mercredi 21 novembre 2018

Marguerite Yourcenar : L'oeuvre au noir




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LICEO CLASSICO “E. CAIROLI” VARESE
SEZIONE ESABAC
BAC BLANC

Prova di  LINGUA E LETTERATURA FRANCESE

Svolga il candidato una delle seguenti prove a scelta tra:
a)      analisi di un testo
b)      saggio breve

           analisi di un testo

Dopo avere letto il testo rispondete alle domande elaborate una riflessione personale sul tema proposto.

Personnage historique fictif comme l’écrit Marguerite  Yourcenar Zénon parcourt l’Europe de la Renaissance déchirée par les guerres de religion et le fanatisme. Alchimiste et médecin, il incarne les valeurs fondatrices de l’humanisme. Nous sommes ici au début du roman : Zénon et Henri-Maximilien Ligre, son cousin, ont quitté Bruges où ils ont été élevés,  leurs routes se séparent.

 — J'ai seize ans, dit Henri-Maximilien. Dans quinze ans, on verra bien si je suis par hasard légal d'Alexandre. Dans trente ans, on saura si je vaux ou non feu César. Vais-je passer ma vie à auner (1) du drap dans un boutique de la rue aux Laines (2) ?   Il s'agit d'être homme.
— J'ai vingt ans, calcula Zénon. À tout mettre au mieux, j'ai devant moi cinquante ans d'étude avant que ce crâne se change en tête de mort. Prenez vos fumées (3)  et vos héros dans Plutarque (4), frère Henri. Il s'agit pour moi d'être plus qu'un homme.
 — Je vais du côté des Alpes. Dit Henri Maximilien.
— Moi, du côté des Pyrénées.
Ils se turent. La route plate, bordée de peupliers, étirait devant eux un fragment du libre univers.
L’aventurier de la puissance et l’aventurier du savoir marchaient côte à côte. 
— Voyez, continua Zénon. Par-delà ce village, d’autres villages, par-delà cette abbaye, d’autres abbayes, par-delà cette forteresse, d’autres forteresses. Et dans chacun de ces châteaux d’idées, de ces masures (5) d’opinions superposés aux masures de bois et aux châteaux de pierre, la vie emmure les fous et ouvre un pertuis (6) aux sages. Par-delà les Alpes, l’Italie. Par-delà les Pyrénées, l’Espagne. D’un côté, le pays de La Mirandole (7), de l’autre, celui d’Avicenne (8). Et, plus loin encore, la mer, et, par-delà la mer, sur d’autres rebords de l’immensité, l’Arabie, la Morée (9), l’Inde, les deux Amériques. Et partout, les vallées où se récoltent les simples (10), les rochers où se cachent les métaux dont chacun symbolise un moment du Grand Œuvre (11), les grimoires (12) déposés entre les dents des morts, les dieux dont chacun a sa promesse, les foules dont chaque homme se donne pour centre à l’univers. Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ? Vous le voyez, frère Henri, je suis vraiment un pèlerin. La route est longue, mais je suis jeune.
 — Le monde est grand, dit Henri-Maximilien. — Le monde est grand, dit gravement Zénon. Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur humain à la mesure de toute la vie.(13)

1)mesurer 2)rue de Bruges 3)rêves, illusions 4)auteur de la Vie des hommes illustres 5)  Édifice, maison en ruines; habitation misérable, délabrée 6)porte 7)philosophe humaniste italien 8)philosophe et médecin iranien 9)Autre nom du Péloponnèse, région de la Grèce 10)herbes médicinales 11)transmutation des métaux en or. 12)Livres à l’écriture mystérieuse


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13)Son épitaphe dan son "éternité" : « Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur de l'homme à la mesure de toute la vie. » (tirée de L'Œuvre au noir)

Marguerite Yourcenar , L’Oeuvre au noir, Ed. Gallimard 1968



COMPRÉHENSION

1)Comment la romancière met-elle en valeur l’ opposition entre les deux personnages ?

2)Que refuse chacun d’eux ?

INTERPRÉTATION

1)Relevez les notations de lieu des lignes 16 à 20 : que veut souligner l’auteur ?

2)De quelles valeurs de l’humanisme Zénon est-il porteur ? Qu’est-ce qui le pousse à partir ?

RÉFLEXION PERSONNELLE

Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ?

