mercredi 29 octobre 2014

Patrick Bruel: Place des Grands Hommes





Tiens! Et  si on se donnait rendez-vous dans 10 ans! ...

 EN  2024! ...





Que seront devenus tous ces  

fans / faons  ... de l'ESABAC?









   
On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

Le jour est venu et moi aussi
Mais j' veux pas être le premier.
Si on avait plus rien à  se dire et si et si...

Je fais des détours dans le quartier.
C'est fou qu'un crépuscule de printemps.
Rappelle le même crépuscule qu'il y a 10 ans,
Trottoirs usés par les regards baissés.
Qu'est-ce que j'ai fait de ces années ?

J'ai pas flotté tranquille sur l'eau,
Je n'ai pas nagé le vent dans le dos.
Dernière ligne droite, la rue Souflot,
Combien seront là  4, 3, 2, 1... 0 ?

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

J'avais eu si souvent envie d'elle.
La belle Séverine me regardera-t-elle ?
Eric voulait explorer le subconscient.
Remonte-t-il à  la surface de temps en temps ?
J'ai un peu peur de traverser l' miroir.
Si j'y allais pas... J' me serais trompé d'un soir.
Devant une vitrine d'antiquités,
J'imagine les retrouvailles de l'amitié.
"T'as pas changé, qu'est-ce que tu deviens ?
Tu t'es mariée, t'as trois gamins.
T'as réussi, tu fais médecin ?
Et toi Pascale, tu t' marres toujours pour rien ?"

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

J'ai connu des marées hautes et des marées basses,
Comme vous, comme vous, comme vous.
J'ai rencontré des tempêtes et des bourrasques,
Comme vous, comme vous, comme vous.
Chaque amour morte à  une nouvelle a fait place,
Et vous, et vous...et vous ?
Et toi Marco qui ambitionnait simplement d'être heureux dans la vie,
As-tu réussi ton pari ?
Et toi François, et toi Laurence, et toi Marion,
Et toi Gégé...et toi Bruno, et toi Evelyne ?

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

Et bien c'est formidable les copains!
On s'est tout dit, on s' sert la main !
On ne peut pas mettre 10 ans sur table
Comme on étale ses lettres au Scrabble.
Dans la vitrine je vois le reflet

D'une lycéenne derrière moi.
Si elle part à  gauche, je la suivrai.
Si c'est à  droite... Attendez-moi !
Attendez-moi ! Attendez-moi ! Attendez-moi !

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans,
Même jour, même heure, même pommes.
On verra quand on aura 30 ans
Si on est d'venus des grands hommes...
Des grands hommes... des grands hommes...

Tiens si on s' donnait rendez-vous dans 10 ans...







Mort à Crédit de Céline par Fabrice Luchini ... Par Coeur






Il se peut que mes élèves  trouvent  

trop difficile 'étudier par coeur 

un morceau choisi...

Pourtant.... s'ils  écoutaient  

Fabrice Luchini

Il est évident

qu'ils ne pourraient plus  s'en passer...

et ils apprendraient de tout leur coeur ...

