dimanche 17 août 2014

Le règlement du lycée "E. Cairoli"








Un gros merci

à Sara La Rosa 

pour avoir su transformer un exercice scolaire

en une proposition, peut-être,  utile sinon nécessaire

afin de  rendre international notre cher lycée

  
BRAVO !




LE RÈGLEMENT DU LYCÉE
ART. 1 Le lycée est ouvert de 7 heures quarante, mais les cours commencent à 8 heures. Jusqu’à 8 heures et quart vous pouvez aussi entrer sans permis. Après 8 heures et quart il est nécessaire d’avoir la signature du Proviseur. Les élèves doivent porter la justification quand ils sont absents.
ART. 2 Dans l’école il est interdit de fumer et d’ introduire des boissons alcooliques.
ART. 3 Le cours se terminent  selon le niveau des classes  à midi, à 13 heures ou à 14 heures. On peut sortir avant la fin des cours  seulement avec le permis des parents.
ART. 4 Il est défendu d’utiliser le portable pendant les cours. Si cette règle est transgressée, le professeur peut retirer le portable jusqu’à la fin des cours. Le professeur peut aussi remettre le téléphone au Proviseur. Seulement pendant la pause il est permis d’utiliser  son portable.
ART. 5 Les élèves doivent écrire leurs  notes sur leur  livret scolaire, qui doit être signé par les parents.
ART. 6 Les salles en commun sont pour tous les élèves, donc elles doivent être respectées.
ART. 7 Le professeur doit accompagner les élèves du lycée au gymnase. Pour faire les cours de gymnastique, il est nécessaire d’avoir une  paire de baskets.
ART. 8 Dans le gymnase, il est interdit de faire des jeux dangereux sans le permis du professeur.
ART. 9 Le café est ouvert dès 7 heures. Les élèves peuvent réserver leur casse-croûte pour le  déjeuner jusqu’à 10  heures et demie.



Voilà pourquoi  je l'adresse volontiers à notre

Cher Proviseur prof  Salvatore Consolo



avec un peu d'humour....







et un poème de Jacques Prévert  


  
  
  
  
En sortant de l'école
nous avons rencontré
un grand chemin de fer
qui nous a emmenés
tout autour de la terre
dans un wagon doré.
Tout autour de la terre
nous avons rencontré
la mer qui se promenait
avec tous ses coquillages
ses îles parfumées
et puis ses beaux naufrages
et ses saumons fumés.
Au-dessus de la mer
nous avons rencontré
la lune et les étoiles
sur un bateau à voiles
partant pour le Japon
et les trois mousquetaires des cinq doigts de la main
tournant la manivelle d'un petit sous-marin
plongeant au fond des mers
pour chercher des oursins.
Revenant sur la terre
nous avons rencontré
sur la voie de chemin de fer
fuyait tout autour de la terreune maison qui fuyait
fuyait tout autour de la mer
fuyait devant l'hiver
qui voulait l'attraper.
Mais nous sur notre chemin de fer
on s'est mis à rouler
rouler derrière l'hiver
et on l'a écrasé
et la maison s'est arrêtée
et le printemps nous a salués.
C'était lui le garde-barrière
et il nous a bien remerciés
et toutes les fleurs de toute la terre
soudain se sont mises à pousser
pousser à tort et à travers
sur la voie de chemin de fer
qui ne voulait plus avancer
de peur de les abîmer.
Alors on est revenu à pied
à pied tout autour de la terre
à pied tout autour de la mer
tout autour du soleil
de la lune et des étoiles
A pied à cheval en voiture et en bateau à voiles.









mardi 12 août 2014

SANDOR MARAI : "LES BRAISES"





J’ai l’impression que ce livre m’attendait depuis longtemps, je ne l’avais
pas encore acheté, ni reçu en cadeau, mais j’ai toujours été certain
qu’il fallait que je le lise, depuis que, lors d’une soirée entre  amis,
Marco et Giuseppe  m’en avez raconté leur enchantement …   
 Et les livres, comme notre passé, souvent nous attrapent.



Ce conte et son auteur ont été une découverte immense.

Roman de l’attente selon certains, mais surtout  de l’Amitié,
de l’Amour,   et pour moi de la Passion qui nous promène le
long de toute notre vie, nous offrant ce souffle primordial qui
 nous pousse à jouir pleinement  de la vie et nous invite à nous
 battre dès que nous avons pénétré  l’intuition secrète d’un espoir,
  d’une âme sœur qui nous accompagnerait à jamais.







