      A qui le poète s’adresse-t-il ? Repérez et analysez les marques de l’énonciation.
3.      Repérez et  étudiez les mots et expressions appartenant au  champ lexical de la lumière.




INTERPRETATION

1.      Comment  le poète relie-t-il le regard  de la femme à la nature et au cosmos ?
2.      En quoi peut-on parler d’un éloge amoureux ? Démontrez que la forme et  le contenu  de ce poème se font écho à cette fin.

REFLEXION PERSONNELLE

En évoquant l’être aimé, souvent  les poètes s’adressent  en même temps à l’humanité. Développez ce thème en vous appuyant aussi sur d’autres œuvres poétiques que vous avez lues (300 mots environ).



b)saggio breve

Dopo avere analizzato l’insieme dei documenti, formulate un saggio breve in riferimento al tema posto (circa 600 parole).

A la croisée des arts : peindre avec les mots, écrire avec la peinture …

Documento 1 

Un vieillard1 vint à monter l’escalier. À la bizarrerie de son costume, à la magnificence de son rabat de dentelle, à la prépondérante sécurité de la démarche, le jeune homme2devina dans ce personnage ou le protecteur ou l’ami du peintre3 ; il se recula sur le palier pour lui faire place, et l’examina curieusement, espérant trouver en lui la bonne nature d’un artiste ou le caractère serviable des gens qui aiment les arts ; mais il aperçut quelque chose de diabolique dans cette figure, et surtout ce je ne sais quoi qui affriande4 les artistes. Imaginez un front chauve, bombé, proéminent, retombant en saillie sur un petit nez écrasé, retroussé du bout comme celui de Rabelais ou de Socrate ; une bouche rieuse et ridée, un menton court, fièrement relevé, garni d’une barbe grise taillée en pointe, des yeux vert de mer ternis en apparence par l’âge, mais qui par le contraste du blanc nacré dans lequel flottait la prunelle devaient parfois jeter des regards magnétiques au fort de la colère ou de l’enthousiasme. Le visage était d’ailleurs singulièrement flétri par les fatigues de l’âge, et plus encore par ces pensées qui creusent également l’âme et le corps. Les yeux n’avaient plus de cils, et à peine voyait-on quelques traces de sourcils au-dessus de leurs arcades saillantes. Mettez cette tête sur un corps fluet et débile5, entourez-la d’une dentelle étincelante de blancheur et travaillée comme une truelle à poisson6, jetez sur le pourpoint7 noir du vieillard une lourde chaîne d’or, et vous aurez une image imparfaite de ce personnage auquel le jour faible de l’escalier prêtait encore une couleur fantastique. Vous eussiez dit d’une toile de Rembrandt  marchant silencieusement et sans cadre dans la noire atmosphère que s’est appropriée ce grand peintre.

Honoré de BalzacLe Chef-d’œuvre inconnu (1831).
_______________________________________________
1Il s’appelle Frenhofer.
2Il s’agit de Nicolas Poussin, un jeune peintre ambitieux, qui vient d’arriver à Paris en 1612.
3Ce peintre s’appelle Maître Porbus, c’est chez lui qui se rend N. Poussin.
4Affriande : séduit
5Débile : faible
6Truelle à poisson : spatule coupante pour servir le poisson.
7Pourpoint : vêtement du haut porté à l’époque par les hommes.



Documento 2
   


Guillaume Apollinaire, « Du coton dans les oreilles», Calligrammes (1918).


Documento 3 

Il1 mourut dans les circonstances suivantes : Une crise d'urémie assez légère était cause qu'on lui avait prescrit le repos. Mais un critique ayant écrit que dans la Vue de Delft de Ver Meer2(prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu'il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu'il ne se rappelait pas) était si bien peint qu'il était, si on le regardait seul, comme une précieuse œuvre d'art chinoise, d'une beauté qui se suffirait à elle-même, Bergotte mangea quelques pommes de terre, sortit et entra à l'exposition. Dès les premières marches qu'il eut à gravir, il fut pris d'étourdissements. Il passa devant plusieurs tableaux et eut l'impression de la sécheresse et de l'inutilité d'un art si factice, et qui ne valait pas les courants d'air et de soleil d'un palazzo de Venise ou d'une simple maison au bord de la mer. Enfin il fut devant le Ver Meer, qu'il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu'il connaissait, mais où, grâce à l'article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu'il veut saisir, au précieux petit pan de mur. " C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune".

