vendredi 28 novembre 2014

Corneille et Racine une comparaison d'après Jean de La Bruyère




 À l'usage de mes bons élèves de


 II D ESABAC






Le Cid (1636) Pierre Corneille





Phèdre  (1677) Jean Racine




 Les Caractères ou Les Moeurs du siècle (1688) Jean de La Bruyère


La Bruyère dans Les Caractères  explique  à travers  ce mémorable
 texte la place  fodamentale que Corneille et Racine  tiennent dans  
le Panthéon des lettres.



"Si ... il est permis de faire entre eux quelque comparaison, et les marquer l'un et l'autre par ce qu'ils ont eu de plus propre et par ce qui éclate le plus ordinairement dans leurs ouvrages, peut-être qu'on pourrait parler ainsi : "Corneille nous assujettit à ses caractères et à ses idées, Racine se conforme aux nôtres ; celui-là peint les hommes comme ils devraient être, celui-ci les peint tels qu'ils sont. Il y a plus dans le premier de ce que l'on admire, et de ce que l'on doit même imiter ; il y a plus dans le second de ce que l'on reconnaît dans les autres, ou de ce que l'on éprouve dans soi-même. L'un élève, étonne, maîtrise, instruit ; l'autre plaît, remue, touche, pénètre. Ce qu'il y a de plus beau, de plus noble et de plus impérieux dans la raison, est manié par le premier ; et par l'autre, ce qu'il y a de plus flatteur et de plus délicat dans la passion. Ce sont dans celui-là des maximes, des règles, des préceptes ; et dans celui-ci, du goût et des sentiments. L'on est plus occupé aux pièces de Corneille ; l'on est plus ébranlé et plus attendri à celles de Racine. Corneille est plus moral, Racine plus naturel. Il semble que l'un imite SOPHOCLE, et que l'autre doit plus à EURIPIDE"






Gérard de Nerval "Fantaisie"



 
La musique permet d'accéder à un monde perdu que
 recrée l'imagination au sens premier de faculté de créer
des images. C'est un facteur déclenchant qui agit
par associations d'images. Bien-sûr, on n'ignore pas
la croyance de Nerval en la métempsycose mais
la vie antérieure, quand bien même est-elle ici datée
de « deux cents ans » peut se lire comme symbole
d'un passé ressenti comme extrêmement lointain,
celui de l'enfance et plus largement d'un« ailleurs »
cher aux romantiques, paradis perdu que l'on peut revivre
grâce à la magie du verbe et à la Fantaisie du poète.

 






Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C'est sous Louis treize ; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un châteaude brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière,
Baignant ses pieds,
qui coule entre des fleurs ;
 
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans
une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... -
et dont je me souviens !



Gérard de Nerval – Odelettes

 


 
 
 

 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 26 novembre 2014

Henri Tachan : " L'Adolescence", "L'Amour et l'Amitié", "Le Grand Méchant Loup"












Je remercie mon amie et collègue

Christine Lemoigne

qui m'a invité à écouter ce chanteur .....



EXTRA !!!







L' Adolescence



C'est un coin d'herbes folles, de bleuets, de chiendent,
Blotti entre la jungle infernale des grands
Et le petit jardin tranquille de l'Enfance,
C'est une île inconnue de vos cartes adultes,
Un lagon épargné, une prairie inculte,
Une lande battue où les korrigans dansent,
L'Adolescence...

C'est l'échelle de soie, c'est Juliette entrevue,
Debout dans le miroir c'est la cousine nue
Qui s'émerveille et crie au fond de mon silence,
C'est un baiser volé à la barbe du Temps,
C'est deux enfants qui s'aiment à l'ombre d'un cadran
Où sous chaque seconde l'Immortalité danse,
L'Adolescence...

C'est "Toujours", c'est "Jamais", c'est éternellement
Le coeur au bord des lèvres, le spleen à fleur de dents
Et au ventre volcan l'Amour incandescence,
C'est "Je t'aime : on se tient !" c'est "Je t'aime : on se tue !"
C'est la Vallée de la Mort de l'autre côté de la rue,
Vers les noirs pâturages la haute transhumance,
L'Adolescence...

