mercredi 27 février 2019

Marcel Proust : M. de Charlus - À l'ombre des jeunes filles en fleurs II : Noms de pays : le pays - À la recherche du temps perdu





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Dans cet extrait de la deuxième partie d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs, le narrateur fait un séjour estival à Balbec, sur la côte normande. Libéré de son amour pour Gilberte, il reporte toute son attention dans l'observation de la société chic des touristes. Au grand hôtel où il séjourne en compagnie de sa grand-mère, il a fait la connaissance de Robert de Saint-Loup, un jeune officier très séduisant qui lui a beaucoup parlé de son oncle Palamède, M. de Charlus. Le hasard place sur son chemin ce personnage étrange qui l'observe avec une intensité équivoque. Ce passage campe, avec le raffinement extrême de l'analyse qui est sa marque, l'une des silhouettes les plus originales de Proust.

Saint-Loup me parla de la jeunesse, depuis longtemps passée, de son oncle. Il amenait tous les jours des femmes dans une garçonnière qu'il avait en commun avec deux de ses amis, beaux comme lui, ce qui faisait qu'on les appelait « les trois Grâces ».
Un jour un des hommes qui est aujourd'hui des plus en vue dans le faubourg Saint-Germain, comme eût dit Balzac, mais qui dans une première période assez fâcheuse montrait des goûts bizarres, avait demandé à mon oncle de venir dans cette garçonnière. Mais à peine arrivé ce ne fut pas aux femmes, mais à mon oncle Palamède, qu'il se mit à faire une déclaration. Mon oncle fit semblant de ne pas comprendre, emmena sous un prétexte ses deux amis, ils revinrent, prirent le coupable, le déshabillèrent, le frappèrent jusqu'au sang, et par un froid de dix degrés au-dessous de zéro le jetèrent à coups de pieds dehors où il fut trouvé à demi mort, si bien que la justice fit une enquête à laquelle le malheureux eut toute la peine du monde à la faire renoncer. Mon oncle ne se livrerait plus aujourd'hui à une exécution aussi cruelle et tu n'imagines pas le nombre d'hommes du peuple, lui si hautain avec les gens du monde, qu'il prend en affection, qu'il protège, quitte à être payé d'ingratitude. Ce sera un domestique qui l'aura servi dans un hôtel et qu'il placera à Paris, ou un paysan à qui il fera apprendre un métier. C'est même le côté assez gentil qu'il y a chez lui, par contraste avec le côté mondain. » Saint-Loup appartenait, en effet, à ce genre de jeunes gens du monde, situés à une altitude où on ait pu faire pousser ces expressions : « Ce qu'il y a même d'assez gentil chez lui, son côté assez gentil », semences assez précieuses, produisant très vite une manière de concevoir les choses dans laquelle on se compte pour rien, et le « peuple » pour tout ; en somme tout le contraire de l'orgueil plébéien. « Il paraît qu'on ne peut se figurer comme il donnait le ton, comme il faisait la loi à toute la société dans sa jeunesse. Pour lui en toute circonstance il faisait ce qui lui paraissait le plus agréable, le plus commode, mais aussitôt c'était imité par les snobs. S'il avait eu soif au théâtre et s'était fait apporter à boire dans le fond de sa loge, les petits salons qu'il y avait derrière chacune se remplissaient, la semaine suivante, de rafraîchissements. Un été pluvieux où il avait un peu de rhumatisme, il s'était commandé un pardessus d'une vigogne souple mais chaude qui ne sert que pour faire des couvertures de voyage et dont il avait respecté les raies bleues et oranges. Les grands tailleurs se virent commander aussitôt par leurs clients des pardessus bleus et frangés, à longs poils. Si pour une raison quelconque il désirait ôter tout caractère de solennité à un dîner dans un château où il passait une journée, et pour marquer cette nuance n'avait pas apporté d'habits et s'était mis à table avec le veston de l'après-midi, la mode devenait de dîner à la campagne en veston. Que pour manger un gâteau il se servît, au lieu de sa cuiller, d'une fourchette ou d'un couvert de son invention commandé par lui à un orfèvre, ou de ses doigts, il n'était plus permis de faire autrement. Il avait eu envie de réentendre certains quatuors de Beethoven (car avec toutes ses idées saugrenues il est loin d'être bête, et est fort doué) et avait fait venir des artistes pour les jouer chaque semaine, pour lui et quelques amis. La grande élégance fut cette année-là de donner des réunions peu nombreuses où on entendait de la musique de chambre. Je crois d'ailleurs qu'il ne s'est pas ennuyé dans la vie. Beau comme il a été, il a dû avoir des femmes ! Je ne pourrais pas vous dire d'ailleurs exactement lesquelles parce qu'il est très discret. Mais je sais qu'il a bien trompé ma pauvre tante. Ce qui n'empêche pas qu'il était délicieux avec elle, qu'elle l'adorait, et qu'il l'a pleurée pendant des années. Quand il est à Paris, il va encore au cimetière presque chaque jour. »