Voici dans la traduction en italien la dernière question
que Henri pose à son ami  Konrad, après 41 ans d'attente


"Non credi anche tu che il significato della vita

sia semplicemente la passione che un giorno invade

il nostro cuore, la nostra anima e il nostro corpo e

che, qualunque cosa accada, continua a bruciare

 in eterno, fino alla morte?"



ADELPHI EDIZIONI 1998
   


INA 

 Je vous laisse savourer les quelques mots que Emmanuel à publié sur
   



  







Gainsbourg "Aux armes et caetera"











 s'est souvent moqué de tout et de tous, mais dans ce cas


il s'agit, dirais-je,  d'une sorte d' insoumission,


 « Je suis un insoumis qui a redonné à

La Marseillaise son sens initial"

  


C'est avec cet album que le reggae  fait son apparition en France








Allons enfant de la patrie
Le jour de gloire est arrivé
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé

Aux armes et caetera

Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats
Ils viennent jusque dans nos bras
Egorger nos fils nos compagnes

Aux armes et caetera

Amour sacré de la patrie
Conduis soutiens nos bras vengeurs
Liberté liberté chérie
Combats avec tes défenseurs

Aux armes et caetera

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus

Aux armes et caetera






Poésie en liberté: Palmarès de l'étranger 2014 - Deuxième prix : Giulia Calvi" - Lycée "E. Cairoli Varese (Italie)













Phalène (conversation avec un triste rêveur)
 
-Vis; la vie qui passe; soupires, soupires.
-Toute la nuit?
-Tu es une phalène.
-Toute la nuit.
-C’est normal, c’est normal que tout te fasse mal.
-Toute la nuit, toute la nuit.
-Et puis, qui te dit ça, Petite?
-À moi, la vie coulait par les yeux comme rivières. 
-Tu t’es éteinte, Petite.
-À moi, la vie s’éteignait dans les yeux comme cendre.
-Je peux y effondrer dans ta bouche, Petite. 
-À moi, les mots déchirent les lèvres.
-Déchires-moi l’ âme, Petite.
-À moi, la peur s’enfonce dans la peau comme lames.
-Et par ta gorge on égorge les rêves.
-À moi, la vie disparaît comme brouillard.
-À nous, la vie embrouille comme brouillard; tu es le non-sens  
de toi-même.
 
Giulia Calvi
 
 
 
 

 



 
 
 
 
 
Pourquoi as-tu décidé de participer à Poésie en liberté?
 
J'ai toujours aimé la poésie et la littérature en général. Mon professeur de français,
Carlo Zerba,  avait présenté en cours ce concours et mon amour pour la poésie m'a
amenée à  m’inscrire.
 
C'est la première fois que tu participes à un concours?
 
C’est la première fois pour  un concours de poésie. En ce qui concerne  la prose, j’ai
participé au concours Premio Chiara Giovani il y a un an et je suis arrivée parmi les 23
 finalistes. J'ai envoyé une histoire  cette année aussi, mais on ne connaît  pas encore la
 liste des gagnants.  
 
D'où vient cette passion pour l'écriture?
 
C'est une passion qui remonte à mon enfance. À 6 ans, j'avais déjà lu tous les livres
 de  Harry Potter publiés à l'époque; je crois que cette passion est née à partir de ce
moment-là. J’espère que cette passion pourra faire partie de mon travail, quand je
serai  adulte.  J'ai toujours beaucoup lu, et cela m'a énormément  aidé dans l'écriture.
Je suis arrivée un peu plus tard à la lecture des poèmes, à l'âge de 11 ans. J'avais vu
le  film "Il postino", avec Massimo Troisi, et j'avais commencé à lire Neruda.
 
Quels sont tes livres et tes poèmes préférés?
 
Il est très difficile de choisir un livre seulement. Il y en a plusieurs : Uno Nessuno e
Centomila de Pirandello m'a, sans aucun doute, beaucoup marquée  , mais j'ai aussi
 aimé Le Petit Prince de Saint-Exupéry, Demian de Hesse, Il giovane Holden de
Salinger et  Un uomo d’  Oriana Fallaci. Parmi les recueils de poèmes j’ai bien aimé
 Antologia di Spoon River d’Edgar Lee Masters, Il quaderno verde del Che,   Howl
et Kaddish d'Allen  Ginsberg.