   
Marcel Proust,  La Prisonnière  (1923).
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1  Il s’agit de Bergotte, écrivain inconnu qui incarne le romancier type de la Recherche.
2 Peintre néerlandais que Proust  considérait comme le plus grand peintre de tous les temps. La Vue de Delft était pour l’écrivain «  le plus beau tableau du monde ».

  
  
Documento 4
  

7. […] L’analogia non è altro che l’amore profondo che collega le cose distanti, apparentemente diverse ed ostili. Solo per mezzo di analogie vastissime uno stile orchestrale, ad un tempo policromo, polifonico e polimorfo, può abbracciare la vita della materia.
Quando, nella mia Battaglia di Tripoli, ho paragonato una trincea irta di baionette a un’orchestra, una mitragliatrice a una donna fatale, ho introdotto intuitivamente una gran parte dell’universo in un breve episodio di battaglia africana.
 Le immagini non sono fiori da scegliere e da cogliere con parsimonia, come diceva Voltaire. Esse costituiscono il sangue stesso della poesia. La poesia deve essere un seguito ininterrotto d’immagini nuove, senza di che non è altro che anemia e clorosi.
Quanto più le immagini contengono rapporti vasti, tanto più a lungo esse conservano la loro forza di stupefazione. Bisogna - dicono - risparmiare la meraviglia del lettore. Eh! via! Curiamoci, piuttosto, della fatale corrosione del tempo, che distrugge non solo il valore espressivo di un capolavoro, ma anche la sua forza di stupefazione. Le nostre orecchie troppe volte entusiaste non hanno forse già distrutto Beethoven e Wagner? Bisogna dunque abolire nella lingua ciò che essa contiene in fatto d’immagini stereotipate, di metafore scolorite, e cioè quasi tutto.
8. Non vi sono categorie d’immagini, nobili o grossolane, eleganti o volgari, eccentriche o naturali. L’intuizione che le percepisce non ha né preferenze né partiti-presi. Lo stile analogico è dunque padrone assoluto di tutta la materia e della sua intensa vita.

F.T. Marinetti,  Manifesto tecnico della letteratura futurista (1912).

7. […] L'analogie n'est que l'amour immense qui rattache les choses distantes, apparemment différentes et hostiles. C'est moyennant des analogies très vastes que ce style orchestral, à la fois polychrome, polyphonique et polymorphe, peut embrasser la vie de la matière.
Quand, dans ma Bataille de Tripoli, j'ai comparé une tranchée hérissée de baïonnettes à un orchestre, une mitrailleuse à une femme fatale, j'ai introduit intuitivement une grande partie de l'univers dans un court épisode de bataille africaine.
Les images ne sont pas des fleurs à choisir et à cueillir avec parcimonie, comme le disait Voltaire. Elles constituent le sang même de la poésie. La poésie doit être une suite ininterrompue d'images neuves, sans quoi elle n'est qu’anémie et chlorose.
Plus les images contiennent de rapports vastes, plus elles gardent long­temps leur force ahurissante. Il faut ménager, dit-on, la stupeur du lecteur. Ah ! Bah ! Soucions-nous plutôt de la fatale corrosion du temps qui détruit non seule­ment la valeur expressive d'un chef-d'œuvre, mais aussi sa force ahurissante. Nos oreilles trop de fois enthousiastes n'ont-elles pas usé Beethoven et Wagner ? Il faut donc abolir dans la langue ce qu'elle contient d'images-clichés, de méta­phores décolorées, c'est-à-dire presque tout.
8. Il n'y a pas des catégories d'images, nobles ou grossières, élégantes ou basses, excentriques ou naturelles. L'intuition qui les perçoit n'a pas de préférences ni de parti pris. Le style analogique est donc le maître absolu de toute la matière et de sa vie intense.
F.T. Marinetti,  Manifeste technique de la littérature futuriste (1912).



Gino Severini, Canon en action (1915).
Dans ce tableau Severini a voulu montrer toute l’atrocité de la première guerre mondiale. Les mots, à ce propos,  recouvrent l’image et la complètent puisqu’elle ne peut, à elle seule, rendre l’expérience totale de la violence du tir d’un canon. La disposition des mots en trajectoires linéaires souligne l’orientation dynamique des formes; les onomatopées étirent les mots et  les font résonner.








