lundi 12 septembre 2016

Bonne Année ... avec Thomas Fersen "Dougenou"



Voilà on recommence ...

 après un été  de lectures 





Place de la Comédie à Montpellier


Mostra immagine originale



Dugenou(Thomas Fersen)







Dans la cour de l'école
On m'appelait pot de colle,
Dans la cour du bahut
On m'appelait la glu,
On m'appelait la sangsue,
On m'appelait le morpion,
Enfin bref, on me donnait
De jolis petits noms.


Pour se faire un blason,
Fallait se battre dans la rue
Sous les acclamations.
Mais en tant qu'avorton,
Vu mes dispositions
pour la boxe à main nues,
J’me suis fait cracher dessus
Et appeler Tartempion.

Mais la nuit
Dans mes rêves,
On m'appelait :
Mon petit luth,
Ma colombe,
Mon Jésus,
Mon loukoum
Ou ma Fève.

Dans la cour de l'immeuble
Je regardais les filles,
Je faisais partie des meubles,
J'étais de la famille,
J'était le frère de ma soeur.
Et malgré ma douceur,
Quand je m'approchais d'elles,
Je tenais la chandelle.


Elles voulaient des boxeurs
Et des déménageurs
Et des maîtres nageurs
Mais pas l'frère de ma soeur.
Elles voulaient du robuste
Et du poil au menton,
Moi j'étais un arbuste
Et j'avais des boutons.
Mais la nuit…


Dans les allées du parc
On m'appelait cuisse de mouche,
J'attirais les maniaques
et les saintes nitouches.
Et les fois peu nombreuses
Où nos mains se joignaient,
Ma petite amoureuse
Me tordait le poignet.

Mais la nuit…
 
On me tape dans le dos !
On m'appelle mon vieux,
On soulève son chapeau,
On m'appelle monsieur,
"Mon vieux" pour les intimes
Et "monsieur" pour tout le monde,
Un monsieur anonyme
Dont les rues sont fécondes.

Mais la nuit…
 
Quand mon cerveau est mou,
On m'appelle Dugenou.
Quand mon cerveau est lent,
On m'appelle Dugland.
Dans mon automobile,
Au milieux des klaxons,
Dans mon automobile
On m'appelle Ducon.

Mais la nuit…




Parcours pédagogique


I/ Comment se fait appeler le personnage ?

a)    Remplir les trous du texte

Dans la cour de l'école
On m'appelait…………….,
Dans la cour du bahut
On m'appelait……………..,
On m'appelait…………….,
On m'appelait…………….,
Enfin bref, on m'donnait
De jolis petits noms.


Pour se faire un blason,
Fallait s'battre dans la rue
Sous les acclamations.
Mais en tant qu'avorton,
Vu mes dispositions
pour la boxe à main nues,
J’me suis fait cracher d'sus
Et appeler ………………..

Mais la nuit
Dans mes rêves,
On m'appelait :
Mon …………..,
Ma……………..,
Mon …………..,
Mon …………….
Ou ma …………...

Dans la cour de l'immeuble
Je regardais les filles,
Je faisais partie des meubles,
J'étais de la famille,
J'était l'frère de ma soeur.
Et malgré ma douceur,
Quand je m'approchais d'elles,
Je tenais la chandelle.


Elles voulaient des boxeurs
Et des déménageurs
Et des maîtres nageurs
Mais pas l'frère de ma soeur.
Elles voulaient du robuste
Et du poil au menton,
Moi j'étais un arbuste
Et j'avais des boutons.
Mais la nuit…

Dans les allées du parc
On m'appelait ……………….,
J'attirais les maniaques
et les saintes nitouches.
Et les fois peu nombreuses
Où nos mains se joignaient,
Ma petite amoureuse
Me tordait le poignet.

Mais la nuit…
 
On me tape dans le dos !
On m'appelle………………,
On soulève son chapeau,
On m'appelle……………….,
"……………" pour les intimes
Et "…………." pour tout l'monde,
Un monsieur anonyme
Dont les rues sont fécondes.

Mais la nuit…
 
Quand mon cerveau est mou,
On m'appelle………………..
Quand mon cerveau est lent,
On m'appelle ……………..
Dans mon automobile,
Au milieux des klaxons,
Dans mon automobile
On m'appelle ……………...