Développez ce thème en vous appuyant aussi sur d’autres œuvres que vous avez lues.  (300 mots environ).


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Quatrième de couverture

En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIe siècle, Marguerite Yourcenar, l'auteur de Mémoires d'Hadrien, ne raconte pas seulement le destin tragique d'un homme extraordinaire. C'est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans âcre et brutale réalité ; un monde contrasté où s'affrontent le Moyen-Age et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage et qui pour cette raison même finira par le broyer. L'Oeuvre au Noir a obtenu en 1968 le prix Femina à l'unanimité.









b) Saggio breve

Dopo avere analizzato l’insieme dei documenti, formulate un saggio breve in riferimento al tema posto (circa 600 parole)

Paysages : reflet du monde, reflet de l’âme ?

Document 1 

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encore, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

Alphonse de Lamartine, « L'Automne », 
Méditations poétiques (1820)


Document 2 

Julien poursuivait son chemin gaiement au milieu des plus beaux aspects que puissent présenter les scènes de montagnes. Il fallait traverser la grande chaîne au nord de Vergy. Le sentier qu’il suivait, s’élevant peu à peu parmi de grands bois de hêtres, forme des zigzags infinis sur la pente de la haute montagne qui dessine au nord la vallée du Doubs. Bientôt les regards du voyageur, passant par-dessus les coteaux moins élevés qui contiennent le cours du Doubs vers le midi, s’étendirent jusqu’aux plaines fertiles de la Bourgogne et du Beaujolais. Quelque insensible que l’âme de ce jeune ambitieux fût à ce genre de beauté, il ne pouvait s’empêcher de s’arrêter de temps à autre, pour regarder un spectacle si vaste et si imposant.
Enfin il atteignit le sommet de la grande montagne, près duquel il fallait passer pour arriver, par cette route de traverse, à la vallée solitaire qu’habitait Fouqué, le jeune marchand de bois son ami. Julien n’était point pressé de le voir, ni aucun autre être humain. Caché comme un oiseau de proie, au milieu des roches nues qui couronnent la grande montagne, il pouvait apercevoir de bien loin tout homme qui se serait approché de lui. Il découvrit une petite grotte au milieu de la pente presque verticale d’un des rochers. Il prit sa course, et bientôt fut établi dans cette retraite. Ici, dit-il avec des yeux brillants de joie, les hommes ne sauraient me faire de mal.


Stendhal, Le Rouge et le Noir(1830)


Document 3

Pour une surprise, c'en fut une. À travers la brume, c'était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était1 on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous...
Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout.  On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes.  Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante2 du tout, raide à faire peur.
On en a donc rigolé comme des cornichons. Ça fait drôle forcément, une ville bâtie en raideur.  Mais on n'en pouvait rigoler nous du spectacle qu'à partir du cou, à cause du froid qui venait du large pendant ce temps-là à travers une grosse brume grise et rose et rapide et piquante à l'assaut de nos pantalons et des crevasses de cette muraille, les rues de la ville, où les nuages s'engouffraient aussi à la charge du vent. 

1 Malgré notre situation de galérien. 2La ville couchée évoque la femme couchée.

Céline, Le Voyage au bout de la nuit(1932)




Document 4  

Un bubbolio lontano...

Rosseggia l'orizzonte,
Come affocato, a mare;
Nero di pece, a monte,
Stracci di nubi chiare:
Tra il nero un casolare:
Un'ala di gabbiano.

Giovanni Pascoli, “Temporale”, Myricae(1891)

Un roulement dans le lointain...

L'horizon qui rougeoie,
Tel un brasier, du côté de la mer;
D'un noir de poix, vers les montagnes,
Des lambeaux de nuages clairs:
Dans tout ce noir une chaumière:
Une aile éployée de mouette.

Giovanni Pascoli, “Temps d'orage”, Myricae (1891)

Traduction de Maurice Javion
(Anthologie bilingue de la poésie italienne, La Pléiade, Gallimard)




Document 5




Caspar David Friedrich,
Kunsthalle de Hambourg (1817)


Pour cet artiste  « l’art se présente comme médiateur entre la natureet l’homme », et  « le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’ilvoit en face de lui, mais aussi ce qu’il voit en lui ».