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Le lendemain du jour où Robert m'avait ainsi parlé de son oncle tout en l'attendant, vainement du reste, comme je passais seul devant le casino en rentrant à l'hôtel, j'eus la sensation d'être regardé par quelqu'un qui n'était pas loin de moi. Je tournai la tête et j'aperçus un homme d'une quarantaine d'années, très grand et assez gros, avec des moustaches très noires, et qui, tout en frappant nerveusement son pantalon avec une badine, fixait sur moi des yeux dilatés par l'attention. Par moments, ils étaient percés en tous sens par des regards d'une extrême activité comme en ont seuls devant une personne qu'ils ne connaissent pas des hommes à qui, pour un motif quelconque, elle inspire des pensées qui ne viendraient pas à tout autre – par exemple, des fous ou des espions. Il lança sur moi une suprême oeillade à la fois hardie, prudente, rapide et profonde, comme un dernier coup que l'on tire au moment de prendre la fuite, et après avoir regardé tout autour de lui, prenant soudain un air distrait et hautain, par un brusque revirement de toute sa personne il se tourna vers une affiche dans la lecture de laquelle il s'absorba, en fredonnant un air et en arrangeant la rose mousseuse qui pendait à sa boutonnière. Il sortit de sa poche un calepin sur lequel il eut l'air de prendre en note le titre du spectacle annoncé, tira deux ou trois fois sa montre, abaissa sur ses yeux un canotier de paille noire dont il prolongea le rebord avec sa main mise en visière comme pour voir si quelqu'un n'arrivait pas, fit le geste de mécontentement par lequel on croit faire voir qu'on a assez d'attendre, mais qu'on ne fait jamais quand on attend réellement, puis rejetant en arrière son chapeau et laissant voir une brosse coupée ras qui admettait cependant de chaque côté d'assez longues ailes de pigeon ondulées, il exhala le souffle bruyant des personnes qui ont non pas trop chaud mais le désir de montrer qu'elles ont trop chaud. J'eus l'idée d'un escroc d'hôtel qui, nous ayant peut-être déjà remarqués les jours précédents ma grand'mère et moi, et préparant quelque mauvais coup, venait de s'apercevoir que je l'avais surpris pendant qu'il m'épiait ; pour me donner le change, peut-être cherchait-il seulement par sa nouvelle attitude à exprimer la distraction et le détachement, mais c'était avec une exagération si agressive que son but semblait, au moins autant que de dissiper les soupçons que j'avais dû avoir, de venger une humiliation qu'à mon insu je lui eusse infligée, de me donner l'idée non pas tant qu'il ne m'avait pas vu, que celle que j'étais un objet de trop petite importance pour attirer l'attention. Il cambrait sa taille d'un air de bravade, pinçait les lèvres, relevait ses moustaches et dans son regard ajustait quelque chose d'indifférent, de dur, de presque insultant. Si bien que la singularité de son expression me le faisait prendre tantôt pour un voleur et tantôt pour un aliéné. Pourtant sa mise extrêmement soignée était beaucoup plus grave et beaucoup plus simple que celles de tous les baigneurs que je voyais à Balbec, et rassurante pour mon veston si souvent humilié par la blancheur éclatante et banale de leurs costumes de plage. Mais ma grand'mère venait à ma rencontre, nous fîmes un tour ensemble et je l'attendais, une heure après, devant l'hôtel où elle était rentrée un instant, quand je vis sortir Mme de Villeparisis avec Robert de Saint-Loup et l'inconnu qui m'avait regardé si fixement devant le casino. Avec la rapidité d'un éclair son regard me traversa, ainsi qu'au moment où je l'avais aperçu, et revint, comme s'il ne m'avait pas vu, se ranger, un peu bas, devant ses yeux, émoussé comme le regard neutre qui feint de ne rien voir au dehors et n'est capable de rien dire au dedans, le regard qui exprime seulement la satisfaction de sentir autour de soi les cils qu'il écarte de sa rondeur béate, le regard dévot et confit qu'ont certains hypocrites, le regard fat qu'ont certains sots. Je vis qu'il avait changé de costume. Celui qu'il portait était encore plus sombre ; et sans doute c'est que la véritable élégance est moins loin de la simplicité que la fausse ; mais il y avait autre chose : d'un peu près on sentait que si la couleur était presque entièrement absente de ces vêtements, ce n'était pas parce que celui qui l'en avait bannie y était indifférent, mais plutôt parce que pour une raison quelconque il se l'interdisait. Et la sobriété qu'ils laissaient paraître semblait de celles qui viennent de l'obéissance à un régime, plutôt que du manque de gourmandise. Un filet de vert sombre s'harmonisait dans le tissu du pantalon à la rayure des chaussettes avec un raffinement qui décelait la vivacité d'un goût maté partout ailleurs et à qui cette seule concession avait été faite par tolérance, tandis qu'une tache rouge sur la cravate était imperceptible comme une liberté qu'on n'ose prendre.
– Comment, allez-vous ? Je vous présente mon neveu, le baron de Guermantes, me dit Mme de Villeparisis, pendant que l'inconnu, sans me regarder, grommelant un vague : « Charmé » qu'il fit suivre de : « Heue, heue, heue » pour donner à son amabilité quelque chose de forcé, et repliant le petit doigt, l'index et le pouce, me tendait le troisième doigt et l'annulaire, dépourvus de toute bague, que je serrai sous son gant de Suède ; puis sans avoir levé les yeux sur moi il se détourna vers Mme de Villeparisis.
– Mon Dieu, est-ce que je perds la tête ? dit celle-ci, voilà que je t'appelle le baron de Guermantes. Je vous présente le baron de Charlus. Après tout, l'erreur n'est pas si grande, ajouta-t-elle, tu es bien un Guermantes tout de même.
Cependant ma grand'mère sortait, nous fîmes route ensemble. L'oncle de Saint-Loup ne m'honora non seulement pas d'une parole mais même d'un regard. S'il dévisageait les inconnus (et pendant cette courte promenade il lança deux ou trois fois son terrible et profond regard en coup de sonde sur des gens insignifiants et de la plus modeste extraction qui passaient), en revanche, il ne regardait à aucun moment, si j'en jugeais par moi, les personnes qu'il connaissait – comme un policier en mission secrète mais qui tient ses amis en dehors de sa surveillance professionnelle


