dimanche 7 septembre 2014

Les petits papiers, une chanson pour rappeler la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948)











Cette vieille chanson de Serge Gainsbourg (1965) a été reprise par plusieurs chanteurs français, mais je trouve que l'interprétattion la meilleure est peut-être celle  du collectif d'artistes Liberté de Circulation ,  formé en  1999 avec le GISTI ( Groupe d'information et de soutien des immigrés) pour soutenir les étrangers en situation irrégulière.Une série de concert a été donnée à ce propos à plusieurs reprises.

Déclaration unuiverselle des droits de l'Homme

Le 10 décembre 1948, les 58 États Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais de Chaillot (résolution 217 A (III)).

Pour commémorer son adoption, la Journée des droits de l'homme est célébrée chaque année le 10 décembre.

Ce document fondateur continue d’être, pour chacun d’entre nous, une source d’inspiration, et pour promouvoir l'exercice universel des droits de l'homme.

Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.




Laissez parler
Les p'tits papiers
A l'occasion
Papier chiffon
Puissent-ils un soir
Papier buvard
Vous consoler

Laisser brûler
Les p'tits papiers
Papier de riz
Ou d'Arménie
Qu'un soir ils puissent
Papier maïs
Vous réchauffer

Un peu d'amour
Papier velours
Et d'esthétique
Papier musique
C'est du chagrin
Papier dessin
Avant longtemps

Laissez glisser
Papier glacé
Les sentiments
Papier collant
Ça impressionne
Papier carbone
Mais c'est du vent

Machin Machine
Papier machine
Faut pas s'leurrer
Papier doré
Celui qu'y touche
Papier tue-mouches
Est moitié fou

C'est pas brillant
Papier d'argent
C'est pas donné
Papier-monnaie
Ou l'on en meurt
Papier à fleurs
Ou l'on s'en fout

Laissez parler
Les p'tits papiers
A l'occasion
Papier chiffon
Puissent-ils un soir
Papier buvard
Vous consoler

Laisser brûler
Les p'tits papiers
Papier de riz
Ou d'Arménie
Qu'un soir ils puissent
Papier maïs
Vous réchauffer

Vocabulaire
Machin : mot utilisé pour désigner une personne dont on ne connaît pas le nom.
Machine (sens figuré) : une personne qui agit mécaniquement.
Se leurrer : se tromper soi-même, se faire des illusions.
Se foutre de (familier) : se moquer de.

1. Mise en route
Visionner le début du clip, c’est-à-dire l’article de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
B1/B2 En petits groupes.
Connaissez-vous cette phrase ? À quel texte appartient-elle ?
Pouvez-vous l’expliquer ?
Précisez le sens de « toute personne ».
Mise en commun.
Visionner la deuxième phrase du clip.
B1 En petits groupes.
Quelle est la relation entre cette phrase et la précédente ?
À qui cette phrase fait-elle référence ?
De quels papiers s’agit-il à votre avis ? À quoi servent-ils ?
Mise en commun.
B2 Consultez le site http://www.justice.gouv.fr/textfond/dudh1948.htm
Quel est l’article présenté ?
Consultez le site http://fr.wikipedia.org/wiki/Sans-papiers
Quelle est la définition d’un « sans-papiers » ? De quels papiers cette personne a-t-elle besoin ? Pour lui permettre de quoi faire ?
Mise en commun.

2. Avec le clip
B1/B2
Par deux ou en petits groupes.
1. Relevez le nom de tous les types de papier mentionnés.
2. Quelle est, à votre avis, leur utilisation habituelle ?
Pour cette deuxième question, vous pouvez vous aider d’une encyclopédie ou des sites suivants :
Papier chiffon : http://lespapiersdumoulin.com/dynamique.php?page=8
Papier d’Arménie : http://www.papierdarmenie.fr/
Papier de riz :http://nature.jardin.free.fr/arbuste/nmauric_tetrapanax_papyferum.html
Papier carbone :http://www.dotapea.com/papiersspeciaux.htm#lepapiertransfert
Papier buvard :http://www.graphisearch.com/graphisearch/encyclopedie.php?idencyclopedie=1&idencyclopediefiche=489
Mise en commun.