C'est les poings dans les poches fermés à double tour,
C'est "Familles, je vous hais !", c'est René à Combourg,
Ophélie qui se noie, c'est Lucile qui s'avance,
C'est notre Diable au corps, c'est le Grand Meaulnes en route,
C'est ce vieux Bateau Ivre qui reviendra sans doute
Les flancs chargés d'oiseaux, de fleurs et d'innocence,
L'Adolescence...

Depuis plus de vingt ans que j'y ai jeté l'ancre
Dans ce pays de fous, de chiens tièdes et de cancres,
Depuis plus de vingt ans j'y passe mes vacances,
Et comme ce vieillard de quatre-vingts printemps
Qui s'endort, un beau soir, et qu'on couche dedans
Son petit, tout petit coin de terre de Provence,
Couchez-moi, je vous prie, quand viendra le moment,
Dans ma terre, mon pays, couchez-moi doucement
En Adolescence, en Adolescence !






L'Amour et l'Amitié



Entre l'amour et l'amitié
Il n'y a qu'un lit de différence,
Un simple "pageot", un "pucier"
Où deux animaux se dépensent,
Et quand s'installe la tendresse
Entre nos corps qui s'apprivoisent,
Que platoniquement je caresse
De mes yeux ta bouche framboise,
Alors l'amour et l'amitié
N'est-ce pas la même romance ?
Entre l'amour et l'amitié
Dites-moi donc la différence...

Je t'aime, mon amour, mon petit,
Je t'aime, mon amour, mon amie...

Entre l'amour et l'amitié ils ont barbelé des frontières,
Nos sentiments étiquetés,
Et si on aime trop sa mère
Ou bien son pote ou bien son chien,
Il paraît qu'on est en eau trouble,
Qu'on est cliniquement freudien
Ou inverti ou agent double,
Alors que l'amour et l'amitié
Ont la même gueule d'innocence,
Entre l'amour et l'amitié
Dites-moi donc la différence...

Je t'aime, mon amour, mon petit,
Je t'aime, mon amour, mon amie...

Entre l'amour et l'amitié
La pudeur a forgé sa chaîne,
A la barbe du Monde entier
Et de ses gros rires gras de haine,
Bon an, mal an, les deux compagnes
Se dédoublent ou bien s'entremêlent,
Comme sur la haute montagne
Le ciel et la neige éternelle,
Entre l'amour et l'amitié
Se cache un petit bout d'enfance,
Entre l'amour et l'amitié
Il n'y a qu'un lit de différence...

Je t'aime, mon amour, mon petit,
Je t'aime, mon amour, mon amie!

  


Le grand méchant loup


  
Le loup, depuis toujours, a eu le mauvais rôle.
Sous son grand manteau noir, il ricane, le drôle.
C'est le vilain Apache, le sanguinair'e Sioux,
C'est l'esquinteur d'enfants, c'est le grand méchant loup.

Pauvres hommes, pauvres pommes, pauvres Américains,
Combien de visages pâles et combien d'Indiens ?

Les trois petits cochons, tout au fond de leur planque,
Entassaient leurs millions (y avait pas encor'e d'banque)
Lorsque surgit, vengeur, le drapeau noir en main,
Notre Arsène Lupus, notre Arsène Loupin.

Pauvres hommes, pauvres pommes, pauvres marchands de grains,
Combien d'Oncle Picsou et combien de Mandrin ?

L'agnelet dodu buvait dans l'onde pure,
Cachant dessous sa laine une tendre nourriture.
Le loup, en salivant, lui dit : « Mon pauvre agneau :
Même Jean de la Fontaine raffolait du gigot. »

Pauvres hommes, pauvres pommes, pauvres suceurs de sang,
Combien de cannibales, combien de non-violents ?

Le Petit Chaperon rouge, déjà fieffée salope,
Avec son p'tit pot d'beurre et sa petite culotte,
A dit à l'animal : « Tu viens chez moi, mon loup ? »
A une pareille invite, qui refuse, qui de vous ?

Pauvres hommes, pauvres pommes, pauvre triste tapin,
Combien reste-t-il d'anges et combien de putains ?

Le loup, sur son chemin de jeûne et de misère,
Explique à un beau chien, bien luisant, bien prospère,
A la vue de la chaîne accrochée à son cou :
« A toi la vie de chien, à moi la mort du loup. »

Pauvres hommes, pauvres pommes, pauvres caniches nains,
Combien y a-t-il d'esclaves et combien de mutins ?