Marcel Proust À la recherche du temps perdu : A l'Ombre des Jeunes Filles en Fleurs II : Noms de pays : le pays 






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lundi 18 février 2019

Agnès Warda : Jacquot de Nantes




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« Je préfère idéaliser le réel, sinon pourquoi aller au cinéma ? »

Jacques Demy


SYNOPSIS


Il était une fois un garçon, élevé dans un garage où tout le monde aimait chanter. C'était en 1939, il avait 8 ans, il aimait les marionnettes et les opérettes. Puis il a voulu faire du cinéma
mais son père lui a fait étudier la mécanique. C'est de Jacques DEMY qu'il s' agit et de ses souvenirs. C'est une enfance heureuse qui nous est contée, malgré les évènements de la guerre et de l'après-guerre.













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Jacquot de Nantes de Agnès Varda France, 1991, 2 h,

 noir et blanc et couleurs



« Il était une fois un petit garçon élevé à Nantes dans un garage où tout le monde aimait chanter. C’était en 1939. Il avait huit ans, il aimait les marionnettes et les opérettes. Puis il a voulu faire du cinéma, mais son père lui a fait étudier la mécanique. » Agnès Varda, la réalisatrice, fait la chronique des jeunes années du cinéaste Jacques Demy et de son petit frère. La maman est coiffeuse, le papa, garagiste. Reine la petite voisine sait faire le grand écart. Jacquot n’a qu’une idée : le cinéma. En voir et en faire. Agnès Varda nous conte ainsi le temps qui passe jusqu’à l’adolescence : la guerre, l’arrivée fracassante de la « tante de Rio », le séjour chez le sabotier, la descente aux abris, les jeux, les premières amours, la première pellicule trouvée dans une décharge. Puis la première caméra, et le premier film. L’histoire d’une vocation : être un cinéaste. Tels les cailloux du petit Poucet, les extraits des films que Jacques Demy a tournés par la suite, jalonnent les souvenirs du Jacquot qu’il a été, au temps de Nantes, le temps de l’enfance.



agnes-portrait




samedi 16 février 2019

Anna Crotta - Ludovica Montana : "Prix Goncourt 2019" : Clara Dupont-Monod : La révolte - François Vallejo : Hôtel Waldheim



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Le prix Goncourt est un prix littéraire français récompensant des auteurs d'expression française.
Le prix annuel, fondé en 1902 et proclamé pour la première fois le 21 décembre 1903, est décerné au début du mois de novembre par l'académie Goncourt, après trois présélections successives, en septembre et en octobre, parmi les romans publiés dans l'année en cours. C’est le prix littéraire français le plus ancien et l'un des plus prestigieux.
En 1862, les frères Goncourt décident qu’après leur mort, leurs biens seront vendus, leur capital placé et que les intérêts de cette somme serviront à leur académie Goncourt pour rémunérer dix auteurs avec une rente à vie, constituée par 6000 francs, et pour décerner un prix annuel de 5 000 francs. Les dix académiciens pouvant ainsi vivre de leur plume.
Aujourd'hui ce montant ne représente plus qu'un prix symbolique — actualisé à 10 euros que certains lauréats généralement font encadrer — mais la notoriété promise aux vainqueurs est une récompense bien plus convoitée.
Depuis octobre 1914, les dix membres de l'Académie Goncourt sont en résidence au restaurant Drouant, rue Gaillon à Paris.. Ils se réunissent chaque premier mardi du mois dans leur salon, au premier étage du restaurant. Le prix est attribué début novembre. Si après quatorze tours de scrutin il n'y a pas de lauréat élu le président a une voix double pour déterminer une majorité de vote.
Le prix ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain.
Finalement, en 1988, l'Académie Goncourt a accueilli avec bienveillance la création du prix Goncourt des lycéens par la Fnac, en collaboration avec le rectorat de Rennes.


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PRIX GONCOURT DES LYCEENS
Le prix Goncourt des lycéens est un concours littéraire né en 1988 grâce à la collaboration entre le rectorat de Rennes et l’Académie Goncourt. La liste des livres candidats est formée par la sélection effectuée par l’Académie Goncourt et puis, une jury d’environ 1500 lycéens choisit le titre du roman primé.
Chaque lycéen doit lire deux romans et après il doit remplir un formulaire d’évaluation en tenant compte de l’histoire, des personnages, du style, de l’inventivité formelle, du plaisir de lecture et de l’enrichissement personnel et en plus il doit donner une note  entre 0 et 5 pour chaque section. Ludovica et moi, nous avons choisit les romans: la Révolte et Hotel Waldheim.