Noël approche ...
Qui sait si mes élèves  sauront profiter de  ce petit cadeau ?

vendredi 16 novembre 2018

France Théâtre / MATER LINGUA: "Révolution" 13 décembre 2018 - Soprano: Mon Précieux



Dans l'attente de la pièce 

Révolution
L'imagination au pouvoir 

Les slogans de mai 68/AFP




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Chloé, jeune lycéenne, décide de quitter sa petite ville pour se rendre à Paris. Depuis plusieurs années elle doit se battre contre les préjugés et le harcèlement, dont elle est victime, de ses camarades de classe qui se moquent d’elle à cause d’une photo qui tourne sur les réseaux sociaux et qui ne s’effacera jamais… C’est une jeune fille d’apparence fragile mais qui peut se montrer forte et combattive au long de l’histoire.
Une fois à Paris, elle trouve refuge chez une vieille dame qui lui offre un logement en échange d’un peu de compagnie. En fouillant dans une boîte, Chloé trouve un vieux journal intime qui raconte la vie d’un groupe de jeunes soixante-huitards pendant le mois de mai à Paris. Après quelques pages, elle se met à rêver et apparaissent dans sa chambre les acteurs d’une nuit qui incarnent les protagonistes de cette époque légendaire. Au départ, leur rapport semble conflictuel…

Les personnages:

Babette Très joyeuse, pleine de vie, pleine d'espoir pour la société future. Forte envie de vivre et de la communiquer. Bonne humeur du groupe / Mais elle cache une blessure profonde: qui est-elle vraiment, peur d’être est-elle déçue par les autres?

Caro Fille forte, assez sûre d'elle, rigolote, pleine d'énergie, moteur du groupe, grande gueule, parfois violente. Elle ne mâche pas ses mots: haine de l'autorité, du pouvoir en place, elle veut casser du CRS

Mathieu Coincé et binoclard, il est en décalage complet avec l'époque mais il la vit pleinement. Il est un peu la mascotte du groupe. Il va s'affirmer peu à peu et accepter sa vraie identité grâce au mouvement.

Miguel Archétype du beau révolutionnaire, la fleur entre les dents. Il confond le combat de 68 avec son propre combat intérieur. Il collectionne les femmes comme autant de trophées. Latin lover.

Comment réussiront-ils à aider notre protagoniste à affronter ses propres peurs et à donner vie à sa propre révolution? Et quel sera le rôle de la vieille dame? Entre réflexions personnelles et revendications, nous vous donnons rendez-vous au théâtre pour découvrir une histoire faite de rêves et d’idéaux, mais surtout une 
histoire de courage


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SOPRANO : MON PRÉCIEUX 






Ta douce mélodie me réveille chaque matin
Avant même d'embrasser ma femme je te prends par la main
Puis je te caresse le visage pour voir si tout va bien
Tellement inséparable qu'on part ensemble au petit coin
Mon café, mon jus d'orange on le partage aux amis
En voiture mes yeux sont dans les tiens donc quelques feux je grille
Au boulot on parle tellement ensemble que des dossiers j'oublie
Au dîner vu le silence tout le monde t'aime dans ma famille, baby
Je te partage ma vie, au lieu de la vivre
Tu me partages la vie des autres pour me divertir
Je ne regarde plus le ciel depuis que tu m'as pris mes yeux dans tes applis, baby
Je ne sais plus vivre sans toi à mes cotés
Ton regard pixélisé m'a envouté, toi mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Quand tu sonnes ou quand tu commences à vibrer
Je perds la tête, comment pourrais-je te quitter, toi mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
tu es ma secrétaire, tu gères mon organisation
Tu allèges mes neurones grâce à tes notifications
Plus besoin d'aller voir la famille vu que tu me les follow
Pour leur prouver que je les aiment, je n'ai qu'à liker leur photos
Pourquoi aller en concert, tu m'as tout mis sur Youtube
Tu m'aides à consommer car tu ne me parles qu'avec des pubs
J'fais plus d'gaffes à l'orthographe depuis que je te parle avec mes doigts
Mes gosses font plus de toboggan, ils préfèrent jouer avec toi, baby
Je te partage ma vie, au lieu de la vivre
Tu me partages la vie des autres pour me divertir
Je ne regarde plus le ciel depuis que tu m'as pris mes yeux dans tes applis, baby
Je ne sais plus vivre sans toi à mes cotés
Ton regard pixélisé m'a envouté, toi mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Quand tu sonnes ou quand tu commences à vibrer
Je perds la tête, comment pourrais-je te quitter toi mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mais là je deviens fou
J'ai l'impression que mon pouls ralenti
J'ai plus de repères, je suis perdu
Depuis que tu n'as plus de batterie
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Ohhh-oh
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Mon précieux, mon précieux, mon précieux
Vous avez 39 nouvelles demandes d'amis
Vous avez 120 nouveaux likes
vous n'avez pas vu vos amis depuis deux mois
Votre vie est digitale, LOL

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mercredi 14 novembre 2018

Hoshi : "Il suffit d'y croire " ...