3. Avec les paroles
B1/B2 Constituer six groupes : un groupe pour chacune des six premières strophes.
Quelle(s) relation(s) peut-on établir, de façon générale, entre les mots suivants :
Groupe 1 : parler - p’tits papiers ; occasion - papier chiffon ; papier buvard-consoler.
Groupe 2 : brûler - papier de riz – papier d’Arménie ; papier maïs – réchauffer.
Groupe 3 : amour - papier velours ; esthétique - papier musique ; chagrin - papier dessin.
Groupe 4 : glisser – glacé ; sentiments - papier collant : impressionne - papier carbone – c’est du vent.
Groupe 5 : machin machine - papier machine ; s’leurrer - papier doré ; (celui qu’y) touche - papier tue-mouches – (est moitié) fou.
Groupe 6 : (c’est pas) brillant - papier d’argent ; (c’est pas) donné - papier monnaie ; on en meurt - papier à fleurs – on s’en fout.
B2 Dans le contexte des sans-papiers, quelle(s) relation(s) établissez-vous entre ces mêmes mots ? Justifiez vos réponses.
Visionner de nouveau le clip.
Les images (l’expression des visages et les gestes) confirment-elles votre interprétation ? Donnez des exemples.
À quelle situation correspondent les dernières images du clip ? Comment interprétez-vous la dernière image?

4. Expression orale
B1/B2 À deux. Listez les moments de la vie, quotidienne ou non, où les papiers sont nécessaires en France ou dans votre pays, quelle que soit la nationalité de la personne.
Mise en commun et comparaison des résultats.
Parmi ces moments, quels sont ceux, à votre avis, où les papiers ne devraient pas être nécessaires ?
Dans quelle/s situation/s les papiers sont-ils demandés ou nécessaires aux étrangers ou aux immigrés ?
Quelle est la situation dans votre pays ? Est-elle semblable à la situation en France ?

5. Expression écrite
Au printemps et en été 2005, trois incendies importants, dans des immeubles occupés par des immigrés, ont mis en lumière les difficultés rencontrées par les sans-papiers pour se loger.
Le 15 octobre 2005, le Gisti (voir son site : www.gisti.org) a manifesté à Paris pour : « l’arrêt de toutes les expulsions, pour la réquisition et la réhabilitation des logements vacants, […], pour le relogement immédiat des habitants d’immeubles et locaux dangereux et insalubres ».
B1/B2 Vous écrivez au courrier des lecteurs de votre journal pour dire ce que vous pensez de cette manifestation et de ses raisons.

Intéressé/e par l’action du Gisti, vous lui écrivez pour proposer votre aide (voir : http://www.gisti.org/gisti/aider/benevolat/index.html).
• par courrier postal à l'adresse suivante : 3 villa Marcès, 75011 Paris, France , ou
• par courrier électronique à l'adresse gisti@gisti.org.

6. Créativité
Consultez le site http://perso.wanadoo.fr/pluneret/poetes_2005).htm
Sur ce « modèle », imaginez ce que l’on peut faire également avec ces mêmes papiers ou d’autres, comme : le papier de soie, le papier essuie-tout, le papier à carreaux, le papier mâché, le papier crépon…