CLARA DUPONT-MONOD
Clara Dupont-Monod, née le 7 octobre 1973 à Paris, est une femme de lettres et une journaliste française.
Après avoir terminé ses études littéraire, elle obtient une maîtrise d'ancien français à la Sorbonne.
Elle débute dans la carrière de journaliste au magazine Cosmopolitan puis entre en tant que grand reporter à Marianne à 24 ans1. En 2007, elle devient rédactrice en chef des pages culture de Marianne. Parallèlement, elle intervient régulièrement à la radio dans l'émission « On refait le monde » diffusée sur RTL et présentée par Nicolas Poincaré.
Elle publie son premier texte, "Eova Luciole", en 1998, après "La Folie du roi Marc", qui met en scène le mari oublié d'Yseut, "Histoire d'une prostituée" qui raconte le quotidien et la psyché d'une prostituée et "La Passion selon Juliette" qui décrit le combat d'une femme  qui refuse les diktats d'un monde où les femmes n'ont pas leur mot à dire face à une Église toute-puissante.
Son dernier roman, La Révolte, fait partie des quinze romans sélectionnés pour le prix Goncourt 20186 et de la première sélection pour le prix Femina.


La révolte


LA REVOLTE
À propos de l’histoire et des personnages  L’histoire se passe au 12ème siècle. Le fils d’Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion, raconte comment elle veut se venger des affronts infligés par son second mari, Henri II Plantagenet, roi d’Angleterre. Il s’ensuit un conflit armé dans lequel elle entraîne ses fils, en particulier Richard,  et son  premier mari, Louis VII, roi de France .Aliénor est vaincue et le paie cher : 15 ans de captivité dans les prisons. Elle en ressort plus rayonnante et énergique que jamais .Elle assure la régence lors des absences de Richard, devenu roi d’Angleterre à la mort de son père et qui participe à la troisième croisade. L’évocation historique se termine par la mort de Richard, atteint d’une flèche, au cours d’un affrontement, en France, avec les troupes de Philippe Auguste, nouveau roi. Sur cette toile de fond de vérité historique sont exposés de façon romanesque et imaginaire les états d’âme des principaux protagonistes : Aliénor, le Plantagenet et Richard,  le troisième de leurs fils.  C’est lui qui décrit le drame familial, avec ses frustrations personnelles, les rancœurs de la mère,  la cruauté du père, Il applaudit au retour d’Aliénor après sa captivité .Il admire son intelligence, sa beauté, sa culture, sa séduction et son habileté politique et il critique la brutalité de son père.
Richard Cœur de Lion nous accompagne dans le voyage à la découverte de sa mère, Aliénor d’Aquitaine. La reine, profondément liée à ses origines, lutte avec toutes ses forces pour protéger ses gens et sa terre : l’Aquitaine. Elle est également disposée à se mettre contre son mari, Henri Plantagenêt , et à organiser une révolte contre lui avec l’aide des ses fils. Richard est donc affligé par un doute existentiel : suivre l’admiration qu’il éprouve pour sa mère ou se montrer fidèle à son  père ?

Style et inventivité formelle  La composition est linéaire, constituée par un vocabulaire varié mais simple. Il prévaut une coordination poar parataxe et l’auteur ne fait pas usage de métaphores ni de figures de style. L’auteur nous transmet des images limpides de son enfance en utilisant un langage informel et des épisodes qui rappellent la vie de tous les jours. Richard raconte l’histoire à la première personne et il intervient souvent pour permettre au lecteur de s’identifier et comprendre son point de vue.

Plaisir de lecture et enrichissement personnel  Il s’agit d’une lecture amusante qui peut nous accompagner dans tous les moments de la journée. Elle nous permet de connaître un nouvel aspect des hommes qui gouvernaient des puissances hégémoniques tels que la France et l’Angleterre : en effet, ce récit fictif nous permet de vivre leurs histoires personnelles à travers les yeux d’un de leurs contemporains.  Nous voyons leur grandeur et leurs faiblesses d’une façon plus réelle et grâce à cela nous sommes plus disposés à nous attacher et à nous passionner aux personnages.