Faut-il y croire ???..

 Oui pourquoi pas!!!

 Il suffit d'y croire...

Et qu'importe ce que nous renvoie le miroir !!!

Il suffit d'y croire.






J'ai marché, j'ai couru
Je suis tombée, j'ai perdu
J'ai tracé mon chemin
Dans le brouillard du matin
J'ai porté sur mon dos

Ma vie comme mon fardeau
Qu'on cachait trop souvent
Qui nous brûle dedans

J'ai chialé dans les rues
J'étais brisée et déçue
Qu'on me lâche la main
Et qu'on n'me laisse rien
Que quelques rides sur le cœur
Et les miettes du bonheur
Que les pigeons apportent
Quand je suis presque morte

Pourtant j'ai gravé sur ma peau
À l'encre de mes mots
Il suffit d'y croire
Où que se cache l'espoir
Il suffit d'y croire
Et qu'importe ce que nous renvoie le miroir
Il suffit d'y croire
Tant pis pour les idées noires
On va pas éteindre le soleil
Ni les étoiles dans le ciel
Il suffit d'y croire, oh oh oh
Il suffit d'y croire, oh oh oh

J'ai aimé pour de vrai
J'ai livré tout mes secrets
J'ai juré pour la vie

Mais je crois bien qu'on m'a menti
J'ai tourné toute la nuit
J'ai cherché des réponses à la vie
Soûlés par mes questions
J'ai bien cru toucher le fond

Alors j'ai gravé sur ma peau
J'ai voulu trouver les mots
Il suffit d'y croire
Où que se cache l'espoir
Il suffit d'y croire
Et qu'importe ce que nous renvoie le miroir
Il suffit d'y croire
Tant pis pour les idées noires
On va pas éteindre le soleil
Ni les étoiles dans le ciel
Il suffit d'y croire, oh oh oh
Il suffit d'y croire, oh oh oh

Et même si j'ai mal au cœur
Et même s'il est un peu fêlé
Je sais j'ai commis des erreurs
Mais tout peut se réparer

Il suffit d'y croire, oh oh oh
Il suffit d'y croire, oh oh oh
Il suffit d'y croire
Où que se cache l'espoir
Il suffit d'y croire
Et qu'importe ce que nous renvoie le miroir
Il suffit d'y croire
Tant pis pour les idées noires
On va pas éteindre le soleil
Ni les étoiles dans le ciel
Il suffit d'y croire







dimanche 11 novembre 2018

"Vatel" de Roland Joffé





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En 1671, Francois Vatel est l'intendant fidèle et dévoué d'un prince de Condé fier mais vieillissant et ruiné qui cherche a regagner les faveurs du roi Louis XIV, et à se voir confier le commandement d'une campagne militaire contre les Hollandais. Pour l'occasion, Condé, qui ne se soumet jamais a personne sinon à son roi, remet la destinée de sa maison dans les mains de Vatel, lui intimant la lourde tâche de recevoir toute la cour de Versailles en son château de Chantilly. Les festivités durent trois jours et trois nuits, mais le troisième jour, la marée n'arrive pas...











jeudi 8 novembre 2018

Trois Cafés Gourmands : À nos souvenirs







À nos souvenirs

Comment puis-je oublier ce coin de paradis ?
Ce petit bout de terre où vit encore mon père



Comment pourrais-je faire pour me séparer d’elle ?
Oublier qu'on est frères, belle Corrèze charnelle





Oublier ce matin que tu es parisien
Que t'as de l'eau dans le vin, que tu es parti loin ?





