« Je préfère idéaliser le réel, sinon
pourquoi aller au cinéma ? »
Jacques Demy
SYNOPSIS
Il était une fois un garçon, élevé dans un
garage où tout le monde aimait chanter. C'était en 1939, il avait 8 ans, il
aimait les marionnettes et les opérettes. Puis il a voulu faire du cinéma
mais son père lui a fait étudier la mécanique. C'est de Jacques DEMY qu'il s'
agit et de ses souvenirs. C'est une enfance heureuse qui nous est contée,
malgré les évènements de la guerre et de l'après-guerre.
« Il était une fois un petit garçon élevé
à Nantes dans un garage où tout le monde aimait chanter. C’était en 1939. Il
avait huit ans, il aimait les marionnettes et les opérettes. Puis il a voulu
faire du cinéma, mais son père lui a fait étudier la mécanique. » Agnès
Varda, la réalisatrice, fait la chronique des jeunes années du cinéaste Jacques
Demy et de son petit frère. La maman est coiffeuse, le papa, garagiste. Reine
la petite voisine sait faire le grand écart. Jacquot n’a qu’une idée : le
cinéma. En voir et en faire. Agnès Varda nous conte ainsi le temps qui passe
jusqu’à l’adolescence : la guerre, l’arrivée fracassante de la « tante de Rio
», le séjour chez le sabotier, la descente aux abris, les jeux, les premières
amours, la première pellicule trouvée dans une décharge. Puis la première caméra,
et le premier film. L’histoire d’une vocation : être un cinéaste. Tels les
cailloux du petit Poucet, les extraits des films que Jacques Demy a tournés par
la suite, jalonnent les souvenirs du Jacquot qu’il a été, au temps de Nantes,
le temps de l’enfance.
Emmanuel
Finkiel adapte le livre de l'écrivain, qui évoquait l'absence de son mari
arrêté par les Allemands.
Marguerite
Duras commence à écrire ses Cahiers de la guerre alors que son
mari, Robert Antelme, résistant, a été arrêté en juin 1944. Après le retour de
déportation de ce dernier, en avril 1945, elle poursuit ce Journal qui relate «
sa douleur » au moment de cette disparition. C'est à partir de ce Journal que,
en 1980, Marguerite Duras, désormais célèbre, écrit La Douleur,
publié en 1985 (Hachette-POL), se nourrissant de ses notes et des faits
historiques qu'elle a vécus à la fin de l'Occupation et lors de la Libération
de Paris.
Emmanuel Finkiel
s’était signalé en 1995 par un court métrage bouleversant de finesse et de
sensibilité, Madame Jacques sur la croisette. On y découvrait la façon
de filmer très personnelle d’un jeune réalisateur qui fut l’assistant des plus
grands, Kieslowski, Tavernier, Godard. Et sa prédilection pour les portraits de
comédiens âgés, tels que Shulamit Adar et Nathan Cogan, qui sont également des
protagonistes du film suivant, Voyages.
Ce film était
consacré à ces vieillards étonnants qui peuplent encore les cafés de Tel Aviv,
rescapés des camps, naufragés de la diaspora, orphelins de l’histoire. Le
cinéaste y met en scène trois femmes en quête de souvenirs dans trois récits
différents situés sur la route d’Auschwitz, à Paris et à Tel Aviv. Chacune
d’elles essaie de reconstituer le puzzle d’une mémoire lacunaire. Chacune d’elles est liée aux deux autres.
Face
à la cheminée, le téléphone, il est à côté de moi. A droite, la porte du salon
et le couloir. Au fond du couloir, la porte d'entrée. Il pourrait revenir
directement, il sonnerait à la porte d'entrée : " Qui est là. - C'est moi.
" Il pourrait également téléphoner dès son arrivée dans un centre de
transit : " Je suis revenu, je suis à l'hôtel Lutetia pour les
formalités." Il n'y aurait pas de signes avant-coureurs. Il téléphonerait.
Il arriverait. Ce sont des choses qui sont possibles. Il en revient tout de
même. Il n'est pas un cas particulier. Il n'y a pas de raison particulière pour
qu'il ne revienne pas. Il n'y a pas de raison pour qu'il revienne. Il est
possible qu'il revienne. Il sonnerait : " Qui est là. - C'est moi."
