jeudi 18 septembre 2014

Alphonse Allais "Complainte Amoureuse" ... pour réviser le subjonctif et le passé simple.












Alphonse Allais est un écrivain plein d'humour qui raconte ici
une histoire d'amour très simple.
Pour  se moquer de l'amoureux repoussé par la jeune fille,
il utilise surtout l'imparfait du subjonctif (à remarquer
particulièrement les rimes), qui est très peu employé
en français :

Coup de  foudre! X rencontre y et lui  avoue naïvement son amour,
mais elle, méprisante, ne lui répond pas...
(ndr, Il semble que cela arrive souvent ...).
Amoureux fou et désespéré, il s'entête ... il l'idolâtre.
Le silence de  l'aimée le fait "mourir d'amour".

Complainte amoureuse


Oui dès l'instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les veux que je vous offris !
En vain, je priai, je gémis,
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis;
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes
Et je ne sais comment vous pûtes,
De sang-froid voir ce que je mis.
Ah ! Fallait-il que je vous visse             

Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le disse
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez            
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez

AUDIO




Alphonse Allais est un journalisteécrivain et humoriste
français né le 20 octobre 1854 à Honfleur(Calvados)
et mort le 28 octobre 1905 à Paris.




Voici la mise en musique de  Juliette Gréco









Romantisme : fiches









Anne-Louis Girodet(xviiie ‑ xixe siècle) Les Funérailles d’Atala (1808)



Le Romantisme 1 (1800-1850)


Un peu de travail  pour mes élèves de 3e  D: des  fiches sur le romantisme qu'il faudra étudier avec attention.



 Le Romantisme (1800-1850)

Le terme romantisme : au XVII°, il renvoie à l’esthétique sans règle du roman déconsidéré à cette époque. Le terme se charge d’une nuance péjorative qui en fait un synonyme du mot «  baroque ». Au XVIII°, les préromantiques comme Rousseau l’emploient dans un sens positif, celui de « pittoresque ». Enfin, dans les premières  années du XIX°, le mot renvoie en Angleterre et en Allemagne à un mouvement littéraire. Ensuite, il prend ce sens en France et s’oppose directement au terme de classicisme.

1-Les causes du romantisme

-Les influences anglaises et allemandes : Romantisme qui apparaît d’abord comme une réaction patriotique contre l’influence du classicisme français. L’âge d’or en Angleterre est la période élisabéthaine, on y exalte Shakespeare contre les tragédies à la française. En Angleterre comme en Allemagne, la recherche d’une littérature proprement nationale passe par la remise à l’honneur des traditions populaires : Coleridge ; les Frères Grimm. Et pourtant l’influence de Rousseau et du préromantisme français est considérable chez Goethe comme sur la plupart des romantiques anglais et allemands.

-La Révolution et l’Empire : Influence du traumatisme de la Révolution et des Guerres Napoléoniennes sur le romantisme. La retenue du classicisme ne convient plus pour exprimer les passions allumées pendant ces années terribles. Nombre de jeunes gens exaltés par le modèle des héros révolutionnaires ou des généraux de l’Empire ne parviennent pas à s’acclimater au retour au calme de la Restauration, puis de la monarchie de Juillet. Musset analyse ce malaise que l’on baptise le mal du siècle dans La confession d’un enfant du siècle. Senancour exprime également ces angoisses dans Oberman (1804). D’autre part, les troubles politiques ont jeté bon nombre d’émigrés comme Chateaubriand, d’exilés comme Mme de Staël, sur les routes d’Europe, leur faisant côtoyer les modèles anglais et allemands.

2-Les caractéristiques du romantisme

-Le refus des règles : La Révolution avait profondément bouleversé la société française pour qu’il fût possible de conserver les règles strictes du classicisme, déjà mises à mal par les Lumières. Rejetant la règle des trois unités du théâtre classique, Victor Hugo crée le drame romantique et revendique, dans sa préface de Cromwell, le mélange des genres comique et tragique.