Ce n'était pas ma faute, on joue des fausses notes
On se trompe de chemin et on a du chagrin
On se joue tout un drame, on a des vagues à l’âme
Tu as du mal au coeur, tu as peur du bonheur






Acheter des tableaux et des vaches en photo
C'est tout c'que t'as trouvé pour te la rappeler






Vous me trouvez un peu con, n’aimez pas ma chanson
Vous me croyez bizarre, un peu patriotard
Le fruit de ma réflexion ne touchera personne
Si vos pas ne résonnent jamais dans ma région





C'est pire qu'une religion, au-delà d'une confession
Je l'aime à en mourir, pour le meilleur et pour le pire
Et si je monte au ciel, il y aura peut être Joël,
Guillaume et Jérémy, et mon cousin Piedri
Yoan sera en voyage dans un autre pays
Allez, fais tes bagages, viens rejoindre tes amis




On veut du Claudie musette à en perdre la tête
On veut un dernier chabrol, un petit coup de gnôle,
Les yeux de nos grands-mères, la voix de nos grands-pères
L'odeur de cette terre, vue sur les Monédières







C'est pire qu'un testament, au delà d'une confidence
On est des petits enfants de ce joli coin de France
Enterrez-nous vivants, bâillonnez s'il le faut
Mais prenez soin avant de remplir notre chapeau






La relève est pour toi, notre petit Lucas
On t'laisse en héritage la piste, nous on dégage
Le temps nous a gâté, on en a bien profité
On a des souvenirs en tête, ce soir, faisons la fête !





Acceptez ma rengaine, elle veut juste te dire "je t'aime"
Soyez sûrs, j'en suis fier, j'ai la Corrèze dans l'cathéter
D'être avec vous ce soir, j'ai le coeur qui pétille
Mimi, sers-nous à boire, on a les yeux qui brillent…






Acceptez ma rengaine, elle veut juste te dire "je t'aime"
Soyez sûrs, j'en suis fier, j'ai la Corrèze dans l'cathéter
D'être avec vous ce soir, j'ai le coeur qui pétille
Mimi, sers-nous à boire, on a les yeux qui brillent...







mercredi 31 octobre 2018

Léo Ferré chante Aragon : L'affiche rouge ( Strophes pour se souvenir)



Ce poème d’Aragon rappelle la mort du groupe Manouchian, résistants fusillés par les Allemands à la fin de la deuxième guerre mondiale.





Ce soir j'ai eu la chance de suivre l'émission La Grande Librairie avec  Robert Badinter, ancien ministre de la Justice, rappelons la proposition d'abolition de la peine de mort adoptée par l'Assemblée Nationale le 18 septembre 1981,  invité pour   son dernier ouvrage "IDIS"


Témoignage  émouvant et éminemment lucide de Badinter  


Il m'a fallu longtemps pour comprendre les raisons qui m'ont poussé à écrire ce livre. Il ne s'agit ni d'un projet de Mémoires, ni d'une biographie exhaustive sur la vie à la fois romanesque et tragique d'Idiss. C'est un geste. Un geste vers mon enfance d'abord, et un geste vers mes parents ensuite. J'ai compris à ce moment-là - ce qui n'est pas sans enseignement pour notre époque - que le fait de pouvoir se dire "j'ai eu des gens bien comme parents" est un grand réconfort dans la vie. 
(d'après l'interview de l'Express)


et pendant l'émission le souvenir de ce magnifique poème de Louis Aragon est venu rappeler lo rôle de la mémoire et de la littérature , le devoir de ne pas oublier les Martyrs de la Résistance 





 Strophes pour se souvenir

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan


Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant



Louis ARAGON, poème issu du Roman inachevé, Gallimard, 1956




Commentaire d'après le site : 


Le poète utilise la polyphonie (plusieurs voix) :
-D’abord (vers 1 à 18), il s’adresse directement aux résistants de l’affiche rouge (« vous ») et met en place une véritable commémoration (cérémonie en souvenir d’une personne ou d’un événement)

-Il propose ensuite une paraphrase (= reformulation) poétique de la lettre que Manouchian a écrite le matin de son exécution dans le but de susciter l’émotion du lecteur (vers 18 à 30, en italique). On remarque l’anaphore de " Adieu " ainsi que l’allitération en m : " Ma Mélinée ", " mon amour ", " mon orpheline "

Aragon évoque de façon subjective l’affiche rouge (2ème strophe) pour dénoncer la manipulation que ses auteurs ont voulu exercer sur les passants.
Il montre également l’échec de celle-ci en signalant que l’indifférence de la foule le jour était remplacée par des hommages la nuit (« Morts pour la France ») La dernière strophe s’apparente à une épitaphe (= inscription sur un tombeau) et rappelle la valeur de leur sacrifice.

