mardi 23 février 2016

Pierre Bachelet "Vingt Ans"





M. ZERBA 

part à  Rouen 
...

En ce temps-là...

 j'avais vingt ans !





En ce temps là je vivais
Comme un oiseau sur la branche
Devant les files de ciné
Je faisais la manche
C'était les copains d'abord
Et les premiers transistors
Sidney Bechet, Petite fleur
Les bleus sur le coeur
En ce temps là les trottoirs

C'était manif et guitare
Même que c'est toujours comme ça
En ce temps là j'avais vingt ans
Sur la télé en noir et blanc
On découvrait le rock and roll
Elvis Presley et les idoles
Fauteuils cassés dans tous les music halls
En ce temps là c'était Paris

C'était la guerre en Algérie
Dans les bistrots de la banlieue nord
On était pas toujours d'accord
Ira ou pas, d'accord ou pas d'accord
En ce temps là de ta vie
Tu rêvais d'avoir ton bac
Et de monter à Paris
T'inscrire à la fac
Et puis y avait le mois de mai
Qui préparait ses pavés

C'est là qu'on s'est rencontré
Mouchoir sur le nez
Le monde était à refaire
Et dans ta chambre à Nanterre
C'est justement c'qu'on a fait
En ce temps là j'avais vingt ans
Et toi t'en avais presque autant
T'avais un parfum de verveine
Et de grenades lacrymogènes
Et puis surtout tu m'prenais pour Verlaine
Alors soudain ça été nous

Comme un tonnerre un coup d'grisou
Y a vait plus qu'nous dans nos blousons
Y avait plus qu'nous dans nos chansons
Dans les discours, carrefour de l'Odéon
En ce temps là j'avais vingt ans
J'avais vingt ans pour très longtemps
L'amour chantait sa carmagnole
En descendant rue des Ecoles
Affiche d'une main, de l'autre le pot d'colle
En ce temps là j'avais vingt ans


J'avais vingt ans depuis longtemps
Ferré passait à la radio
C'était les vacances en deux chevaux
Et toutes les filles se prenaient pour Bardot
C'était la télé qui s'allume
Pour le premier pas sur la lune
En ce temps là c'était le rock
Mais on changeait déjà d'époque
Et les Beatles allaient se séparer
En ce temps là j'avais vingt ans
J'avais vingt ans éternellement
L'amour chantait sa carmagnole
En montant la rue des Ecoles
T'avais ta main posée sur mon épaule


vendredi 19 février 2016

Bande de filles de Céline Sciamma



Lundi,  le 22 février 2016






ALESSANDRO LEONE (diamante-nero)BANDE DE FILLES



Marième vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. 

La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de

 l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change

 tout. Elles dansent, elles se  battent, elles parlent

 fort, elles rient de tout. Marième devient Vic et entre 

dans la bande,  pour vivre sa jeunesse...



Marième (Vic)
Lady - Fily - Adiatou







Lucy in the Sky 

with Diamonds

 (Beatles) 



We're beautiful
Like diamonds in the sky
(Rihanna)










"Je fais ce que je veux"







VOCABULAIRE

Verlan


Air vénère  - (verlan) énervé en colère 
Se Barrer s'en aller
Brouhaha Bruit de voix confus : Le brouhaha des fins de réunion.
Buter Heurter le pied contre quelque chose, trébucher en parlant
de quelqu'un : il a buté contre une pierre et il est tombé. - Être arrêté par une difficulté qui empêche le cours normal d'une action, d'un raisonnement, etc. : Buter sur une difficulté. - Hésiter en parlant, se tromper : Il bute sur chaque mot.
Chantage Délit consistant à extorquer, à l'aide de menaces, des fonds, des valeurs, une signature d'un acte.  - Action de brandir 
une menace pour obtenir de quelqu'un quelque chose qu'il refuse : Un chantage sentimental
Daronne  mère
Défoncer Populaire. En parlant d'une drogue, mettre quelqu'un dans un état hallucinatoire.
Dégager Retirer quelqu'un, quelque chose de ce qui le coince, le bloque ; délivrer, libérer
Filer Donner quelque chose à quelqu'un ; refiler, flanquer : 
Filer de l'argent à un ami. Filer une gifle à un enfant.
Kiffer Apprécier, aimer ; prendre du plaisir à.
Meuf verlan . Femme, fille.
Misquine de l'arabe,  le / la pauvre, faire pitié
Placard prison
Plombe (de plomber, sonner, en argot) Populaire. Heure.
Rêver S'absorber dans la pensée d'une chose que l'on désire vivement :Rêver d'une vie meilleure.
Téma (verlan de mater ), regarder, surveiller
Thune argent
Ouf (verlan) fou
VTT vélo tout terrain
Warrior's de l'anglais warrior personne courageuse, qui n'a jamais peur