Mais la nuit…




Solution
-         pot de colle, la glu, la sangsue, le morpion
-         Mon p'tit lu, Ma colombe, Mon Jésus, Mon loukoum, ma Fève
-         Tartempion
-         cuisse de mouche
-         mon vieux, monsieur
-         Dugenou, Dugland, Ducon



b) Classez ces appellations selon leur connotation, et ce qu’elles apprennent sur le personnage

· Positive et affective dans le refrain (domaine du rêve) :
 Mon p'tit lu, Ma colombe, Mon Jésus, Mon loukoum, ma Fève

· Négative :
-         c’est un être collant, dont personne ne veut (un exclu) : pot de colle, la glu, la sangsue, le morpion)
-         c’est un être quelconque, qui passe inaperçu, avec qui on est condescendant :  mon vieux, monsieur, Dugenou, Dugland, Ducon, Tartempion.
-         un avorton : cuisse de mouche


c)     À quelle période de sa vie ses qualificatifs renvoie-t-il ?
Enfance et âge adulte



II/ Trouvez des synonymes aux mots ou expressions suivantes

· Bahut : école

· avorton : enfant prématuré et insuffisamment développé
® gringalet, nabot, nain, demi-portion 



III/ Extensions

· de jolis petits noms : des noms d’oiseaux

· tenir la chandelle : se dit de quelqu’un accompagnant un couple, qui devient une sorte de faire-valoir.
® devoir une fière chandelle à quelqu’un : lui devoir une grande reconnaissance
® des économies de bouts de chandelles : des économies insignifiantes
® (en) voir trente-six chandelles : être étourdi par un coup

· sainte nitouche : personne qui affecte l’innocence, une fausse prude, hypocrite. 











Promenade à Aix-en-Provence et baignade au Pont du Gard


34 degrés à l'ombre ...

après Aix 

quel plaisir que de retrouver 

la fraîcheur du Gardon  



Pont du Gard (rive gauche)


















































Aix-en-Provence


Les fontaines










vendredi 9 septembre 2016

Promenade à Montpellier la nuit ... avec une chanson d' Adamo









La nuit






Si je t'oublie pendant le jour
Je passe mes nuits а te maudire
Et quand la lune se retire
J'ai l'arme vide et le coeur lourd


La nuit tu m'apparais immense
Je tends les bras pour te saisir
Mais tu prends un malin plaisir
A te jouer de mes avances


La nuit, je deviens fou, je deviens fou
Et puis ton rire fend le noir
Et je ne sais plus oщ chercher
Quand tout se tait revient l'espoir


Et je me reprends а t'aimer
Tantфt tu me reviens fugace
Et tu m'appelles pour me narguer
Et chaque fois mon sang se glace


Ton rire vient tout effacer
La nuit, je deviens fou, je deviens fou
Le jour dissipe ton image
Et tu repars je ne sais où,


Vers celui qui te tient en cage
Celui qui va me rendre fou
La nuit je deviens fou, 
je deviens fou













mercredi 7 septembre 2016

Stage à MONPELLIER : Visite du centre ville




Les élèves de V D regardent là-haut,  

La guide le montre bien du doigt ...

Et oui ... C'est là qu'il faut arriver !


LE MIKVÉ


































Chez ... Pétrarque















samedi 3 septembre 2016

Charles Baudelaire "Le Confiteor de l'artiste" - Le Spleen de Paris






Le Confiteor de l'Artiste


Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini.

    Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

    Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.


    Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu. 


    

mercredi 24 août 2016

MONTPELLIER: STAGE DU 6 AU 13 SEPTEMBRE : IV ET V D ESABAC




Départ de Varese Masso Sacro 

Le 6 septembre à  8 h. 30 

Pause vers 13 h. 00  à Cannes 

Arrivée à Montpellier ver 18 h. 00







MARDI
MERCREDI
JEUDI
VENDREDI
SAMEDI
DIMANCHE
LUNDI
MARDI
06/09/16
07/09/16
08/09/16
09/09/16
10/09/16
11/09/16
12/09/16
13/09/16
Matin

9h00-12h00
9h00-12h00
9h00-12h00

8h45 -18h30
Excursion 
Avignon- Palais des Papes

Rendez-vous à  la Gare Routière Parking du gd St Jean


8h45-18h30
Excursion 
Aix en Provence


Rendez-vous à  la Gare Routière Parking du gd St Jean

10h00-12h00
9h00-12h00

Cours
Cours
Cours
Enquête
Cours












Après-midi
Arrivée
les hôtes d'accueil et un représentant de iLP seront présents


Visite guidée de la ville 
 Départ Place de la Comédie
Rendez-vous devant l'office du Tourisme

 