FRANCOIS VALLEJO
François Vallejo est né au Mans en 1960, il fait des études des lettres et il devient professeur de lettres classiques au Havre. Seulement à la fin des années 1990 il commence à écrire des romans. A aujourd’hui il a écrit 13 livres et il a remporté, avec son troisième roman: “Madame Angeloso”, le prix roman de France-Télévision en 2001, avec son quatrième roman: “Groom”, le prix des libraires et le prix Culture et Bibliothèque en 2004 et, avec son sixième roman: “Ouest” le prix du Livre Inter en 2007.
Son dernier roman: “Hotel Waldheim” a été sélectionné pour la liste du Goncourt des lycéens.


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HOTEL WALDHEIM
À propos de l’histoire et des personnages   L’histoire de Jeff Valdera, que François Vallejo nous propose avec ce roman, est une histoire originale, intéressante et intrigante. C’est une histoire avec laquelle on ne cesse jamais de s’émerveiller et de regarder la réalité de différentes points de vue. En fait le lecteur suit avec transport les événements passés et présents du protagoniste, qui réécrivent sa vie et qui changent ses certitudes. Jeff est un journaliste, un homme adulte avec une vie régulière: toujours les mèmes personnes et toujours les mêmes endroits, comme les étés à l’hôtel Waldheim, en Suisse. Mais Freida et ses cartes postales vont le bouleverser au point qu’il découvrira avoir été un élément clé de la guerre froide juste le dernier été qu’il avait passé à l’hôtel.

Style et inventivité formelle
Vallejo utilise, pour sa narration, des propositions courtes et simples qui permettent de comprendre facilement l’histoire. Pour suivre l’intrigue du roman, le lecteur est également aidé par des descriptions détaillées qui lui permettent de voir clairement la réalité que l’auteur décrit. En plus, grâce aux nombreux flashbacks, qui impliquent des rebondissements inattendus, on est toujours encouragé à continuer la lecture.

Plaisir de lecture et l’enrichissement personnel  
Ce roman est très intéressant parce qu’il fait entrer le lecteur dans un monde différent, dans lequel la mémoire humaine est la protagoniste. En plus l’auteur nous fait réfléchir sur des questions telles que la guerre, l’immigration et l’importance de nos actions. En particulier la lecture incite à la réflexion sur ce que les hommes font à leurs semblables pour se placer dans une position plus élevée et pour avoir le pouvoir, comme dit aussi Misha Defonseca, une femme survécu au nazisme: “On ne peut pas comparer ce que les Nazis ont fait à leurs victimes avec les animaux, parce que seulement les hommes ont la capacité de savourer la souffrance des autres.”




Sélection des 15 romans de la liste Goncourt 2013




vendredi 15 février 2019

Ils sont fous, ces Italiens! Macronix contre Dimayox, de Stefano Benni.





J'ai pigé sur le site 


ce conte de Stefano Benni traduit en français,  je sais qu'on  ne doit pas copier , mais j'ai trouvé ce récit tellement intéressant pour mes élèves que la pédagie  pourra , j'espère, excuser 
mon larcin !

Merci à Mon Collègue Carlo Perelli qui me l'a suggéré !