 par coeur  








Mort à crédit Ferdinand Céline

"Nous voici encore seuls. Tout cela est si lent, si lourd, si triste... Bientôt je serai vieux. Et ce sera enfin fini. Il est venu tant de monde dans ma chambre. Ils ont dit des choses. Ils ne m'ont pas dit grand-chose. Ils sont partis. Ils sont devenus vieux, misérables et lents chacun dans un coin du monde.
Hier à huit heures Madame Bérenge, la concierge, est morte. Une grande tempête s'élève de la nuit. Tout en haut, où nous sommes, la maison tremble. C'était une douce et gentille et fidèle amie. Demain on l'enterre rue des Saules. Elle était vraiment vieille, tout au bout de la vieillesse. Je lui ai dit dès le premier jour quand elle a toussé: "Ne vous allongez pas surtout!... Restez assise dans votre lit!" Je me méfiais. Et puis voilà... Et puis tant pis.
Je n'ai pas toujours pratiqué la médecine, cette merde. Je vais leur écrire qu'elle est morte Madame Bérenge à ceux qui m'ont connu, qui l'ont connue. Où sont-ils?
Je voudrais que la tempête fasse encore plus de boucan, que les toits s'écroulent, que le printemps ne revienne plus, que notre maison disparaisse.
Elle savait Madame Bérenge que tous les chagrins viennent dans les lettres. Je ne sais plus à qui écrire... Tous ces gens sont loin... Ils ont changé d'âme pour mieux trahir, mieux oublier, parler toujours d'autre chose...
Vieille Madame Bérenge, son chien qui louche on le prendra, on l'emmènera...
Tout le chagrin des lettres, depuis vingt ans bientôt, s'est arrêté chez elle. Il est là dans l'odeur de la mort récente, l'incroyable aigre goût... Il vient d'éclore... Il est là... Il rôde... Il nous connaît, nous le connaissons à présent. Il ne s'en ira plus jamais. Il faut éteindre le feu dans la loge. A qui vais-je écrire? Je n'ai plus personne. Plus un être pour recueillir doucement l'esprit gentil des morts... pour parler après ça plus doucement aux choses... Courage pour soi tout seul!
Sur la fin ma vieille bignolle, elle ne pouvait plus rien dire. Elle étouffait, elle me retenait par la main... Le facteur est entré. Il l'a vue mourir. Un petit hoquet. C'est tout. Bien des gens sont venus chez elle autrefois pour me demander. Ils sont repartis loin, très loin dans l'oubli, se chercher une âme. Le facteur a ôté son képi. Je pourrais moi dire toute ma haine. Je sais. Je le ferai plus tard s'ils ne reviennent pas. J'aime mieux raconter des histoires. J'en raconterai de telles qu'ils reviendront, exprès, pour me tuer, des quatre coins du monde. Alors ce sera fini et je serai bien content. (...)"



















mardi 28 octobre 2014

Etudier la forme du poème (versification) - La ballade ... suivie de La montagne une ballade moderne de Jean Ferrat









Christine de Pisan

La ballade




Christine de Pisan (1363-1431)




Seulete suy et seulete veuil estre,
Seulete m'a mon doulz ami laissiée ;
Seulete suy, sanz compaignon ne maistre,
Seulete suy, dolente et courrouciée,
Seulete suy en languour mésaisée,
Seulete suy plus que nulle esgarée,
Seulete suy sanz ami demourée.

Seulete suy à huis ou à fenestre,
Seulete suy en un anglet muciée,
Seulete suy pour moi de plours repaistre,
Seulete suy, dolente ou apaisiée,
Seulete suy, riens n'est qui tant messiée,
Seulete suy en ma chambre enserrée,
Seulete suy sanz ami demourée.

Seulete suy partout et en tout estre,
Seulete suy, ou je voise ou je siée,
Seulete suy, plus qu'autre riens terrestre,
Seulete suy de chascun délaissiée,
Seulete suy durement abaissiée,
Seulete suy souvent toute éplourée,
Seulete suy sans ami demourée.

Princes, or est ma doulour commenciée :
Seulete suy de tout deuil menaciée,
Seulete suy plus teinte que morée,
Seulete suy sanz ami demourée.





ETUDIER LA FORME DU POÈME (VERSIFICATION)

1.       LA STROPHE est un ensemble de vers, séparé du reste du poème par deux blancs typographiques. La strophe en poésie équivaut au paragraphe dans un texte en prose, au couplet dans une chanson.

C-Je sais définir et employer : tercet - quatrain – quintil - sizain

2.       LE VERS est une ligne de poésie ; le METRE indique le nombre de syllabes.
Attention ! le « e » muet ne compte pas devant une voyelle ou en fin de vers.

C-Je sais définir et employer : octosyllabe – décasyllabe - alexandrin
C-Je sais compter les syllabes d’un vers et traiter le cas du « e » muet

3.       LA RIME est la répétition d’un même son en fin de vers. On distingue :
a)       La qualité : pauvre/suffisante/riche, selon le nombre de sons qui font la rime.
b)       La disposition : rimes suivies / rimes croisées / rimes embrassées

4.       LE SONNET est un poème à forme fixe qui respecte les contraintes suivantes :
-          2 quatrains aux rimes embrassées (ABBA, ABBA),
-          2 tercets aux rimes suivies puis croisées (CCDEDE) ou suivies puis embrassées (CCDEED)