ESABAC Epreuve Histoire 2011




ESB1 - ESAMI DI STATO DI LICEO INTERNAZIONALE

Prova di: STORIA IN LINGUA FRANCESE
Svolga il candidato una delle seguenti prove a scelta tra:
a)     Composizione
b)    Studio e analisi di un insieme di documenti
a) Composizione
Les conséquences de la Guerre Froide en Europe (1947-1989) (600 mots environ).
b) Studio e analisi di un insieme di documenti
Le Plan Marshall, une aide économique ou une arme politique?
Dopo avere analizzato l’insieme dei documenti proposti:
a) Rispondete alle domande della prima parte dell’esercizio.
b) Formulate una risposta organica in riferimento al tema posto.
Dossier documentaire :
Document 1: Discours de G. C. Marshall à l’université de Harvard le 5 juin 1947 (Extraits).
Document 2: La répartition des aides américaines par pays et par secteur (1948-1952).
Document 3: While The Shadow Lengthens (Tandis que l’ombre s’étend – caricature d’Edwin Marcus, 1948).
Document 4: La réponse soviétique au Plan Marshall – 2 juillet 1947 (Extraits).
Document 5 : Affiches contre et pour le Plan Marshall (1950).
Première partie
Analysez l'ensemble documentaire et répondez aux questions:
1)  Quels sont les objectifs du Plan Marshall? (documents 1 et 2)
2)  Comment la caricature d’Edwin Marcus présente-t-elle les dangers évoqués par George Marshall dans son discours? (documents 1 et 3)
3)  Quelles sont les réactions à l’offre américaine? (documents 4 et 5)
Deuxième partie
A l'aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet: « Le Plan Marshall, une aide économique ou une arme politique? » (300 mots environ)
Document 1 : Discours de G. C. Marshall à l’université de Harvard le 5 juin 1947 (Extraits)
[…]  La vérité, c'est que les besoins de l'Europe en produits alimentaires et autres produits essentiels, essentiellement de l'Amérique, au cours des trois ou quatre années à venir dépassent à ce point sa capacité de paiement, qu'elle a besoin d'une aide supplémentaire importante si on veut lui éviter de graves troubles économiques, sociaux et politiques.
[…] Il est logique que les États-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser le retour du monde à une santé économique normale sans laquelle il ne peut y avoir ni stabilité politique ni paix assurée.
Notre politique n'est dirigée contre aucun pays, ni doctrine, mais contre la faim, la pauvreté, le désespoir et le chaos. Son but devrait être le rétablissement d'une économie mondiale saine de façon à permettre le retour à des conditions politiques et sociales dans lesquelles peuvent exister des institutions libres. [...] De plus, les gouvernements, partis politiques ou groupements qui cherchent à perpétuer la misère humaine pour en profiter politiquement ou autrement, rencontreront l'opposition des Etats-Unis. […]
Document 2 : La répartition des aides américaines par pays et par secteur (1948-1952)





Document 3 : Edwin Marcus (1885-1961), While The Shadow Lengthens (Tandis que l’ombre s’étend), caricature publiée sur le New York Times, 14 mars 1948






Document 4 : La réponse soviétique au Plan Marshall
Le ministre soviétique des Affaires Etrangères, Molotov, fait savoir le 2 juillet 1947 aux puissances occidentales que l’Union Soviétique refuse une organisation européenne qui répartirait l’aide américaine.

   Il apparaît très clairement, au vu des tâches qui sont confiées à cette organisation ou au « comité d’organisation », que les Pays européens se trouveraient placés sous contrôle et perdraient leur indépendance nationale et économique, parce que cela convient à certaines grandes puissances […] Où cela va-t-il mener?
   Aujourd’hui on pourrait faire pression sur la Pologne pour qu’elle produise plus de charbon, même au détriment d’autres secteurs de son industrie, parce c’est dans l’intérêt de certains Pays européens; demain on dira que la Tchécoslovaquie doit augmenter sa production agricole et réduire son industrie d’équipement et on lui proposera des machines en provenance d’autres Pays européens désireux de vendre des biens à des prix plus élevés.
Source: Histoire/Geschicte, Manuel franco-allemand, Klett-Nathan 2006

Document 5:  Affiches contre et pour le Plan Marshall




 

         
 Affiche du Parti Communiste Français                      Affiche pour le Plan Marshall, réalisée par la Haute-
 (vers 1950) Commission alliée (organe suprême des trois alliés occidentaux en RFA), 1950



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Durata massima della prova di storia in lingua francese: 2 ore.
È consentito soltanto l’uso di dizionari monolingue.






