dimanche 3 mai 2015

Michel Houellebecq "Soumission" ...







"C'est la soumission" dit doucement Rediger,
 "L'idée renversante et simple
jamais exprimer au paravant 
avec cette force, que le sommet du bonheur humain
 réside dans la soumission la plus absolue"


Il m'a fallu lire 260 pages pour retrouver le titre de ce roman, 
Trois thèmes majeurs propose cet intéressant bouquin :
La thèse sur Joris-Karl Huysmans, ou la sortie du tunnel, qui anticipe déjà, dans son  titre,  le coté politique dominant, la  Présidence de la République et les mouvements identitaires  et enfin les relations avec les femmes  du narrateur.
J'avoue tout de suite que  la partie la plus intéressante est celle concernant Huysmans, plusieurs références à ce dandy reviennent dans l'histoire:  Il suffirait de signaler la citation en exergue


Un brouhaha le ramena à Saint-Sulpice ; la maîtrise partait ; l’église allait se cloreJ’aurais bien  tâcher de prierse dit-il ; cela eût mieux valu que de rêvasser dans le vide ainsi sur une chaise ; mais prier ? Je n’en ai pas le désir ;je suis hanté par le catholicismegrisé par son atmosphère d’encens et de cireje rôde autour de luitouché jusqu’aux larmes par ses prièrespressuré jusqu’aux moelles par ses psalmodies et par ses chantsJe suis bien dégoûtéde ma viebien las de moimais de  à mener une autre existence il y a loin !Et puis… et puis… si je suis perturbé dans les chapellesje redeviens inému et sec dès que j’en sorsAu fondse dit-ilen se levant et en suivant les quelques personnes qui se dirigeaientrabattues par le suisse vers une porteau fond,j’ai le cœur racorni et fumé par les nocesje ne suis bon à rien.

On dirait que les rites catholiques anticipent la vague musulmane, mais bien évidemment la question posée dans le roman n'est pas  sur la foi, mais sur le pouvoir islamique, ce qui  a permis à son auteur un succès considérable dès sa sortie, d'autant plus que  le livre de Michel Houellebecq est sorti par un curieux hasard au moment des tragiques événements de Charlie Hebdo. 


Pourtant, c'est la reprise du leitmotiv décadent  qui met en  correspondance   François, le narrateur, personnage neurasténique



et la névrose de Des Esseintes, ce qui met en relief une analyse de notre  époque qui  peut  bien se représenter comme une nouvelle  décadance.











“Autant que la littérature, la musique peut déterminer un bouleversement, un renversement émotif, une tristesse ou une extase absolues ; autant que la littérature, la peinture peut générer un émerveillement, un regard neuf porté sur le monde. Mais seule la littérature peut vous donner cette sensation de contact avec un autre esprit humain, avec l'intégralité de cet esprit, ses faiblesses et ses grandeurs, ses limitations, ses petitesses, ses idées fixes, ses croyances ; avec tout ce qui l'émeut, l'intéresse, l'excite ou lui répugne. Seule la littérature peut vous permettre d'entrer en contact avec l'esprit d'un mort, de manière plus directe, plus complète et plus profonde que ne le ferait même la conversation avec un ami – aussi profonde, aussi durable que soit une amitié, jamais on ne se livre, dans une conversation, aussi complètement qu'on ne le fait devant une feuille vide, s'adressant à un destinataire inconnu. Alors bien entendu, lorsqu'il est question de littérature, la beauté du style, la musicalité des phrases ont leur importance ; la profondeur de la réflexion de l'auteur, l'originalité de ses pensées ne sont pas à dédaigner ; mais un auteur c'est avant tout un être humain, présent dans ses livres, qu'il écrive très bien ou très mal en définitive importe peu, l'essentiel est qu'il écrive et qu'il soit, effectivement, présent dans ses livres" Somission p.13 




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