7. Pour aller plus loin
Mieux connaître le papier
Constituer trois groupes :
Groupe 1 : consultez les sites : http://www.copacel.fr/francais.htm et
http://users.skynet.be/typographie/Papier.html#haut
Présentez ensuite l’histoire du papier.
Groupe 2 : consultez les sites :
http://cyberechos.creteil.iufm.fr/cyber12/Creer/PAPIER/PAPIER.HTM
http://moulin-a-papier.chez.tiscali.fr/moulin_a_papier/page4.html
Présentez ensuite le processus et les étapes de la fabrication du papier.
Groupe 3 : consultez les sites http://www.copacel.fr/francais.htm et
http://creaction.qc.ca/techniques-peinture/arts.htm#Les%20papiers
(voir : les variétés de papier)
Présentez ensuite les variétés de papier que vous aurez découvertes ainsi que leur utilisation.
Jeux de mots
Dans l’ « Avenir du Puy-de-Dôme » daté du 27 octobre 1889, un poème conseillait aux lecteurs de choisir leur papier à lettres en fonction des destinataires.
Pour reconstituer ce poème,
a) observez les variétés de papier suivantes
couché, à la rame, goudron, couronne, carré, de soie, écu, écolier, vergé,
raisin, Jésus, pelure d’oignons, papier réglé, mousseline, ministre, cavalier, torchon, parchemin, grand-aigle, aux armes, coquille, glacé
b) « attribuez »-les à leurs destinataires en complétant le texte à trous.

Comment choisir son papier à lettres pour écrire…
Au Pape, du papier ……………………,
Aux Rois, du papier ……………………,
Aux Grands, du papier ……………………,
Aux conquérants, du papier ……………………,
Aux financiers, du papier ……………………,
Aux professeurs, du papier ……………………,
Aux voyageurs, du papier ……………………,
Aux canotiers, du papier ……………………,
Aux jeunes filles, du papier ……………………,
Aux amazones, du papier ……………………,
Aux géomètres, du papier ……………………,
Aux soldats, du papier ……………………,
Aux patineurs, du papier ……………………,
Aux courtisanes, du papier ……………………,
Aux jardinier, du papier ……………………,
Aux cuisiniers, du papier ……………………,
Aux gens d’ordre, du ……………………,
Aux asthmatiques, du papier ……………………,
Aux vignerons, du papier ……………………,
Aux écaillers, du papier ……………………,
Aux élégantes, du papier ……………………,
Aux cuisinières du papier ……………………,
Etc.

(Fiche réalisée par Marie-Louise Parizet, CAVILAM, Vichy)










    VIZAVI: UN SITE INCONTOURNABLE POUR L'ESABAC : TEXTES OFFICIELS - EPREUVES - PROGRAMMES





































    ESABAC Epreuves Littérature et Histoire 2014

















    ESABAC Italie 2014



























    ESABAC Epreuve Littérature 2013







    ESB1 - ESAMI DI STATO DI LICEO INTERNAZIONALE

    CORSO SPERIMENTALE
    SEZIONI AD OPZIONE INTERNAZIONALE FRANCESE
    SEZIONI DI LICEO CLASSICO EUROPEO

    La seguente prova di esame è costituita da una prova di lingua e letteratura francese e da una prova di storia in lingua francese. La somministrazione della prova di storia deve avvenire dopo l’effettuazione della prova scritta di lingua e letteratura francese.

    Prova di: LINGUA E LETTERATURA FRANCESE

    Svolga il candidato una delle seguenti prove a scelta tra:
    a) analisi di un testo
    b) saggio breve
    a) analisi di un testo