lesinrocks


Quand Vic, Lady, Adiatou et Fily se lâchent toutes les quatre sur le Diamonds de Rihanna, c’est une épiphanie, un bingo qui claque, une cristallisation des désirs des personnages et du spectateur, peut-être le genre de scène dont on dit que le film a été fait juste pour ça. A ce moment-là, cette bande des quatre est une version féminine et noire des Fab Four, une déclinaison frenchie 2014 des Supremes, Crystals, Shirelles, Vandellas et autres merveilles de la chapelle sixties pop black américaine.









jeudi 18 février 2016

Fabrizio De André " Valzer per un amore"


Aujourd'hui

18 février 2016

Fabrizio De André

aurait eu 76 ans 










Quando carica d'anni e di castità
tra i ricordi e le illusioni
del bel tempo che non ritornerà,
troverai le mie canzoni,
nel sentirle ti meraviglierai
che qualcuno abbia lodato
le bellezze che allor più non avrai
e che avesti nel tempo passato
ma non ti servirà il ricordo,
non ti servirà
che per piangere il tuo rifiuto
del mio amore che non tornerà.
Ma non ti servirà più a niente,
non ti servirà
che per piangere sui tuoi occhi
che nessuno più canterà.
Ma non ti servirà più a niente,
non ti servirà
che per piangere sui tuoi occhi
che nessuno più canterà.
Vola il tempo lo sai che vola e va,
forse non ce ne accorgiamo
ma più ancora del tempo che non ha età,
siamo noi che ce ne andiamo
e per questo ti dico amore, amor
io t'attenderò ogni sera,
ma tu vieni non aspettare ancor,
vieni adesso finché è primavera.











mardi 16 février 2016

Fabulous Trobadors : "L'anniversaire"



Fêtons ce frileux février 

BONNE ANNIVERSAIRE  ! ! !





De l'ami Machin
C'est l'anniversaire
Il n'est pas centenaire
Il a mettons 20 ans

Ô ami Machin
Pour ton anniversaire
Y a la fête à faire
L'affaire d'un moment

Un an de plus
Qu'il n'avait l'année dernière
Un an de moins
Qu'il n'aura l'an prochain (bis)

C'est pas mon anniversaire,
Ni le tien, ni le tien
C'est pas mon anniversaire,
C'est le sien jusqu'à demain (bis)

De Salimata
C'est l'anniversaire
Elle est pas centenaire
Elle a juste 20 ans

Elle est de toute jolie
Elle fait pas la fière
J'envie son fiancé
Le grand juste devant

Un an de plus
Qu'il n'avait l'année dernière
Un an de moins
Qu'il n'aura l'an prochain

De l'ami Fabrice
C'est l'anniversaire
Il est pas centenaire
Il a juste 30 ans

Cher ami Fabrice
Pour être sincère
T'as rien pour me plaire
C'est quand même marrant

Un an de plus
Qu'il n'avait l'année dernière
Un an de moins
Qu'il n'aura l'an prochain (bis)

C'est pas mon anniversaire,
Ni le tien, ni le tien
C'est pas mon anniversaire,
C'est le sien jusqu'à demain (bis)

De mon frère Patrick
C'est l'anniversaire
Il est pas centenaire
Il a que 50 ans

Je suis pas pressé
Mais ceci dit j'espère
Qu'on refera la fête
Quand il aura 100 ans

Un an de plus
Qu'il n'avait l'année dernière
Un an de moins
Qu'il n'aura l'an prochain

C'est pas mon anniversaire,
Ni le tien, ni le tien
C'est pas mon anniversaire,
C'est le sien jusqu'à demain

Petite Johanna
C'est ton anniversaire
Elle est pas centenaire
Elle a juste huit ans

Fêter un an de plus
C'est bien mais c'est pépère
Fêter un an de moins
Ça c'est plus amusant

Un an de plus
Qu'il n'avait l'année dernière
Un an de moins
Qu'il n'aura l'an prochain (bis)