-La solitude du moi : Le romantisme est une quête de spécificité : génies nationaux de chaque culture, génies personnels de chaque individu. Le lyrisme redevient le registre par excellence du romantisme. Les Méditations poétiques de Lamartine ouvrent la voie aux Nuits de Musset et aux Contemplations de Victor Hugo. Le héros romantique est souvent un géni incompris comme dans le Chatterton de Vigny ou un exilé maudit comme l’Hernani de Victor Hugo.

-La nostalgie du passé : Moyen Age redécouvert et glorifié par les romantiques. Notre Dame de Paris de V. Hugo ; Lorenzaccio de Musset qui situe son œuvre à la Renaissance ; La Reine Margot (située au XVI°) et les Trois Mousquetaires (époque classique) par Alexandre Dumas.

-L’exotisme et la couleur locale : Exaltation de paysages exotiques car avidité d’une nature sauvage et grandiose où la présence d’un Créateur se fait davantage sentir. Atala de Chateaubriand ; Les Orientales de V. Hugo ; Voyage en Orient de Nerval. Couleur locale de l’Espagne dans Hernani ou Ruy Blas de V. Hugo et Carmen de Prosper Mérimée.

-Le mystère et le fantastique : Goût du rêve et de l’imaginaire. La Vénus d’Ille de Mérimée lance le genre de la nouvelle fantastique suivi par Sylvie de Nerval.

-Le goût du morbide : La mort est un voyage vers l’inconnu plus qu’une fin redoutée. Le héros de René de Chateaubriand exprime sans retenue son impatience de mourir. Aspect le plus romantique de Baudelaire dans ses poèmes « La charogne » et « Le mort joyeux » des Fleurs du Mal.

-Le renouveau du roman : Devient l’un des genres les plus prisés du XIX°. Stendhal et Balzac mêlent déjà aux sentiments romantiques de leurs héros le soucis de vérité dans leurs description de la société, préparant ainsi l’éclosion du roman réaliste. V.Hugo parviendra à faire durer le roman romantique pendant la période réaliste avec Les Misérables ou L’Homme qui rit.



Le Romantisme 2 (1800-1850)


LA POETIQUE DU MOUVEMENT ROMANTIQUE

I - Les constantes des textes romantiques

            Quelques thèmes apparaissent de façon récurrente chez les auteurs romantiques, comme le "moi" et l'amour malheureux. Quelques décors sont privilégiés ainsi que l'Histoire et l'exotisme. Quelques sensations sont suscitées chez le lecteur, comme le dépaysement et le mystère.

1 - Le "moi"

            Le Romantisme s'écrit d'abord à la première personne. La poésie lyrique exalte un "je" qui s'exprimerait au nom de tous. Des genres naissent (comme le journal intime), se développent (comme l'autobiographie) et exaltent le désir de la connaissance de soi. C'est souvent un "moi" douloureux atteint par le "Mal du siècle" que met en scène le Romantisme. Le héros peut être banni (comme Jean Valjean ou Quasimodo), ou s'exclure lui-même (comme Frollo ou Lorenzaccio) à cause de sa misanthropie.

2 - Amour malheureux

            Dans un monde guetté par l'ennui et la désillusion, l'amour semble être le refuge des idéaux. Pourtant, l'histoire d'amour romantique se termine rarement bien. Séparés par des malentendus, la loi, les préjugés, les couples romantiques ne s'unissent que dans la mort. Une double mort construit souvent la mythologie de ces couples impossibles.

3 - L'exotisme
            La traduction est en vogue ainsi que la curiosité pour l'ailleurs. L'attrait pour l'Orient est avivé par les découvertes comme les hiéroglyphes et s'exprime dans Les Orientales de Victor Hugo (1829). Noms propres exotiques, informations sociologiques, descriptions précises, insertion de mots étrangers dans la narration : le souci de la couleur locale romantique est une façon d'aviver le mystère et le sentiment d'étrangeté.

4 - La rêverie, le mystère et le fantastique

            Le romantique aime le mystère et le surnaturel. Le fantastique connaît un grand succès au XIXe siècle : il y a les spécialistes du genre, c'est à dire Théophile Gautier, Charles Nodier et Prosper Mérimée. Dans le récit fantastique, le lecteur hésite devant une explication réaliste ou surnaturelle des évènements décrits. Le récit fantastique est à l'image de la littérature romantique : il se construit sur l'opposition et la contradiction.