Nous sommes en Armorique, en 50 av. J.-C. Un village gaulois au bord d’une rivière. Les poubelles de tri sélectif et les chevaux garés en double file témoignent d’une démocratie millénaire.
Un petit homme coiffé d’un drôle de chapeau fume des Paléogitanes. De l’autre bout du village arrive à grands pas un géant torse nu, portant d’énormes braies en tissu fastueux, rose fuchsia.
—Merde, s’exclame-t-il, très énervé, ils sont fous, ces Italiens! Je vais leur donner une bonne leçon.
—Du calme, du calme, répond Astérix. Mais qu’est-ce que tu as fait de tes pantalons à rayures bleues et blanches ?
—Désormais je préfère ceux-ci, c’est un modèle de chez Gucci, dit Obélix en caressant une de ses tresse avec affectation. Tu sais, nous, les Français, on a acheté toutes les marques de luxe italiennes : Gucci, Bulgari, Fendi, etc…
—Je t’aimais mieux avant. Mais pourquoi es-tu tellement en colère ?
—Les Italiens n’arrêtent pas de s’en prendre à nous. Sans parler des Romains de César. D’où ils sortent, ceux-là ?
—Je ne les connais pas très bien, dit Astérix. Je sais qu’un de leurs chefs s’appelle Dimayox, il change d’avis toutes les dix minutes et cause sans arrêt. Il m’a demandé pardon pour son mauvais français, puis il est passé à l’italien et c’était encore pire. Je n’ai rien compris.
—Et ensuite ?
—Ensuite, il y a le Président du Conseil qui s’appelle Contepourdubeurix ; enfant, il est tombé dans la marmite de l’oubli et donc, quand il parle, personne ne l’écoute.
—Et le type moustachu ?
—C’est Salvinix, le ministre de l’Internet, il est extrêmement susceptible et n’admet pas les critiques, il est connecté en permanence pour répondre à ceux qui ne sont pas de son avis. Il adore se déguiser en centurion, en Viking ou en CRS, et surtout, il ne supporte pas les migrants.
—Si ce n’est que ça, nous non plus.
—Oui, mais nous, on est plus malins : les Italiens les arrêtent en pleine mer, nous dans la neige, comme ça personne ne le sait.
—Mais grâce aux migrants, on a remporté les championnats du monde de ballon rond…
—Alors que les Italiens ont été éliminés, et ça leur est resté en travers du gosier.
—Et qu’est-ce qu’il y a encore ?
—Il y a encore Berluscodonosor !
—Celui qui est venu avec la délégation égyptienne des embaumeurs ? Ce n’est pas possible…
—C’est possible, il est en grande forme et attend la prochaine occasion.
—Et la gauche italique ?
—La gauche prépare la reconquête et présentera bientôt une liste fortement unitaire.
—Bientôt… ça veut dire quand ?
—Disons, dans deuxmillesoixantequinze ans.
—Et ils ont quelqu’un de comparable à notre Marinelepénix ?
—Non, le gouvernement est presque à 100% masculin. Mais assez de questions, je te dis qu’on ne doit pas détester les Italiens. On est toujours en compétition mais nos cultures se sont souvent rencontrées et estimées.
—Non, je veux leur foutre une rouste, rugit Obélix, j’irai à cheval jusqu’à Lyon et je franchirai le trou dans la montagne jusqu’à Taurinum…