C-Je sais reconnaître un sonnet en justifiant ma réponse

5.       LE RYTHME résulte de la longueur des mots et de leur disposition dans un vers.
a)      Dans la poésie classique, l’alexandrin doit être composé en 6/6 => on appelle césurel’accent qui sépare les deux hémistiches (=« moitiés ») de l’alexandrin. Cela crée un rythme binaire.

b)      Il arrive que la phrase ne coïncide par avec le vers : l’enjambement désigne le fait que la phrase se poursuive sur deux vers ; le rejet désigne le groupe de mots mis en évidence au début du vers suivant, après l’enjambement.
è L’intérêt est de commenter l’effet de rythme par rapport au sens.

6.      LES EFFETS SONORES
a)       Une ALLITERATION consiste en la répétition au sein d’un vers d’un même sonconsonantique.
b)       Une ASSONANCE consiste en la répétition au sein d’un vers d’un même son vocalique.

C-Je suis attentif(ve) aux sonorités du poème pour identifier allitérations et assonances et lesinterpréter = les relier au sens du vers, du poème

C- strophe, vers, mètre, rimes (croisée, embrassées, suivies)/ sonnet / effets sonores : allitération et assonance / enjambement et rejet ; enjambement et rejet=>je sais définir ces mots et employer ces notions pour étudier un poème.


Les principales strophes
Nom du vers
Nombres de vers
Le distique
2 vers
Le tercet
3 vers
Le quatrain
4 vers
Le quintil
5 vers
Le sizain
6 vers
Le septain
7 vers
Le huitain
8 vers
Le dizain
10 vers








 Une ballade moderne de Jean Ferrat : La montagne







Ils quittent un à un le pays

Pour s’en aller gagner leur vie

Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu’au sommet de la colline
Qu’importent les jours les années
Ils avaient tous l’âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C’était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S’il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n’y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver?



La ballade des pendus, François de Montcorbier dit Villon (1431-1463)






Ce poème est lu le plus souvent comme un poème autobiographique. 
Villon a eu des démêlés avec la justice et a été une fois condamné à mort, 
il a été gracié. Peu  après cette affaire où il échappe à sa pendaison, 
on perd sa trace. Pendant longtemps, on  a voulu croire que Villon a composé
 ce texte dans sa prison dans  l’attente de sa pendaison... 
Le  titre : dans certains manuscrits, il est appelé « L’épitaphe Villon » 
et dans d'autres « La Ballade des pendus ».
Dans ce poème, on donne la parole à des pendus fictifs, des suppliciés,
qui revendiquent le lien fondamental qui les unit à tous les êtres humains ...




La Ballade des pendus   
  
Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre





  




Commentaire:




 Et un tout petit poème

pour tous mes élèves

 ...

«Hé! Dieu, se j'eusse estudié,
Ou temps de ma jeunesse folle,
Et a bonnes meurs dedié,
J'eusse maison et couche molle,
Mais quoi? Je fuyoie l'escolle,
Comme fait le mauvais enfant.
En escripvant cette parolle,
A peu que le cuer ne me fent.»
 François Villon, Le Testament.






Miossec "A l'attaque"




Voilà   une chanson  ....




pour  l'ESABAC



"A l'attaque"




Je t'ai dans la peau
Je t'ai dans mon âme
Comme un souffle le soir
La braise sous les flammes
Je t'ai dans la peau
Comme un homme sur terre
Croit que c'est pour bientôt
La toute fin de l'univers

A l'attaque (x3)
Même en vrille
Même en vrac
A l'attaque (x3)
Même en vrille
Même en vrac 


Je t'ai dans la peau
Comme on est pris de fièvre
Et trempé jusqu'au os
On réclame tes lèvres
Je t'ai dans le sang
Je t'ai dans ma chair
Je t'ai de toute façon
C'est la seule chose qui est clair

A l'attaque (x3)
Même en vrille
Même en vrac
A l'attaque (x3)
Même en vrille
Même en vrac

Il y a une vie avant
Y a-t-il une vie après ?
Moi c'est la vie pendant
Que je veux me taper
J'y tiens tellement
Je n'aurais jamais pensé
Y planter mes dents
Jusqu'à en saigner

Touché mais pas coulé (x6)