II - Le "Mal du siècle"

            Les hommes de Lettres condamnés à l'immobilisme social en viennent souvent à ressentir un sentiment de mélancolie, une profonde angoisse, sentiment baptisé "Mal du siècle".

1 - Un malaise historique

            Après la chute de Napoléon, il n'est plus possible pour les jeunes de cette époque de s'investir dans cette légende et il semble alors que la notion d'héroïsme soit désormais abolie.

            L'écrivain romantique a le sentiment d'être floué par l'époque qu'il traverse : une époque de désillusion marquée par les échecs comme celui de la Révolution de 1830.

            Ainsi, chez l'écrivain romantique, le malaise historique se transforme souvent en angoisse métaphysique.

2 - Une angoisse métaphysique
            Le "Mal du siècle" se traduit par un ennui inquiet provoqué par l'inactivité (oisiveté chez Musset). L'œuvre Adolphe de Benjamin Constant fournit une première impression de ce mal de vivre. L'impossibilité à s'extérioriser peut conduire à la folie et au spleen. Le héros négatif du "Mal du siècle", qui ne parvient ni à jouir, ni à pleurer, qui est usé avant l'âge, éprouve cette terrible dysharmonie de l'être à laquelle Charles Baudelaire donnera des accents très forts.



III - La poésie romantique

            La poésie romantique se veut à la fois intime et universelle, cosmique et inspirée.

1 - Un registre lyrique

            Le "je" romantique veut atteindre le plus intime de l'être et de ses sentiments.

Lyrisme : registre poétique qui permet l'expression souvent exaltée de sentiments personnels.

            Le discours poétique romantique aspire à se manifester comme une simple confidence. L'épreuve amoureuse, la confrontation avec le réel, la perte des idéaux, toutes les occasions de larmes sont des chemins vers la poésie. Le poète romantique tente de dire ses sentiments, ses pensées les plus privées, ses goûts les plus personnels, persuadé que le lecteur y retrouvera, sinon ses propres sentiments, au moins quelque chose d'apparenté à ce qu'il ressent lui-même.

2 - Une poésie universelle

            Le poète de l'intime se pose volontiers en interprète de la nature tout entière, voire du cosmos, comme chez Victor Hugo. Il existe une langue des choses muettes. L'homme est entouré de voix que le poète a le privilège d'entendre mieux que tout autre.

3 - Innovation poétique

            Le Romantisme recherche une nouvelle simplicité en poésie. Il prône le choix de la figure de style juste, inventive, loin des figures pompeuses et figées des poètes classiques. Pour le lexique, il choisit le terme le plus simple. Le Romantisme rejette le côté trop structuré de l'alexandrin classique, avec sa césure automatique à la sixième syllabe.

Césure : coupe centrale qui sépare un alexandrin en deux moitiés égales.

            Le Romantique disloque le vers en multipliant les coupes, en accumulant rejets et enjambements.

Enjambement : effet produit lorsqu'une phrase dans un poème ne s'arrête pas à la rime mais déborde jusqu'à la césure ou à la rime du vers suivant.

Rejet : effet produit lorsque dans un poème en vers un élément court de la phrase (un ou deux mots ) est rejeté au vers suivant.









Stances à Marquise, Pierre Corneille (1606-1684)











De Pierre  Corneille on connaît bien l'oeuvre théâtrale et
on admire ses personnages au courage exemplaire comme
Le Cid ou Horace, mais on oublie qu'il a aussi écrit des poèmes
 d'amour comme ces Stances à Marquise (Thérèse Gorla),
épouse du comédien Du Parc et comédienne de talent,
courtisée par nombre d'artistes La Fontaine, Corneille,
Molière, Racine..

L'histoire raconte qu'elle est morte empoisonnée le 13 décembre 1668 dans des circonstances mystérieuses..


Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu’à mon âge
Vous ne voudrez guère mieux;

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront,
Et saura fâner vos roses
Comme il a aridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits :
On m’a vu ce que vous êtes.
Vous serez ce que je suis.

Cependant j’ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n’avoir pas trop d’alarmes
De ces ravages du temps.

Vous en avez qu’on adore,
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.

Ils pourraient sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu’il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle
Où j’aurai quelque crédit,
Vous passerez pour belle
Qu’autant que je l’aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise:
Quoiqu’un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu’on le courtise,
Quand il est fait comme moi.




Pour lui reprocher son indifférence, Corneille retrouve la leçon
de Ronsard (Quand vous serez bien vieille ...)

la beauté ne dure qu'un moment, la gloire  du poète seule est gage d'éternité:

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.

Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre et fantôme sans os :
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.
— Sonnets pour Hélène, 1587

   

Brassens reprend les trois premières strophes
des Stances à Marquise de Pierre Corneille
et y ajoute la quatrième plaisamment composée
par Tristan Bernard










Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront:
Il saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits:
On m'a vu ce que vous êtes;
Vous serez ce que je suis.

Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant.


Commentaire à lire impérativement!









L’Humanisme, une nouvelle vision de l’homme et du monde





 


L'uomo di Vitruvio



Le génie paradoxal

    


RAPPEL : la notion de mouvement littéraire et culturel

On reconnaît un mouvement littéraire :
- par ses thèmes dominants.
- par la constitution d’un manifeste littéraire, d’une doctrine commune aux écrivains influencés par les mêmes idées
- par la mise en valeur d’un chef de file(Érasme)
- par la rencontre des principaux écrivains dans des soirées, des cénacles, des salons….
- par l’adéquation entre les thèmes développés par les œuvres et la société de l’époque.
- La plupart des mouvements sont nommés a posteriori par des critiques, de même on définit plus tard les bornes de tel ou tel mouvement.

ð Mouvement littéraire = large groupe d’écrivains qui, à une époque donnée, sont réunis par un courant de pensée, c’est-à-dire par des tendances intellectuelles spécifiques et qui présente une opinion semblable de la situation politique et artistique du moment


ECRITURES 1

À Partir des documents des pages 208-213   déterminez les caractéristiques du mouvement humaniste :
- contexte historique (déterminez les dates du mouvement), scientifique, littéraire…
- les caractéristiques de l’écriture
- les thèmes communs
- les genres utilisés…
   


Contexte historique, social, culturel

Historique :
- guerres de religion opposant les catholiques et les Protestants jusqu’à l’édit de Nantes.

Scientifique :
- découverte de la rotondité de la terre, des Amériques.
- découverte de l’imprimerie : diffusion facilité des savoirs. (1448)
- héliocentrisme. (Copernic, 1543)

Culturel :
- Chute de Constantinople en 1453 : les savants Grecs se réfugient en Italie.
→ quattrocento italien. (= XVème siècle)
- ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) : le français devient la langue officielle utilisée dans les documents administratifs.


Thèmes développés

- L’homme est au centre des préoccupations : importance de l’éducation, recherche de la connaissance complète mais aussi de la beauté physique
« mens sana in corpore sano »
- découverte de l’autre : recherche de la tolérance. naissance du mythe du bon sauvage.
- utopie
- contestation des querelles religieuses
- traités politiques.


Genres utilisés

- essai
- utopie
- poésie

Caractéristiques de l’écriture

- inspiration antique grâce à la redécouverte des textes originaux.
- développement de la langue pour la littérature, recherche d’une création lexicale.
- inspiration italienne avec l’utilisation du sonnet en poésie.



DIAPORAMA





La démesure dans l'art








Entrepris pour le tombeau du pape Jules II dès 1505, Michel-Ange commença la réalisation des Esclaves en 1513, lors d'un deuxième projet. A la mort du pape, le projet changea à nouveau pour raison économique. Les Esclavesgagnèrent la France par le biais de Roberto Strozzi à qui Michel-Ange les avaient offerts. 


XVe et XVIe siècles

1494-1559

1415 à 1524