14h00
visite ludique de Montpellier sur le thème du street art

Libre
13h00-16h00

Départ

Cours
















mardi 16 août 2016

Ernst Wiechert "Les enfants Jéromine" (1948)



"La vérité se tient tantôt  ici, tantôt là , assise sur une pierre au bord du chemin, attendant que nous la rencontrions" (p.206)


Titre de l'image : Hans Thoma - Chant la forêt

Hans Thoma  Un chant dans la nature 




J'ai découvert Les Enfants Jéromine grâce à l'excellent article Et Dieu s'absenta de Philippe Claudel dans "Le Magazine littéraire" de juillet-août 2016 dans lequel l'écrivain montre comment Wiechert pose  la grande question d'un  Dieu mauvais ou d'un Dieu indifférent.

Comme souligne le traducteur Félix Bertaux dans l'introduction de la nouvelle édition,  en Livre de Poche,  Ernst Wiechert ne veut pas rivaliser avec Thomas Mann, il " n'entend  représenter que "les petits gens" dont l'inspiration foncièrement religieuse ne s'accomode pas du pouvoir temporel. Tout en rendant à César ... ce qui est à César, ils cherchent à rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Mais leur dieu même est un dieu en devenir avec lequel ils sont en lutte, un Jéhovah farouche qui, comme les hommes au pouvoir, sème le monde de ruines, et c'est aussi contre lui qu'ils protestent; c'est lui qu'il leur faut réinventer, reformer chaque jour selon la tradition de leurs églises."


Un  souffle grandiose et bouleversant  émane de ce chef-d'oeuvre, qui m'a rappelé  "Le jeu des perles de verre" de Hermann Hesse, remarquables les pages dédiées à "l'enfant prodige" jouant du piano (p.25) capable de  "remuer le monde", thème majeur le long de tout le roman avec le celui d'un humanisme camusien  "Il croyait savoir qu'il était appelé à servir et non à dominer. Il portait un héritage de toutes les générations et la pluspart des traces se perdaient dans la nuit; mais c'est son père qui lui avait légué le grand, le plus grave héritage: l'amour des hommes" 
Comment ne pas penser aux Misérables,  à JeanValjean  ?







Les Enfants Jéromine


Résumé
À Sowirog, un village aux frontières orientales de l’Allemagne, entre lac, bois et tourbières, la vie est simple et laborieuse, illuminée par la Bible. Mais, dans ce xxe siècle naissant, c’est vers la guerre, l’esprit de vengeance et la folie du nazisme que s’achemine le monde. Les sept enfants Jéromine auront à le découvrir. L’un d’entre eux, Jons Ehrenreich (Honoré = riche en honneur), futur médecin, épris de savoir et de justice, s’inclinera néanmoins devant la sagesse ancestrale, celle du travail et de l’humilité, face au mystère du destin dans un monde hanté par la mort.






Ernst Wiechert

Émigration intérieure





Au rythme des moissons et des chorals luthériens, des noces comme des enterrements, Wiechert raconte les existences laborieuses mais dignes de ces charbonniers, forestiers et pêcheurs. « Ils ne lisaient pas de journaux et ce qui se passait dans le district ou dans le monde ne venait à leur connaissance que par la bouche de l'instituteur, qui était leur Moïse dans le désert. Il s'en était bien trouvé certains, parmi eux, que le vide de leur existence avait poussés au désespoir et qui passaient leurs journées à boire, en cachette ou sans vergogne. D'autres encore qui fermaient leurs cœurs remplis de haine et d'amertume, des misanthropes qui se dressaient, durs et froids, comme d'impitoyables juges, contre leurs enfants effarés, et qu'on ne revoyait plus lorsqu'à midi la cloche de l'école avait sonné. Cependant la plupart d'entre eux étaient remplis de la sagesse des pauvres et des solitaires, renfermés sans aigreur dans leur monde. »








POSTFACE 

La troisième partie de ce livre, c'est l'histoire qui l'a écrite en gros et terrifiant caractères, et il n'est permis à aucune fiction de projeter sur cette horreur le reflet lumineux de l'art transfigurateur.
Bornons-nous donc à laisser rentrer silencieusement ces êtres agissants et souffrants dans le coeur d'où ils sont un jour sortis. Le sable de Sowirog recouvrira leurs yeux éteints et nous ne savons encore quel avenir Dieu lui réserve en ses conseils, à ce sable de Sowirog.
Sans plus parler accordons-leur ceci : le repos à tous ceux qui dorment, la paix à tous ceux qui sont morts.
Ernst Wiechert 
Holf Gagert, juillet 1946