—Tu ne peux pas… de leur côté, c’est fermé, tu t’écrabouillerais contre le rocher.
—Et ça ouvrira quand ?
—Même le druide Panoramix ne le sait pas…
Ils restèrent silencieux. Le soir tombait, dans le village, une délicieuse odeur de soupe se répandait. Quelques Normands buvaient du calva. Au loin, on entendait fredonner Les feuilles mortes.
—Eux, ils n’ont personne de comparable à Yves Montand, ricana Obélix.
—Il s’appelait Ivo Livi et c’était un immigré italien, comme les parents d’un de tes créateurs, Albert Uderzo. Allons, Obélix, calme-toi. Nos deux pays ont les mêmes problèmes. Nous, on a les gilets jaunes, eux, une économie flageolante. Eux, ils ont la mafia, nous on en parle un peu moins mais on l’a aussi. Les grandes banques et les agences de notation nous surveillent de la même façon.
—Mais par mille sangliers, je…
—Assez de jérémiades… et puis, on est deux des plus beaux pays du monde. Nous, on a Paris et Marseille, eux, Rome et Venise. Eux, la mer de Sardaigne, nous, la Camargue. Nous, Orsay, eux, les Offices. Nous, Monet, eux, Piero della Francesca.
—Nous, la Joconde.
—Non, celle-là, on la leur a piquée.
—D’accord. Alors, nous, on a le champagne, le roquefort, la madeleine et le franc CFA.
—Eux le barolo et le gorgonzola, et le Nutella.
—C’est vrai, nous avons plein de choses merveilleuses, dit Obélix avec un soupir. Les châteaux de la Loire, le Tour de France, la youtubeuse Marion Seclin…
—Justement. Cher Obélix, nos pays, qui sont limitrophes, ont une multitude de problèmes à résoudre. Au lieu de ça, nous sommes toujours en campagne électorale, et tous les prétextes sont bons pour nous faire des vacheries et nous débiner mutuellement. Et on se balance à la figure des tonnes de clichés. Même une démocratie millénaire finit par vieillir. Regarde Macronix : quand il a gagné, il ressemblait à un jeune Jedi ; à présent, il ressemble à Yoda.
—D’accord, je renonce à la vengeance, mon ami… Il faut toujours être en bons termes avec les Italiens…
—Pas toujours, on se disputera et on se moquera encore les uns des autres, mais il faut respecter leur grande Histoire et la nôtre. Regarde : nous, par exemple, en 1789… Mais arrêtons d’imaginer le futur, va manger ton sanglierburger. Et change de pantalons, ceux-ci ne te vont pas du tout.
—Je peux mettre un short en cuir de chez Fendi ?
—Non, remets tes vieilles braies. Et enlève à Idéfix ce petit manteau en lamé.
—Entendu, marmonna Obélix. Bon, j’y vais, j’ai des trucs à faire…
—Où vas-tu ?
—En ce moment économique difficile, je vais stimuler les échanges commerciaux entre les pays européens.
—C’est-à-dire ?
—Je cherche un légionnaire romain et je le cogne jusqu’à ce qu’il me donne tout son fric.
—Tu es incorrigible, soupira Astérix.
Et il regarda Obélix s’éloigner dans la lumière du crépuscule des Gaules, beaucoup plus beau, d’après les Français, que son homologue italien.