Il y a bien d'autres choses qui arrivent dans ce même domaine. Ils ont fini par
franchir le Rhin. La charnière d'Avranches a fini par sauter. Ils ont fini par
reculer. J'ai fini par vivre jusqu'à la fin de la guerre. Il faut que je fasse
attention : ça ne serait pas extraordinaire s'il revenait. Ce serait normal. Il
faut prendre bien garde de ne pas en faire un événement qui relève de
l'extraordinaire. L'extraordinaire est inattendu. Il faut que je sois
raisonnable : j'attends Robert L. qui doit revenir."
L'œuvre de Duras est intimement liée à sa vie, à
son histoire et à notre « Histoire » aussi, parfois. Certaines de ses œuvres
constituent une réécriture de soi. Les trois romans qui témoignent le mieux de
cela sont Un barrage contre le Pacifique, L'Amant et L'Amant
de la Chine du Nord mais aussi La Douleur, un recueil de
nouvelles paru pour la première fois en 1985 chez P.O.L. Ce recueil compte six
nouvelles : « La douleur », « Monsieur X dit Pierre Rabier », « Albert des
Capitales », « Ter le milicien », « L'ortie brisée » et « Aurélia Paris ».
Ce
livre est un recueil de textes écrits pendant les années de la Deuxième Guerre
Mondiale. Dans la deuxième partie de l'ouvrage, cinq récits que l'auteur
présente, situe dans leur contexte d'écriture par rapport à leur publication
tardive; dans la première partie, le journal, ce journal de La
douleur.
Avril 1945, les
nouvelles de fin de guerre affluent, l'avancée des armées américaines et
russes, les villes allemandes prises, Berlin bombardé, les rumeurs d'armistice,
les camps libérés, Paris qui s'installe dans la paix, dans l'avenir... Et
Marguerite Duras attend le retour de son mari Robert Antelme, épousé en 1939,
déporté.
Une
recette éprouvée, des personnages à croquer, des gags délicieux et une
réflexion légèrement piquante font de ce plat du chef un mets raffiné.
L’argument : Rémy
est un jeune rat qui rêve de devenir un grand chef français. Ni l’opposition de
sa famille, ni le fait d’être un rongeur dans une profession qui les déteste ne
le démotivent. Rémy est prêt à tout pour vivre sa passion de la cuisine... et
le fait d’habiter dans les égouts du restaurant ultra coté de la star des
fourneaux, Auguste Gusteau, va lui en donner l’occasion ! Malgré le danger
et les pièges, la tentation est grande de s’aventurer dans cet univers
interdit. Ecartelé entre son rêve et sa condition, Rémy va découvrir le vrai
sens de l’aventure, de l’amitié, de la famille... et comprendre qu’il doit
trouver le courage d’être ce qu’il est : un rat qui veut être un grand
chef...
Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un
dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque
aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se
révéler aussi dangereuse que spectaculaire
Depuis Bernie, Dupontel fait le portrait de marginaux auxquels la
société refuse obstinément de faire une place. On ne veut pas d’eux ? Qu’à
cela ne tienne, ils vont imposer leur loi. C’est précisément l’objet d’Au revoir là-haut
qui traite de la question du retour à la vie civile des soldats de la Grande
Guerre. Mutilés, un peu dérangés, plus tout à fait les mêmes, ces pauvres
bougres ne reçurent pas un accueil à la hauteur de leurs sacrifices. Pour le
prolo intrépide Albert et l’aristo défiguré Edouard, liés à jamais (le second a
perdu son visage en sauvant le premier), la survie passe par la “mode”
florissante de l’arnaque à la mémoire : les deux larrons vont vendre sur
catalogue des faux monuments aux morts. En parallèle, l’instrument de leur
déchéance, l’ignoble ex-capitaine Pradelle, capitalise, avec l’aval de l’état,
sur le commerce de cercueils vides censés contenir les dépouilles de soldats
disparus rendues à leurs familles… Du pur Dupontel, un peu voyou, politiquement
incorrect, grotesque, édifiant. L’acteur-réalisateur, impeccable dans le rôle
d’Albert, s’empare de ce sujet en or -hélas authentique- qu’il passe à la
moulinette de son mauvais esprit avec ce sens viscéral de la justice sociale
qui l’anime. Zorro meets Tex Avery comme d’habitude, mais
aussi, cette fois, Eugène Sue. Car Au revoir là-haut est avant
tout un grand film feuilletonesque, qui fait revivre un Paris interlope où rôde
le masque de la Mort que symbolise Edouard, l’homme sans visage, paré de
masques extravagants, au passé mystérieux et à la voix d’outre-tombe. Une sorte
de Belphégor bienveillant, traversé de zones d’ombres, que Dupontel couve de sa
caméra, conscient de tenir là le personnage le plus romanesque de sa filmo.
