C’est la fin de l’année scolaire. Le moment tant attendu des vacances est arrivé.
Le petit Nicolas, ses parents et Mémé prennent la route en direction de la mer, et s’installent pour quelques temps à l’Hôtel Beau-Rivage. Sur la plage, Nicolas se fait vite de nouveaux copains : il y a Blaise, qui n’est pas en vacances parce qu’il vit ici, Fructueux, qui aime tout, même le poisson, Djodjo, qui ne parle pas comme eux parce qu'il est anglais, Crépin, qui pleure tout le temps, et Côme, qui veut toujours avoir raison et c’est très énervant. Mais Nicolas fait aussi la connaissance d’Isabelle, une petite fille qui le regarde tout le temps avec de grands yeux ronds et inquiétants, et à laquelle il croit que ses parents veulent le marier de force. Les quiproquos s'accumulent, et les bêtises commencent. Une chose est sûre : ce sera, pour tout le monde, des vacances inoubliables…
Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes, L'univers est égal à son vaste appétit. Ah! que le monde est grand à la clarté des lampes! Aux yeux du souvenir que le monde est petit!
Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme, Le coeur gros de rancune et de désirs amers, Et nous allons, suivant le rythme de la lame, Berçant notre infini sur le fini des mers:
Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme; D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns, Astrologues noyés dans les yeux d'une femme, La Circé tyrannique aux dangereux parfums.
Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent D'espace et de lumière et de cieux embrasés; La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent, Effacent lentement la marque des baisers.
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent Pour partir; coeurs légers, semblables aux ballons, De leur fatalité jamais ils ne s'écartent, Et, sans savoir pourquoi, disent toujours: Allons!
Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues, Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon, De vastes voluptés, changeantes, inconnues, Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom!
II
Nous imitons, horreur! la toupie et la boule Dans leur valse et leurs bonds; même dans nos sommeils La Curiosité nous tourmente et nous roule Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.
Singulière fortune où le but se déplace, Et, n'étant nulle part, peut être n'importe où! Où l'Homme, dont jamais l'espérance n'est lasse, Pour trouver le repos court toujours comme un fou!
Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie; Une voix retentit sur le pont: «Ouvre l'oeil!» Une voix de la hune, ardente et folle, crie: «Amour... gloire... bonheur!» Enfer! c'est un écueil!
Chaque îlot signalé par l'homme de vigie Est un Eldorado promis par le Destin; L'Imagination qui dresse son orgie Ne trouve qu'un récif aux clartés du matin.
Ô le pauvre amoureux des pays chimériques! Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer, Ce matelot ivrogne, inventeur d'Amériques Dont le mirage rend le gouffre plus amer?
Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue, Rêve, le nez en l'air, de brillants paradis; Son oeil ensorcelé découvre une Capoue Partout où la chandelle illumine un taudis.
III
Etonnants voyageurs! quelles nobles histoires Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers! Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires, Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.
Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile! Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons, Passer sur nos esprits, tendus comme une toile, Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.
Dites, qu'avez-vous vu?
IV
«Nous avons vu des astres Et des flots, nous avons vu des sables aussi; Et, malgré bien des chocs et d'imprévus désastres, Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.
La gloire du soleil sur la mer violette, La gloire des cités dans le soleil couchant, Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète De plonger dans un ciel au reflet alléchant.
Les plus riches cités, les plus grands paysages, Jamais ne contenaient l'attrait mystérieux De ceux que le hasard fait avec les nuages. Et toujours le désir nous rendait soucieux!
— La jouissance ajoute au désir de la force. Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d'engrais, Cependant que grossit et durcit ton écorce, Tes branches veulent voir le soleil de plus près!
Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace Que le cyprès? — Pourtant nous avons, avec soin, Cueilli quelques croquis pour votre album vorace Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin!
Nous avons salué des idoles à trompe; Des trônes constellés de joyaux lumineux; Des palais ouvragés dont la féerique pompe Serait pour vos banquiers un rêve ruineux;
Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse; Des femmes dont les dents et les ongles sont teints, Et des jongleurs savants que le serpent caresse.»
V
Et puis, et puis encore?
VI
«Ô cerveaux enfantins!