Ne mêlez plus le loup à vos sales histoires.
Vos contes, vos dictons, c'est de la merde à boire
Et si la faim, elle fait sortir le loup du bois,
Vos guerres vous font sortir de partout à la fois.

Pauvres mecs, pauv' blancs-becs, pauvres tristes filous,
Combien reste-t-il d'hommes, dites-moi, et de loups ?
   
  
















lundi 24 novembre 2014

BENABAR "Quatre murs et un toit"








La maison de Palma (Castagnola, cz)





Voilà la maison de Palma...

je ne sais pas pourquoi, mais elle a toujours eu

pour moi la porte bleu ciel et les persiennes vert prairie.






Quatre murs et un toit

Un terrain vague, de vagues clôtures, un ________ divague sur la maison future. On s'_____________ pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme _____________. Les travaux sont finis, du moins le gros ____________, ça sent le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

Le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

Des ampoules à nu pendent des _______, du plafond, le bébé est né, il __________ dans le salon. On ajoute à l'___________ une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l'automne. Dans le jardin les arbres aussi _____________, on pourra y faire un jour une cabane.

On pourra y faire un jour une cabane.

Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on ___________ sans se douter le ______________ doucement. Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c'est dommage, est à l'__________. Monsieur rêverait de ___________ une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.

Ça sera une deuxième salle de bain.

Les enfants vont et viennent __________ de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale. On a fait un _____________ dans la petite pièce d'en haut, et des chambres d'amis, les enfants sont _________. Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, et vêtement par vêtement.

Petit à petit, et vêtement par vêtement.

Ils habitent à Paris des __________ sans espace, alors qu'ici il y' a trop de place. On va poser tu sais des ___________ électriques, c'est un peu laid c'est vrai, mais c'est plus pratique. La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ____________ la machine à laver.

Dans son ventre ________________ la machine à laver.

Les petits enfants espérés apparaissent, dans le ________, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième _________, c'est le consulat que rouvrent les ________. Le __________ sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit. Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent ______________. Je dois vous prévenir si vous voulez l'acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n'ayez crainte Madame, c'est hanté c'est vrai mais de gentils ______________. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de ___________, et de copieux quatre-heures, “finis tes devoirs", “il est trop lourd mon cartable", “laisse tranquille ton frère", “les enfants : à table !"
Écoutez la musique, est-ce que vous l'entendez ?












Quatre murs et un toit
  

Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s'endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros œuvre, ça sent le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

Le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon. On ajoute à l'étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l'automne. Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.

On pourra y faire un jour une cabane.

Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on remplit sans se douter le grenier doucement. Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c'est dommage, est à l'abandon. Monsieur rêverait de creuser une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.

Ça sera une deuxième salle de bain.

Les enfants vont et viennent chargés de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale. On a fait un bureau dans la p'tite pièce d'en haut, et des chambres d'amis, les enfants sont partis. Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, et vêtement par vêtement.

Petit à petit, et vêtement par vêtement.

Ils habitent à Paris des apparts sans espace, alors qu'ici il y' a trop de place. On va poser tu sais des stores électriques, c'est un peu laid c'est vrai, mais c'est plus pratique. La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ronronne la machine à laver.

Dans son ventre ronronne la machine à laver.

Les petits enfants espérés apparaissent, dans le frigo, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c'est le consulat que rouvrent les gosses. Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit. Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier. Je dois vous prévenir si vous voulez l'acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n'ayez crainte Madame, c'est hanté c'est vrai mais de gentils fantômes. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures, “finis tes devoirs", “il est trop lourd mon cartable", “laisse tranquille ton frère", “les enfants : à table !"
Écoutez la musique, est-ce que vous l'entendez ?






jeudi 20 novembre 2014

L'écrivain d' Alexandre Poulin




Une histoire de confiance 

Et de crayons


  que j'offrirais volontiers à mes élèves


  et que je dédie à ma très chère prof










Une beau poème  de ce chanteur québécois ...

avec quelques difficultés  de vocabulaire







L'écrivain

J'ai grandi pas loin d'ici
Dans le 3ème arrondissement
Où les rêves se font endormis
Une fois debout on a plus le temps