ESABAC Epreuve Littérature 2011





ESB1 - ESAMI DI STATO DI ISTRUZIONE SECONDARIA SUPERIORE


SEZIONI ESABAC
La seguente prova di esame è costituita da una prova di lingua e letteratura francese e da una prova di storia in lingua francese. La somministrazione della prova di storia deve avvenire dopo l’effettuazione della prova scritta di lingua e letteratura francese.
Prova di: LINGUA E LETTERATURA FRANCESE
Svolga il candidato una delle seguenti prove a scelta tra:
a)     analisi di un testo
b)    saggio breve
a)             analisi di un testo
Dopo avere letto il testo rispondete alle domande e elaborate una riflessione personale sul tema proposto.
Émile Zola : Au bonheur des dames (1883)
Et Mouret[1] regardait toujours son peuple de femmes au milieu de ces flamboiements. Les ombres noires s'enlevaient avec vigueur sur les fonds pâles. De longs remous brisaient la cohue, la fièvre de cette journée de grande vente passait comme un vertige, roulant la houle désordonnée des têtes. On commençait à sortir, le saccage des étoffes jonchait les comptoirs, l'or sonnait dans les caisses, tandis que la clientèle, dépouillée, violée, s'en allait à moitié défaite, avec la volupté assouvie et la sourde honte d'un désir contenté au fond d'un hôtel louche. C'était lui qui les possédait de la sorte, qui les tenait à sa merci, par son entassement continu de marchandises, par sa baisse des prix et ses rendus[2], sa galanterie et sa réclame. Il avait conquis les mères elles-mêmes, il régnait sur toutes avec la brutalité d'un despote, dont le caprice ruinait des ménages. Sa création apportait une religion nouvelle, les églises que désertait peu à peu la foi chancelante étaient remplacées par son bazar, dans les âmes inoccupées désormais. La femme venait passer chez lui les heures vides, les heures frissonnantes et inquiètes qu'elle vivait jadis au fond des chapelles : dépense nécessaire de passion nerveuse, lutte renaissante d'un dieu contre le mari, culte sans cesse renouvelé du corps avec l'au-delà divin de la beauté. S'il avait fermé ses portes, il y aurait eu un soulèvement sur le pavé[3], le cri éperdu des dévotes auxquelles on supprimerait le confessionnal et l'autel.
COMPREHENSION 
1. Dans ce texte qui évoque les soldes dans un grand magasin, relevez et analysez le champ lexical du désir.
2. Mettez en évidence, en vous appuyant sur les expressions du texte, le rapprochement entre la fréquentation du grand magasin et celle des églises.
3. Relevez et analysez la métaphore filée qui caractérise les relations que Mouret entretient avec les femmes.
INTERPRETATION 
1.   Le texte offre une vision particulière de l’univers féminin : quelles critiques le narrateur lui adresse-t-il?
2.   En quoi le registre de ce texte est-il épique? Quelle est la fonction de ce registre?
REFLEXION PERSONNELLE
Zola est un des premiers écrivains à pressentir dans la société de son temps l'avènement du culte de la consommation. Développez une réflexion personnelle sur ce thème, en faisant éventuellement référence à d’autres œuvres littéraires que vous avez lues (300 mots environ).
b)    saggio breve
Dopo avere analizzato l’insieme dei documenti, formulate un saggio breve in riferimento al tema posto (circa 600 parole).
La tentation de l’ailleurs : voyage réel, voyage imaginaire
Documento 1
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui-là1 qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge.

Quand reverrai-je, hélas! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province et beaucoup davantage?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

Plus mon Loire2 gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré3 que le mont Palatin
Et plus que l’air marin la douceur angevine.

Joachim Du Bellay,« Heureux qui comme Ulysse… », Les Regrets (1558).
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1.« celui-là ».
2. Le nom du fleuve était masculin au XVIème siècle.
3. Village natal de Du Bellay.

Documento 2
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal1;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur!