L’auteur de Bernie fait le pari d’adapter le Goncourt 2013.Entre
burlesque et mélo, une fresque insolente sur le destin de deux poilus devenus
escrocs.
Pour Albert
Dupontel, l’adaptation d’Au revoir là-haut constituait un pari
risqué. Question de budget, d’abord : la reconstitution de la Première Guerre
mondiale puis des Années folles est, en terme de logistique, sans commune
mesure avec les comédies contemporaines réalisées jusqu’alors par l’auteur
de Bernie. Question de sujet, ensuite : comment
l’acteur-réalisateur, créateur de scénarios originaux, allait-il se débrouiller
avec les mots, l’imagination foisonnante d’un autre ?
Paris risqué mais
gagné. Il n’y a qu’une scène de combat, mais c’est l’une des plus
impressionnantes jamais vues sur les tranchées. La richesse et la beauté des
décors et des costumes ne figent jamais le film. Et Dupontel réussit à être
fidèle à l’esprit — et souvent à la lettre — du livre de Pierre Lemaître, tout
en l’incorporant à son propre univers.
En 1671, Francois Vatel est l'intendant fidèle et dévoué
d'un prince de Condé fier mais vieillissant et ruiné qui cherche a regagner les
faveurs du roi Louis XIV, et à se voir confier le commandement d'une campagne
militaire contre les Hollandais. Pour l'occasion, Condé, qui ne se soumet
jamais a personne sinon à son roi, remet la destinée de sa maison dans les
mains de Vatel, lui intimant la lourde tâche de recevoir toute la cour de
Versailles en son château de Chantilly. Les festivités durent trois jours et
trois nuits, mais le troisième jour, la marée n'arrive pas...
"Quand on est au Festival, on ne pense à rien
d'autre. Une fièvre monte en vous jusqu'à épuisement total, elle ne cesse que
pendant les rares moments de sommeil pour ressurgir dès qu'on met le pied hors
du lit"
Mais
les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour
partir; cœurs légers, semblables aux ballons,
De
leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et,
sans savoir pourquoi, disent toujours: Allons!
Ceux-là
dont les désirs ont la forme des nues,
Et
qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De
vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et
dont l'esprit humain n'a jamais su le nom!
...
Etonnants
voyageurs! quelles nobles histoires
Nous
lisons dans vos yeux profonds comme les mers!
Charles
Baudelaire« Le voyage »
Liceo classico Cairoli
« Alternanza scuola / lavoro « (1)
2017-2018
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les
“envoyés spéciaux” de la filière ESABAC retournent
au Festival de Cannes
Du
13 au 18 mai les élèves de la classe II D, de la
filière ESABAC du Lycée classique “E.
Cairoli” de Varese, accompagnés des enseignants Stefania Galli et Angela
Todisco, participeront au Festival de Cannes 2018 en qualité d'“envoyés
spéciaux” du magazine de cinéma
“Cinequanonline” (www.cinequanon.it). Chaque jour les
jeunes critiques de cinéma, qui constitueront la rédaction auprès du
Lycée international de Valbonne (www.civfrance.com),
enverront au magazine “Cinequanonline”, surle site du lycée (www.liceoclassicovarese.gov.it), sur le compte Twitter du lycée
(@liceocairoli) et sur le blog du prof. Zerba (http://memoiresdeprof.blogspot.it/) des critiques des
films, des photos, des vidéos aussi bien
que des interviews et des reportages.
Il s'agit d'un stage qui conclut le projet d'Alternanza
Scuola-Lavoro/ entreprise de simulation
“Garçons de Cannes”, que l'école a réalisé avec l'Association Filmstudio '90 / Magazine “Cinequanon on line” (tuteur
d'entreprise Alessandro Leone). Au cours de l'année scolaire les élèves ont
suivi un cours de
cinéma pendant lequel la formation a concerné après la vision de films en langue française (Une vie de Stéphane Brizé, Fatima
de Ph. Faucon, Un profil pour deux de Stéphane Robelin, Visages,
villages d'Agnès Varda et JR)
tout au long de l’année des activités d'analyse de l'image
cinématographique, d'écriture de critiques
et d’une stage d’un jour auprès des
laboratoires tenus dans le Musée National du Cinéma de Turin. À Cannes les élèves
auront la chance de collaborer avec le critique de cinéma Nicola Falcinella,
qui s’est entretenu avec les Garçons de Cannes
pour raconter sa profession et
il a aussi accompagné les étudiants dans
une “promenade” à Milan sur les lieux du
cinéma, de laStazione Centrale à Porta Garibaldi.