Ce poème engagé a pour objectif de rétablir la vérité et de faire en sorte que le sacrifice de ces hommes ne soit pas oublié.


dimanche 28 octobre 2018

Jacques Brel : La Légende - 3 chansons : Amsterdam, Quand on n'a que l'amour, Le plat pays




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Il y a 40 ans, le 9 octobre 1978, 
mourait à Bobigny près de Paris
le chanteur Jacques Brel 
une légende de la chanson française.


Il repose dans le cimetière marin d’Hiva-Oa,


[graf brel[3].jpg]


auprès de Gauguin, aux îles Marquises 




La Légende 






Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d'Amsterdam
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le coeur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D'un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s'entendre rire
Jusqu'à ce que tout à coup
L'accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fier
Ils ramènent leur batave
Jusqu'en pleine lumière
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d'Amsterdam
De Hambourg ou d'ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles
Dans le port d'Amsterdam










Quand on a que l'amour
A s'offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu'est notre grand amour
Quand on a que l'amour
Mon amour toi et moi
Pour qu'éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour
Quand on a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours
Quand on a que l'amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs
Quand on a que l'amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours
Quand on a que l'amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours
Quand on a que l'amour
A offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour
Quand on a que l'amour
A offrir à ceux là
Dont l'unique combat
Est de chercher le jour
Quand on a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour
Quand on a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre un tambour
Alors sans avoir rien
Que la force d'aimer
Nous aurons dans nos mains
Amis le monde entier








Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague,
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues,
Et de vagues rochers que les marées dépassent,
Et qui ont à jamais le coeur à marée basse.
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent d'ouest écoutez le tenir
Le plat pays qui est le mien.

Avec des cathédrales pour uniques montagnes,
Et de noirs clochers comme mats de cocagne
Ou des diables en pierres décrochent les nuages,
Avec le fil des jours pour unique voyage,
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir,
Avec le vent de l'est écoutez le vouloir,
Le plat pays qui est le mien.

Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu,
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité
Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu,
Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner.
Avec le vent du nord qui vient s'écarteler,
Avec le vent du nord écoutez le craquer,
Le plat pays qui est le mien.

Avec de l'Italie qui descendrait l'Escaut,
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot,
Quand les fils de Novembre nous reviennent en Mai,
Quand la plaine est fumante et tremble sous Juillet,
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé,
Quand le vent est sud écoutez le chanter,
Le plat pays qui est le mien.

vendredi 26 octobre 2018

Jacques Bénigne Bossuet (1627-1704) : L'autorité royale de droit divin.





Il est 5 heures Varese s'éveille 







Bossuet développe la théorie du droit divin. Il définit les quatre caractères de l'autorité royale de droit divin. Les deux premiers font du pouvoir un attribut surnaturel :
  • L'autorité est sacrée c'est-à-dire qu'elle échappe aux hommes.
  • L'autorité est paternelle. Les sujets sont d'éternels mineurs incapables de se gouverner eux-mêmes. (cf. droit naturel chez Aristote) Nous naissons tous sujets
  • L'autorité est absolue
  • L'autorité est soumise à la raison.








La politique tirée de l’Écriture sainte est publiée en 1709, à l’aube de ce « siècle des Lumières » qui voit triompher les très subversives leçons politiques du Prince de Machiavel paru presque deux cents ans plus tôt (1532). En effet, partout on moque la transcendance en politique, l’homme est considéré comme irrémédiablement méchant, et seul compte l’efficacité au détriment de la moralité : « […] celui qui veut en tout et partout se montrer homme de bien ne peut manquer de périr au milieu de tant de méchants. Il faut donc qu’un prince qui veut se maintenir apprenne à ne pas être toujours bon, et en user bien ou mal, selon la nécessité.* » Avec son éloquence, Bossuet prend le contre-pied de ces théories funestes et rappelle que le roi est l’auxiliaire de Dieu pour faire le bien, qu’il est tenu d’aimer son peuple comme un père et de l’élever en vertu. Aussi l’autorité royale doit-elle être sacrée, absolue, paternelle et soumise à la raison.





Bodin et Bossuet 

(fiche à photocopier)