Arthur Rimbaud, « Ma Bohème », Poésies  (1871).
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1. féal : partisan, ami dévoué et fidèle


Documento 3
Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu'il guérirait à côté de la fenêtre. Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.
« Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d'habiter Lisbonne? Il doit y faire chaud et tu t'y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l'eau; on dit qu'elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal qu'il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir! »
Mon âme ne répond pas.
« Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l'image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons? »
Mon âme reste muette. […]
 « En es-tu donc venue à ce point d’engourdissement que tu ne te plaises que dans ton mal? S'il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. - Je tiens notre affaire, pauvre âme! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l’extrême bout de la Baltique; encore plus loin de la vie, si c'est possible; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu’obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d'un feu d’artifice de l’Enfer! »
Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie: « N'importe où! n' importe où! pourvu que ce soit hors de ce monde! »
Charles Baudelaire, « Anywhere out of the world (N'importe où hors du monde) », Petits poèmes en prose, (1862).

Documento 4
 […] Quando (90)
mi diparti' da Circe, che sottrasse
me più d'un anno là presso a Gaeta,
prima che sì Enea la nomasse, (93)

né dolcezza di figlio, né la pieta
del vecchio padre, né 'l debito amore
lo qual dovea Penelopé far lieta, (96)

vincer potero dentro a me l'ardore
ch'i' ebbi a divenir del mondo esperto
e de li vizi umani e del valore; (99)

ma misi me per l'alto mare aperto
sol con un legno e con quella compagna
picciola da la qual non fui diserto. (102)

L'un lito e l'altro vidi infin la Spagna,
fin nel Morrocco, e l'isola d'i Sardi,
e l'altre che quel mare intorno bagna. (105)

Io e ' compagni eravam vecchi e tardi
quando venimmo a quella foce stretta
dov' Ercule segnò li suoi riguardi (108)

acciò che l'uom più oltre non si metta;
da la man destra mi lasciai Sibilia,
da l'altra già m'avea lasciata Setta. (111)

"O frati", dissi "che per cento milia
perigli siete giunti a l'occidente,
a questa tanto picciola vigilia (114)

d'i nostri sensi ch'è del rimanente
non vogliate negar l'esperienza,
di retro al sol, del mondo sanza gente. (117)

Considerate la vostra semenza:
fatti non foste a viver come bruti,
ma per seguir virtute e canoscenza".
(120)

Dante Alighieri,  « Inferno »  (Canto XXVI), La Divina Commedia.

« … Quand je quittai Circé, qui me retint caché plus d’un an, là, près de Gaëte, avant qu’ainsi Énée la nommât, ni la douce pensée de mon fils, ni la piété envers mon vieux père, ni l’amour qui devait être la joie de Pénélope, ne purent vaincre en moi l’ardeur d’acquérir la connaissance du monde, et des vices des hommes, et de leurs vertus. Mais, sur la haute mer de toutes parts ouverte, je me lançai avec un seul vaisseau, et ce petit nombre de compagnons qui jamais ne m’abandonnèrent. L’un et l’autre rivage je vis, jusqu’à l’Espagne et jusqu’au Maroc, et l’île de Sardaigne, et les autres que baigne cette mer. Moi et mes compagnons nous étions vieux et appesantis, quand nous arrivâmes à ce détroit resserré où Hercule posa ses bornes, pour avertir l’homme de ne pas aller plus avant : je laissai Séville à ma droite; de l’autre déjà Septa  m’avait laissé. Alors je dis: « O frères, qui, à travers mille périls, êtes parvenus à l’Occident, suivez le soleil, et à vos sens à qui reste si peu de veille, ne refusez l’expérience du monde sans habitants. Pensez à ce que vous êtes: point n’avez été faits pour vivre comme des brutes, mais pour rechercher la vertu et la connaissance ».

Traduction de Lamennais, 1855 (éd. de 1883).


Documento 5
« Le globe terrestre » Affiche  de J. Hetzel  éditeur des « Voyages extraordinaires » de Jules Verne (1890).
Jules Verne le dit lui-même: ses Voyages Extraordinaires sont des «romans géographiques» dont le but est de «peindre […] le monde entier sous la forme du roman, en imaginant des aventures spéciales à chaque pays, en créant des personnages spéciaux  aux milieux où ils agissent » (Souvenirs d’enfance et de jeunesse, écrits en 1890, Cahiers du Musée Jules Verne, Nantes, 1990). L’écrivain avait même exigé de son éditeur Hetzel que ses livres incluent des cartes géographiques pour aider le lecteur à suivre les tribulations de ses héros.








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Durata massima della prova di lingua e letteratura francese: 4 ore.
È consentito soltanto l’uso di dizionari monolingue.










[1] Octave Mouret dirige le grand magasin "Au bonheur des dames".
[2] marchandise qui a été rapportée au vendeur.
[3] dans la rue.