Pour les élèves de la filière ESABAC du Lycée classique de Varese la
participation au Festival de Cannes a été longtemps l’une des plus importantes
activités extrascolaires et depuis deux ans elle est devenue un atout majeur du
projetd'Alternanza Scuola-Lavoro.
L'expérience, unique en son genre parmi les lycées italiens, pourra être
partagée encore une fois grâce à cette rédaction d’exception des jeunes critiques de cinéma qui nous
tiendront au courant jour après jour directement de la Croisette.
1)Stage
prévu par le MIUR pour les élèves du lycée italien
Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, en pleine crise, et son frère Crampone, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir.
Parfois, Alessandro a l'impression d'avoir deux adolescents à élever, alors qu'il ne se rend même pas compte qu'il est lui-même démuni face à l’existence. Voulant être un père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse, d'autant plus qu'il est entouré d'une bande de copains dont la fantaisie burlesque l'empêche de se sentir seul.
Mais au moment où sa fille découvre les premiers émois de l’amour, sans qu’il s’y attende, tout va basculer pour Alessandro…
"Tous les soleils à
l'aube dorment encore un peu
Engourdis, nonchalants,
Ils se moquent bien du
feu du jour qui les attend,
Ils chassent les ombres
des hommes et des guerres,
Tous les soleils à l'aube
sont comme de grands enfants
Algérie, années 1930.
Younes a 9 ans lorsqu'il est confié à son oncle pharmacien à Oran. Rebaptisé
Jonas, il grandit parmi les jeunes de Rio Salado dont il devient l'ami. Dans la
bande, il y a Emilie, la fille dont tous sont amoureux. Entre Jonas et elle naîtra
une grande histoire d'amour, qui sera bientôt troublée par les conflits qui
agitent le pays.
Le titre du film est une
métaphore dont la compréhension nécessiterait une compétence interprétative et
un sens critique. Il est en quelque sorte un condensé de sens enveloppé de
mystères pour celles et ceux qui s’interrogent sur son lien avec l’histoire
racontée, car qu’est-ce que le jour pourrait bien devoir à la nuit ? On n’en
sait rien, dès lors qu’ils n’ont pas de langage à nous livrer. Cela dit, les
romanciers, les poètes et les cinéastes, à l’instar des persuasives paraboles
bibliques et coraniques, attribuent au jour et à la nuit des caractéristiques
humaines. Il semble que l’écrivain, Yasmina Khadra, recourt, en suivant le
modèle d’écriture des livres classiques, à ce style imagé pour inscrire son
roman dans la durée, afin qu’il soit gravé dans les mémoires collectives et
individuelles des lecteurs et spectateurs amoureux de la langue française. Par
ailleurs, si l’on mettait à la place de la dichotomie « Jour/Nuit », celle qui
rime avec « Jonas/Émilie », le titre paraîtrait sans doute moins ambigu, Ce que
Jonas doit à Émilie, mais le sens reste cependant moins dénoté que l’on
pourrait le croire. En d’autres termes, dire que Jonas représente le « jour »
et Émilie la « nuit » ne résout pas le problème, parce que les deux
protagonistes incarnent dans le roman et le film les irréductibles liens
passionnels entre l’Algérie et la France, depuis au moins l’année 1830. Le
titre Ce que l’Algérie doit à la France, dans ce cas, aurait été plus explicite
et plus significatif. Il appartient désormais à un lecteur/spectateur idéal de
parcourir tous ces détours sémantiques, de réunir toutes les isotopies idoines,
pour rendre compte des liens d’amour et de fraternité, mis en scène, reliant
les deux patries respectives. À défaut d’être un critique littéraire, analyste
quelconque ou sémioticien, une simple comparaison suffit de symboliser Ce
que le jour doit à la nuit cette nécessaire relation cyclique : comme les
amoureux, le jour et la nuit ne se croisent que pour se séparer et ne se
séparent que pour se retrouver. À proprement parler, même si le jour et la nuit
expriment, dans leur course, le temps qui passe et qui ne revient pas, le titre
de ce long métrage suggère éloquemment une autre réalité ; il nous fait
comprendre que le jour, c’est-à-dire le présent, doit quelque chose à la nuit
qui le précède, le passé, pour la construction d’un avenir meilleur. Dans
d’autres langues que le français, le titre serait probablement terne et plat.
La culture française en Algérie à l’époque