Mon père gagnait sa vie
A l'usine de Camaro
Pareil comme son père avant lui
Même que y posait le même morceau

Ma mère faisait des ménages
Moi je rêvais d'être écrivain
Et pis de pelleter des nuages
Pour que le soleil brille enfin

Mais j'étais si mauvais à l'école
Que je pensais pas que j'y arriverais
J'étais pas de ceux qu'on traitait de bol
Même quand je donnais tout ce que j'avais

Mais y avait monsieur Desilet
Un prof fin et disponible
Qui m'avait pris sous son aile
Et croyait en mon talent subtile

Dommage ça n'allait rien changer
Je coulerais le test du ministère
Lundi j'enverrais mon CV
A l'usine de mon père

Mais la veille de l'examen final
Le bon monsieur Desilet
M'a tendu un crayon banal
Roulé dans un velours épais

Et puis tout en fixant ma main
Il  a dit "ce crayon-là, il est magique
Prend le demain pour l'examen
Il sait les réponses et les répliques"

Je suis pas du genre a croire tout ce qu'on me dit
Mais mon prof inspirait confiance
Et je voulais croire un peu aussi
Que j'avais  peut-être encore une chance

D'ailleurs à la seconde où je l'ai pris
J'ai senti comme un changement
J'vous jure que je vous conte pas de mentries (mensonges)
Non, le crayon était vivant

Et contre toutes mes espérances
Il écrivait pratiquement tout seul
Sans blague c'avait presque pas de sens
De le voir danser sur les feuilles

J'ai donc passer mon examen
Comme un petit test de routine
Avec quelque chose comme 80
Presque aussi haut que mon estime

Oh j'aurais du rendre le crayon
J'étais quand même pas un voleur
Mais pour une fois que je me trouvais bon
Pis que l'avenir était en couleur

J'ai mis le stylo dans ma poche
Pis je suis parti en courant
La conscience aussi lourde qu'une roche
Qu'on brise pour en faire du ciment

Et au fil des années
Je suis devenu l'auteur que j'espérais
J'ai même vendu dans le monde entier
Tous mes bouquins et mes essais

Et avec le sentiment étrange
Qu'au fond j'avais rien accompli
Le crayon vainquait les pages blanches
Moi je n'étais que son outil

Je me suis mis a boire plus qu'il ne faut
Pour oublier que je n'étais rien
Que je roulais dans une Camaro
Sur laquelle mon père s'usait les mains

En plus j'avais toujours peur
Qu'on me vole mon précieux crayon
Ou que me dénonce mon professeur
Là s'en serait vraiment fini pour de bon

Il m'a retrouvé hier soir
A une séance de dédicace
Tout autour de ses yeux noirs
Le temps avait laissé sa trace

Je lui devais mon succès
Et des excuses comme de raison
J'ai dit "monsieur Desilet
Vous venez chercher votre crayon"

Il m'a sourit tristement
En disant "t'as toujours pas compris
Il est dans ta tête ton grand talent
Le stylo venait de chez uniprix"

"Laisse-moi te regarder maintenant
Je suis si fier de toi
Y a pas un seul de tes romans
Que j'ai pas lu au moins 3 fois"

Moi je me suis levé d'un coup
J'en croyais juste pas mes oreilles
J'ai pris mon vieux prof par le cou
La vérité me donnait des ailes

Tellement qu'en arrivant chez moi
J'ai jeté le stylo par la fenêtre
La lumière brillait sur les toits
Et les mots dansaient dans ma tête

J'ai pas fermé l'oeil de la nuit
Non, j'ai écrit sans m'arrêter
Le nombre de feuilles que j'ai noircies
Je pourrais même pas les compter

Ça raconte l'histoire d'un petit gars
Qu'y avait tellement pas confiance en lui
Qui trouve plus facile de croire
Qu'un crayon peux faire de la magie

Car dans le 3ème arrondissement
Les rêves volent pas très haut
On les laisse traîner sur un banc
Devant l'usine de Camaro

Et comme on entend la machinerie
Crier jusque dans la cour d'école
On comprend vite dès qu'on est petit
Qu'y a juste les oiseaux qui s'envolent