 

Montaigne: "Ai-je perdu mon temps"..." [Essais, Livre II, chapitre XVIII, « Du démentir », extrait]




Le chapitre XVIII, intitulé "Du démentir" reprend l'avis aux lecteurs et montre qu'il écrit pour lui et ses amis. Il aborde un thème fondamental : pourquoi et comment parler de soi.
Il est assez rare qu'un auteur ne s'interroge pas sur sa démarche
 autobiographique. Deux thèmes : interrogations sur le bien fondé
 de l'écriture autobiographique et justification de l'autobiographie
 et de sa publication.   
En écrivant son autobiographie, Montaigne se révèle tel qu'il est
 et trouve ainsi une occasion de mieux se connaître, tout en
donnant à un public potentiel une possibilité de le connaître.
  
 
 


 
 


 "Ai-je perdu mon temps?..."
 
 
    Et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps de m'être entretenu tant d'heures oisives à pensements si utiles et agréables ? Moulant sur moi cette figure, il m'a fallu si souvent dresser et composer pour m'extraire, que le patron s'en est fermi et aucunement formé soi-même. Me peignant pour autrui, je me suis peint en moi de couleurs plus nettes que n'étaient les miennes premières. Je n'ai pas plus fait mon livre que mon livre m'a fait, livre consubstantiel à son auteur, d'une occupation propre, membre de ma vie ; non d'une occupation et fin tierce et étrangère comme tous autres livres.
    Ai-je perdu mon temps de m'être rendu compte de moi si continuellement, si curieusement ? Car ceux qui se repassent par fantaisie seulement et par langue quelque heure, ne s'examinent pas si primement, ni ne se pénètrent, comme celui qui en fait son étude, son ouvrage et son métier, qui s'engage à un registre de durée, de toute sa foi, de toute sa force.
    Les plus délicieux plaisirs, si se digèrent-ils au dedans, fuient à laisser trace de soi, et fuient la vue non seulement du peuple, mais d'un autre.
    Combien de fois m'a cette besogne diverti de cogitations ennuyeuses ! et doivent être comptées pour ennuyeuses toutes les frivoles. Nature nous a étrennés d'une large faculté à nous entretenir à part, et nous y appelle souvent pour nous apprendre que nous nous devons en partie à la société, mais en la meilleure partie à nous. Aux fins de ranger ma fantaisie à rêver même par quelque ordre et projet, et la garder de se perdre et extravaguer au vent, il n'est que de donner corps et mettre en registre tant de menues pensées qui se présentent à elle. J'écoute à mes rêveries parce que j'ai à les enrôler. Quant de fois, étant marri de quelque action que la civilité et la raison me prohibaient de reprendre à découvert, m'en suis-je ici dégorgé, non sans dessein de publique instruction ! Et si, ces verges poétiques :
Zon dessus l'oeil, zon sur le groin,
Zon sur le dos du Sagoin !
s'impriment encore mieux en papier qu'en la chair vive. Quoi, si je prête un peu plus attentivement l'oreille aux livres, depuis que je guette si je pourrai friponner quelque chose de quoi émailler ou étayer le mien ?
    
 [Essais, Livre II, chapitre XVIII, « Du démentir », extrait]


 
 
 
 
 Montaigne souligne le plaisir de la relation à soi-même car il faut se regarder comme  un autre et avoir une relation avec soi-même. Il donne une grande place à l'affectivité :  champ lexical du plaisir et de l'agrément.
On pourra toujours relire les moments heureux de sa vie. On fige pour l'éternité les moments les plus agréables de sa vie.L'autobiographie, faire le point, faire ressurgir les plaisirs est le meilleur moyen de lutter contre l'ennui. Il nous montre la relation entre la représentation de soi et la connaissance de soi (autobiographie : essayer  de se représenter).
Les deux opérations vont de paire : parler de soi implique une meilleure connaissance de soi. Il utilise le vocabulaire de la peinture et de la sculpture pour le champ lexical de parler de soi : "moulant sur moi cette figure", "dresser et composer", "le patron" (c'est Montaigne lui-même), "me peignant", "couleurs", "l'étude", "l'ouvrage".
Il faut que Montaigne se regarde. Cela montre les différentes étapes de l'autobiographie. Une meilleure maîtrise de soi. Montaigne met en valeur sa volonté de dominer son imagination quand il va parler de lui (champ lexical de l'ordre ), "ranger ma fantaisie à rêver", "ordre", "la garder de se perdre et extravaguer  au vent", "enrôler". 
Soucis de structure, de ne pas aller dans tous les sens, de suivre un fil conducteur.  D'où l'autobiographie (meilleure maîtrise de soi).