Stefano Benni

(publié avec l’aimable autorisation de l’auteur, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli)

Cet article a été mystérieusement déprogrammé par le journal Libération.





mercredi 13 février 2019

Marie-Astrid Roy : Le petit journal de Milan : Module communication / journalisme





lepetitjournal/milan



Madame Marie-Astrid Roy


Module communication/journalisme 

(presse écrite)


Première rencontre vendredi le 15 février 2019

1) Les différentes formes d’articles 


Reportage, article de fond, brève, interview,  éditorial  
Observation de cas pratiques dans la 

presse quotidienne et magazine 

Exercice  pratique : l’interview 
(à réaliser par groupe de deux, entre élèves )



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mardi 12 février 2019

Blanche-Neige et les 7 nains




Il m'est difficile de dire pourquoi 
ou peut-être ... 
Il vaut mieux le garder pour moi

mais le souvenir m'apparaît évident

 Blanche-Neige
































MERCI à 

jlsigrist.com/nains



lundi 4 février 2019

Journée ESABAC 8 février 2019



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LICEO CLASSICO “E. CAIROLI” VARESE

FILIÈRE ESABAC


JOURNÉE ESABAC : le 8  février 2019


Sala Montanari Varese


Avec la participation de

Madame Ileana Guzman

Attachée de coopération pour le français
Lombardie, Ligurie, Piémont, Val d'Aoste
Institut français d'Italie / Ambassade de France en Italie





9h Irene Besozzi
Les  hérésies au Moyen Âge

9h 15 Matilde Condello, Chiara Cortellezzi
Basilique de S. Vittore Martire à Arsago Seprio

9h 30 Filippo Manzoni :
Les persécutions des aborigènes en Australie

9h 45 Alessandra Tosi
Poésies bilingues

10h  Anna Crotta, Ludovica Montana
Prix Goncourt des lycéens 2018

10h 15 Gaia Pertusi:
TRANSALP une expérience unique pour la formation ESABAC 

10h 30 Mario Gervasini :
Hiroshima mon amour: Histoire, Littérature et Science d’une catastrophe

10h 45  pause 


11h  Giulia Devicienti, Imen  Dziri, Mariam Errakbi:
Le mythe  de Vénus et Adonis 

11h 15 Chiara Jacazzi, Michel Litt
 L’amas ardent de Yamen Menaï

11h 35 Michele Cova :
Trilogie de l’homme devant la guerre de Philippe Claudel

12h Isa Tonussi :
Le mythe de Sysiphe d’Albert Camus


12h 20 Morgana Capasso
Las douleur d’Emmanuel Finkiel

12h 40 Caterina Corti, Arianna Daverio, Camilla Gussoni,  Margherita Spertini
L’art au temps de la  guerre froide