    Dopo avere letto il testo, rispondete alle domande e elaborate una riflessione personale sul tema proposto.
    17 août (1). – Ah ! quelle nuit ! quelle nuit ! Et pourtant il me semble que je devrais me réjouir. Jusqu’à une heure du matin, j’ai lu ! Hermann Herestauss, docteur en philosophie et en théogonie (2), a écrit l’histoire et les manifestations de tous les êtres invisibles rôdant autour de l’homme ou rêvés par lui. Il décrit leurs origines, leur domaine, leur puissance. Mais aucun d’eux ne ressemble à celui qui me hante. On dirait que l’homme, depuis qu’il pense, a pressenti et redouté un être nouveau, plus fort que lui, son successeur en ce monde, et que, le sentant proche et ne pouvant prévoir la nature de ce maître, il a créé, dans sa terreur, tout le peuple fantastique des êtres occultes, fantômes vagues nés de la peur. (…)
    Nous sommes si infirmes, si désarmés, si ignorants, si petits, nous autres, sur ce grain de boue qui tourne délayé dans une goutte d’eau.
    Je m’assoupis en rêvant ainsi au vent frais du soir.
    Or, ayant dormi environ quarante minutes, je rouvris les yeux sans faire un mouvement, réveillé par je ne sais quelle émotion confuse et bizarre. Je ne vis rien d’abord, puis tout à coup, il me sembla qu’une page du livre resté ouvert sur ma table venait de tourner toute seule. Aucun souffle d’air n’était entré par ma fenêtre. Je fus surpris et j’attendis. Au bout de quarante minutes environ, je vis, je vis, oui, je vis de mes yeux une autre page se soulever et se rabattre sur la précédente, comme si un doigt l’eût feuilletée. Mon fauteuil était vide, semblait vide ; mais je compris qu’il était là, lui, assis à ma place, et qu’il lisait. D’un bond furieux, d’un bond de bête révoltée, qui va éventrer son dompteur, je traversai ma chambre pour le saisir, pour l’étreindre, pour le tuer !... Mais mon siège, avant que je l’eusse atteint, se renversa comme si on eût fui devant moi... ma table oscilla, ma lampe tomba et s’éteignit, et ma fenêtre se ferma comme si un malfaiteur surpris se fût élancé dans la nuit, en prenant à pleines mains les battants.
    Donc, il s’était sauvé ; il avait eu peur, peur de moi, lui !
    Alors... alors... demain... ou après..., ou un jour quelconque..., je pourrai donc le tenir sous mes poings et l’écraser contre le sol ! Est-ce que les chiens, quelquefois, ne mordent point et n’étranglent pas leurs maîtres ?
    18 août. – J’ai songé toute la journée. Oh ! Oui, je vais lui obéir, suivre ses impulsions, accomplir toutes ses volontés, me faire humble, soumis, lâche. Il est le plus fort. Mais une heure viendra...
    Guy de Maupassant, Le Horla (1887)
    (1) Le narrateur écrit un journal intime. Quelques mois plus tôt, il avait noté le passage sur la Seine, devant chez lui, d’un grand voilier. Peu après, il tombe malade et il commence à ressentir la présence d’un être invisible…
    (2) La Théogonie, oeuvre du poète grec Hésiode, est le récit de l'origine des dieux.


    I. COMPREHENSION
    1 Quelle est l’origine, selon le narrateur, des êtres occultes ?
    2 Comment le narrateur exprime-t-il son angoisse ?
    3 Quels sont dans cet extrait les éléments qui relèvent du registre fantastique ?

    II. INTERPRETATION
    1 Montrez comment l’hésitation entre une explication rationnelle et une interprétation surnaturelle est maintenue tout au long du texte.
    2 Comment évolue la relation entre le narrateur et l’être invisible ?

    III. REFLEXION PERSONNELLE
    Les écrivains s’interrogent souvent sur l’inconnu, hors de soi et à l’intérieur de soi. Développez une réflexion personnelle sur ce thème en vous appuyant sur les oeuvres que vous connaissez. (300 mots environ)
    b) Saggio breve