C'est pas mon anniversaire,
Ni le tien, ni le tien
C'est pas mon anniversaire,
C'est le sien jusqu'à demain (bis)

Un an de plus
Qu'il n'avait l'année dernière
Un an de moins
Qu'il n'aura l'an prochain (bis)

C'est pas mon anniversaire,
Ni le tien, ni le tien
C'est pas mon anniversaire,
C'est le sien jusqu'à demain (bis)

(Pour finir ) : Et maintenant pour Patrick...
Ça fait...
Bon an - ni - ver - saire !!!! ....










samedi 13 février 2016

ALICE PRESTINT ET FEDERICO PODANO : D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan (GONCOURT LYCEENS ITALIENS)





Dans l'attente de  nous  rendre à Rome

 pour le Goncourt des lycéens italiens 

Voici les critiques de 

Alice et Federico 

II D ESABAC au lycée classique 

 "E. Cairoli" de Varese

 

Prix Goncourt des lycéens 2015

 et Prix Renaudot 2015 



UN THRILLER SURPRENANT 

ENTRE FICTION  ET RÉALITÉ

Delphine de Vigan, écrivaine de succès, a été tellement bouleversée par les effets qu’a produits son dernier roman, concernant le suicide de sa propre mère, qu'elle ne réussit plus à écrire.
Et une rencontre fatale avec L., femme séduisante et mystérieuse, dont on ne comprend pas les vraies intentions, va empirer les choses.

Delphine et L. semblent avoir beaucoup de choses en commun et L. paraît tout connaître d’elle. L’intimité entre les deux devient de plus en plus forte, et Delphine arrive à penser n’avoir personne autour d’elle, exception faite pour L.
L., écrivaine elle-même, veut que Delphine développe un sujet réel dans ce qu’elle appelle le “livre fantôme”: en effet, c’est, selon elle, la seule solution pour les écrivains du moment que tout lecteur veut être sûr qu’il y a du vrai dans ce qu'il lit.
Dans le même temps, Delphine est totalement soumise à la forte personnalité de L., qui paraît créer du vide dans l’intérieur d’elle.
Mais quand leur rapport devient plus intime que jamais, L. commet quelque chose d’imprévisible et, après ça, elle disparaît, en quittant Delphine, qui doit traiter avec son éditrice et un manuscrit qui porte son nom, mais qu'elle n'a jamais écrit.
Un thriller psychologique original, prenant, dont la force est dans la parfaite caractérisation des personnages.
Ils sont seulement deux: Delphine et L., mais leurs interactions, leur rapport, leur complexité et leurs différentes nuances ne laissent pas d’espace à l’ennui.
Delphine est représentée dans un moment de fragilité, et sa faiblesse émerge aussi dans les dialogues qu'elle a avec L.: elle est toujours vaincue, elle est souvent sidérée, sa capacité de persuasion ne peut pas rivaliser avec la rhétorique séduisante et convaincante de L.. Delphine est la victime: victime d'un jeu qu'elle ne comprend pas, victime de la confiance qu'elle fait à la seule personne qui semble s'intéresser à elle, victime, enfin, d'elle-même et de son insécurité.
Pour ce qui concerne L., tout le contraire: elle est charmante, rusée, ambitieuse, manipulatrice. Elle s'adapte à toutes les situations: elle sait être mélancolique et joyeuse, furieuse et calme. Elle est très empathique: elle réussit à comprendre ce qui se passe dans la tête de Delphine sans qu'elle ne dise rien, elle sait porter Delphine à changer d’opinion, à douter de tout.
Un élément qui contribue fortement à la bonne réussite des ce roman est le style de l’écriture. L’auteure a su bien alterner des différents registres linguistiques: le style est plus linéaire et simple lorsque l’auteur expose le déroulement des événements; il devient un peu plus articulé lorsque l’auteur présente ses pensées; il est, enfin, plus complexe quand c'est L. qui parle. Les discours de L., en effet, suivent parfois les règles de la rhétorique, l’art de la persuasion, au tel point que le lecteur est lui-même enchanté par la beauté de ses mots.
Le roman présente les caractéristiques clés du genre thriller: le suspense, les éléments mystérieux, le final imprévisible. Il mêle réalité et fiction, laissant le lecteur dans l’angoisse et parfois dans la terreur.

“D’après une histoire vraie” de Delphine de Vigan joue avec la psychologie des personnages et des lecteurs, d’une façon originale et appréciable. Dès le début et jusqu'au dénouement final, l’envie d’en lire toujours davantage ne cesse jamais.

Alice Prestint 



D’après une histoire vraie : 

un blocage de l’écrivain bien résolu

       Après « Rien ne s’oppose à la nuit », la célèbre écrivaine Delphine de Vigan nous offre ce deuxième roman autobiographique qui va sans aucun doute gagner l’attention du lecteur : « D’après une histoire vraie ».

       Dès les premières pages, on peut ressentir que l’histoire qui vient de commencer ne s’écoulera pas seulement sur notre peau, mais au contraire elle pénétrera dans un niveau bien plus profond. Avec la rencontre entre Delphine, écrivaine qui fait face à un moment de crise, et la mystérieuse « L. », dont le prénom aussi bien  que sa réelle identité resteront toujours inconnus (en fait, « L. » se prononce comme le pronom personnel « elle »), on ne peut qu’être pris dans le crescendo qui correspond à l’évolution de l’amitié entre les deux femmes : intime et surprenante pendant ses premières phases ; de plus en plus dangereuse et inquiétante une fois qu’elle s’est stabilisée, jusqu’à une partie finale à couper le souffle.

       Grâce à l’analyse psychologique précise et attentive, le lecteur a la possibilité d’entrer en empathie avec l’auteure, dont on assume le point de vue pendant les événements, et de  comprendre chaque geste et chaque pensée. Le personnage de L. est en plus  bien caractérisé : les éléments de sa personnalité nous sont livrés peu à peu, de façon que l’histoire puisse rester intrigante jusqu’à sa dernière ligne.
       Le résultat est un roman très bien écrit dont le style ne se distingue pas pour des artifices ou des techniques particulièrement originales, mais parce qu’il  est certainement clair et fluide et nous permet de faire face aux 479 pages du livres sans aucun problème. Le rythme de la narration est lent, mais jamais ennuyeux, et la tension qui nous passionne à partir de la moitié du roman monte progressivement jusqu’à la fin, ce qui permet de  répondre à la plupart des questions du lecteur tout en le quittant  avec quelques doutes irrésolus.

       Tout au cours de l’introspection, l’auteure développe des réflexions qui rendent la lecture plus intéressante et agréable. Le titre lui-même de ce roman, par exemple, synthétise le fil rouge qui se déroule à travers les pages : le rapport, souvent compliqué dans les œuvres littéraires, entre le réel, c’est-à-dire la vérité effective des événements qui sont racontés, et la fiction, vue ici dans une perspective qui va nous faire réfléchir.

       Le conseil est donc de ne pas rater ce roman.

Federico Podano



jeudi 11 février 2016

Pierre de Marbeuf Recueil des vers "Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage"




SAINT-HONORAT   CZ

Et la mer et l'amour ...


Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.


Pierre de Marbeuf   Recueil des vers





Pierre Bonnard Méditerranée 


mardi 9 février 2016

Paul Verlaine : "Marine", "La lune blanche", "Sur les eaux"






Marine


L'Océan sonore
Palpite sous l'oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu'un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D'un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs,
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,

Et qu'au firmament,
Où l'ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement. 







La lune blanche








La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...


Ô bien-aimée.


L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...


Rêvons, c’est l’heure.


Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise...


C’est l’heure exquise.



Analyse









Sur les eaux


Je ne sais pourquoi 

 Mon esprit amer 
D'une aile inquiète et folle vole sur la mer. 
 Tout ce qui m'est cher,
 D'une aile d'effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?


 Mouette à l'essor mélancolique, 
 Elle suit la vague, ma pensée, 
 À tous les vents du ciel balancée,
 Et biaisant quand la marée oblique 
 Mouette à l'essor mélancolique.


 Ivre de soleil 
 Et de liberté, 
Un instinct la guide à travers cette immensité.
 La brise d'été
 Sur le flot vermeil
 Doucement la porte en un tiède demi-sommeil. 


 Parfois si tristement elle crie 
 Qu'elle alarme au loin le pilote, 
 Puis au gré du vent se livre et flotte 
 Et plonge, et l'aile toute meurtrie 
 Revole, et puis si tristement crie ! 


 Je ne sais pourquoi 
 Mon esprit amer
 D'une aile inquiète et folle vole sur la mer
. Tout ce qui m'est cher, 
 D'une aile d'effroi 
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?  

Analyse