    Dopo avere analizzato l’insieme dei documenti proposti, formulate un saggio breve in riferimento al tema posto (circa 600 parole).
    La fabrique du souvenir : pourquoi et comment revivre son passé ?
    Documento 1
    Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé, les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.
    (…) Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s'appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu'on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j'avais revu jusque là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu'au soir et par tous les temps, la Place où on m'envoyait avant déjeuner, les rues où j'allais faire des courses, les chemins qu'on prenait si le temps était beau.
    Marcel Proust, « Du côté de chez Swann », A la recherche du temps perdu (1913)
    Documento 2
    Pourquoi vouloir faire revivre cela, sans mots qui puissent parvenir à capter, à retenir ne serait-ce qu'encore quelques instants ce qui m'est arrivé... comme viennent aux petites bergères les visions célestes... mais ici aucune sainte apparition, pas de pieuse enfant...
    J'étais assise, encore au Luxembourg, sur un banc du jardin anglais, entre mon père et la jeune femme qui m'avait fait danser dans la grande chambre claire de la rue Boissonade. Il y avait, posé
    sur le banc entre nous ou sur les genoux de l'un d'eux, un gros livre relié... il me semble que c'étaient les Contes d'Andersen.
    Je venais d'en écouter un passage... je regardais les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses, les arbres fleuris, la pelouse d'un vert étincelant jonchée de pâquerettes, de pétales blancs et roses, le ciel, bien sûr, était bleu, et l'air semblait vibrer légèrement... et à ce moment-là, c'est venu... quelque chose d'unique... qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation d'une telle violence qu'encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand amoindrie, en partie effacée elle me revient, j'éprouve... mais quoi ? quel mot peut s'en saisir ? pas le mot à tout dire : «bonheur», qui se présente le premier, non pas lui... «félicité », « exaltation », sont trop laids, qu'ils n'y touchent pas... et « extase »... comme devant ce mot ce qui est là se rétracte... « joie », oui, peut-être... ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger... mais il n'est pas capable de recueillir ce qui m'emplit, me déborde, s'épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l'air qui vibre parcouru de tremblements à peine perceptibles, d'ondes... des ondes de vie, de vie tout court, quel autre mot ? ...
    Nathalie Sarraute, Enfance (1983)
    Documento 3
    Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la soeur de mon père et son mari m'adoptèrent.
    Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparente, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente ?
    « Je n'ai pas de souvenirs d'enfance »: je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps.
    A treize ans, j’inventai, racontai et dessinai une histoire. Plus tard, je l’oubliai. Il y a sept ans, un soir, à Venise, je me souvins tout à coup que cette histoire s’appelait « W » et qu’elle était, d’une certaine façon, sinon l’histoire, du moins une histoire de mon enfance.
    Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance (1975)
    Documento 4

    O graziosa luna, io mi rammento
    Che, or volge l’anno, sovra questo colle
    Io venia pien d’angoscia a rimirarti:
    E tu pendevi allor su quella selva
    Siccome or fai, che tutta la rischiari.
    Ma nebuloso e tremulo dal pianto
    Che mi sorgea sul ciglio, alle mie luci
    Il tuo volto apparia, che travagliosa
    Era mia vita: ed è, né cangia stile,
    O mia diletta luna. E pur mi giova
    La ricordanza, e il noverar l’etate
    Del mio dolore. Oh come grato occorre
    Nel tempo giovanil, quando ancor lungo
    La speme e breve ha la memoria il corso,
    Il rimembrar delle passate cose,
    Ancor che triste, e che l’affanno duri!
    Giacomo Leopardi, “Alla luna”, Canti (1819)

    Ô favorable Lune, je me rappelle,
    Sur ce col même - voilà, l’angoisse revient -,
    Je venais te mirer plein d’angoisse ;
    Et tu pendais alors sur cette sylve,
    L’éclairant toute, comme aujourd’hui.
    Mais brumeux, incertain, par les pleurs
    Qui montaient sous mes cils, à mes yeux
    Paraissait ton visage, car un supplice
    Etait ma vie ; et depuis rien n’a changé d’elle,
    Bien-aimée Lune. Et cependant me plaît
    La souvenance, et de compter les âges
    De ma douleur. Ô comme est chère
    Dans le temps juvénile, quand longue est l’espérance
    Et brève la carrière du souvenir,
    La remembrance des choses disparues,
    Encore que tristes et que le tourment dure !
    Giacomo Leopardi, “Alla luna”, Canti, traduction de Michel Orcel.



    Documento 5

    Robert Doisneau, L'information scolaire, Paris (1956)






    « Jacques Prévert qui me comprenait très bien m’avait dit un jour : C’est toujours à l’imparfait de l’objectif que tu conjugues le verbe photographier. » (Robert Doisneau)
    Durata massima della prova di lingua e letteratura francese: 4 ore.
    È consentito soltanto l’uso di dizionari monolingue.

    Non è consentito lasciare l’Istituto prima che siano trascorse 3 ore dalla dettatura del te