Pour ne pas oublier la chose capitale, Nous avons vu partout, et sans l'avoir cherché, Du haut jusques en bas de l'échelle fatale, Le spectacle ennuyeux de l'immortel péché:
La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide, Sans rire s'adorant et s'aimant sans dégoût; L'homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide, Esclave de l'esclave et ruisseau dans l'égout;
Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote; La fête qu'assaisonne et parfume le sang; Le poison du pouvoir énervant le despote, Et le peuple amoureux du fouet abrutissant;
Plusieurs religions semblables à la nôtre, Toutes escaladant le ciel; la Sainteté, Comme en un lit de plume un délicat se vautre, Dans les clous et le crin cherchant la volupté;
L'Humanité bavarde, ivre de son génie, Et, folle maintenant comme elle était jadis, Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie: »Ô mon semblable, mon maître, je te maudis!«
Et les moins sots, hardis amants de la Démence, Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin, Et se réfugiant dans l'opium immense! — Tel est du globe entier l'éternel bulletin.»
VII
Amer savoir, celui qu'on tire du voyage! Le monde, monotone et petit, aujourd'hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image: Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui!
Faut-il partir? rester? Si tu peux rester, reste; Pars, s'il le faut. L'un court, et l'autre se tapit Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste, Le Temps! Il est, hélas! des coureurs sans répit,
Comme le Juif errant et comme les apôtres, À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau, Pour fuir ce rétiaire infâme; il en est d'autres Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.
Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine, Nous pourrons espérer et crier: En avant! De même qu'autrefois nous partions pour la Chine, Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,
Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres Avec le coeur joyeux d'un jeune passager. Entendez-vous ces voix charmantes et funèbres, Qui chantent: «Par ici vous qui voulez manger
Le Lotus parfumé! c'est ici qu'on vendange Les fruits miraculeux dont votre coeur a faim; Venez vous enivrer de la douceur étrange De cette après-midi qui n'a jamais de fin!»
À l'accent familier nous devinons le spectre; Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous. «Pour rafraîchir ton coeur nage vers ton Electre!» Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.
VIII
Ô Mort, vieux capitaine, il est temps! levons l'ancre! Ce pays nous ennuie, ô Mort! Appareillons! Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre, Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons!
Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte! Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau, Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau!
Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre : L'un d'eux s'ennuyant au logis, Fut assez fou pour entreprendre Un voyage en lointain pays. L'autre lui dit : « Qu'allez-vous faire ? Voulez-vous quitter votre frère ? L'absence est le plus grand des maux : Non pas pour vous, cruel ! Au moins, que les travaux, Les dangers, les soins du voyage, Changent un peu votre courage. Encor si la saison s'avançait davantage ! Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau. Je ne songerai plus que rencontre funeste, Que faucons, que réseaux. « Hélas, dirai-je, il pleut : « Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, « Bon soupé, bon gîte, et le reste ? » Ce discours ébranla le coeur De notre imprudent voyageur ; Mais le désir de voir et l'humeur inquiète L'emportèrent enfin. Il dit : « Ne pleurez point : Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ; Je reviendrai dans peu conter de point en point Mes aventures à mon frère ; Je le désennuierai : quiconque ne voit guère N'a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint Vous sera d'un plaisir extrême. Je dirai : « J'étais là ; telle chose m'advint»; Vous y croirez être vous-même. » A ces mots en pleurant ils se dirent adieu. Le voyageur s'éloigne ; et voilà qu'un nuage L'oblige de chercher retraite en quelque lieu. Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage Maltraita le pigeon en dépit du feuillage. L'air devenu serein, il part tout morfondu, Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie, Dans un champ à l'écart voit du blé répandu, Voit un pigeon auprès : cela lui donne envie ; Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d'un lacs Les menteurs et traîtres appas. Le lacs était usé ; si bien que de son aile, De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin. Quelque plume y périt ; et le pis du destin Fut qu'un certain vautour à la serre cruelle Vit notre malheureux qui, traînant la ficelle Et les morceaux du lacs qui l'avaient attrapé, Semblait un forçat échappé. Le vautour s'en allait le lier, quand des nues Fond à son tour un aigle aux ailes étendues. Le pigeon profita du conflit des voleurs, S'envola, s'abattit auprès d'une masure, Crut pour ce coup que ses malheurs Finiraient par cette aventure ; Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié) Prit sa fronde, et, du coup tua plus d'à moitié La volatile malheureuse, Qui, maudissant sa curiosité, Traînant l'aile, et tirant le pié, Demi-morte et demi-boiteuse, Droit au logis s'en retourna. Que bien que mal elle arriva, Sans autre aventure fâcheuse. Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines. Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? Que ce soit aux rives prochaines ; Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau, Toujours divers, toujours nouveau ; Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste. J'ai quelquefois aimé : je n'aurais pas alors Contre le Louvre et ses trésors, Contre le firmament et sa voûte céleste, Changé les bois, changé les lieux Honorés par le pas, éclairés par les yeux De l'aimable et jeune bergère Pour qui, sous le fils de Cythère Je servis engagé par mes premiers serments. Hélas ! Quand reviendront de semblables moments ? Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ? Ah! si mon coeur osait encor se renflammer ! Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ? Ai-je passé le temps d'aimer ?
Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet, Tour à tour amoureux insoucieux et tendre, Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre, Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.
C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ; Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l'histoire, Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire. Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie, Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie, Il s'en alla disant : « Pourquoi suis-je venu ? »
Une âme et un couteau La panoplie du crime J'enroule sur mes rimes La nuit comme un manteau À la lueur d'un bec De gaz anthropologue J'attends comme une drogue La joie d'occire un mec
Je suis un assassin De vocation tardive Mon allure chétive Ne vous prouvera rien Fi du fonctionnariat Où j'ai laissé des plumes Cette nuit dans la brume Je guette le bourgeois
La rue comme une main Étire sa peau triste Et je vois en artiste Les traces du destin Sur ses veines s'achève Un corps étendu dans Une flaque de sang Voyez, déjà je rêve
Je suis un assassin Je fais dans le mystère Des heures supplémentaires Qui ne me coûtent rien Le bureau imbécile Qui traîne ma savate Comme un fil à la patte Sombre dans l'air tranquille
J'ai joué de la lame Alors et au silence Un trou dans une panse Pour en faire sortir l'âme Demain tous les journaux Rougiront leurs colonnes Du sang de la personne Qui baigne entre deux eaux
Je suis un assassin De vocation brutale Seul avec tous ces râles Je ne partage rien Puis je reprends ma peau Banale et anonyme Huit heures qui s'anime C'est l'heure du bureau
T'es qu'un flic de Paris, t'es qu'un flic de Paris
T'es la flicaille des gens honnêtes Avec un œil dans nos assiettes, Tu fais l'beau aux sorties de l'usine L'air aggripant de Steve Mac Queen
Les pigeons font sur nos toitures C'que tu fais toi sur nos voitures, Autant qu'ils visent les monuments Que toi t'évites les gouvernants
T'es qu'un flic de Paris, t'es qu'un flic de Paris
T'as d'l'avancement qui s'croise les bras Dans les idées lorsque t'en as, Tu bouches à droite pour le turbin, Tu votes à gauche pour t'faire du bien
Comme une Peau d'Âne qui aurait pas tout, T'es d'la pèlerine et rien en d'ssous, De la baudruche assermentée Gonflée au vent de la société
Bref un flic de Paris, bref un flic de Paris
Dans le panier de la connerie Tu vas taper sur les gars qui N'ont pas voulu marcher tout droit Et qu'ton odeur n'impressionne pas
Tu m'diras qu'tu fais ton boulot Qu't'es pas payé pour le cerveau, Heureusement qu'on t'paye pas pour ça Parce que sinon tu boufferais quoi ?
P't-être les flics de Paris, p't-être les flics de Paris
Depuis qu't'as prononcé tes vœux Tu as l'esprit qui boite un peu, Moitié par les coups du regret, Moitié par les coups d'beaujolais
Si tu fous tes amis au clou Pour un danger qui t'serre le cou, Garde le ridicule qu'on te donne, C'est l'seul au moins qui n'tue personne
Même les flics de Paris, même les flics de Paris
Chez toi, quand on pose des questions, C'est pas à coups d'conversation, Même quand t'interroges le bon Dieu Y ressort jamais avec des bleus
T'as la manière d'te rendre utile En uniforme ou en civil, T'as beau bouffer du Gargantua, T'es jamais qu'un larbin de l'Etat
Et un flic de Paris, et un flic de Paris
Enveloppé de ta sépulture On t'sortira d'la préfecture Pour un p'tit coin à concessions Où on f'ra pousser des bâtons
En attendant tu fais des p'tits, Tu bouches le soleil de Paris Pour que continue la synthèse De cette spécialité française
Le soleil de France A mis ses carreaux Pour faire des vacances À ses Parigots Saint-Trop s'est fait belle Pour se montrer nue La France, mais laquelle ? Mais la France mon... Comme dirait Zazie
Ta lune en pleins feux Y a pas de satellite Le monde fait ce qu'il peut Pour tourner plus vite À Cap Kennedy On traque l'inconnu D'un doigt sale suivi D' l'Amérique mon... Comme dirait Zazie
A Moscou la poudre De Kremlin pinpin Je te passe ma foudre Tu paieras demain Puis tombe le rideau L'entracte venu C'est vu de très haut La Russie mon... Comme dirait Zazie
À Rome on baptise Des deux goupillons J' te vends mon église À tous les rayons La pudeur s'en fout D' payer un peu plus Vu qu' ça s' passe en dessous D' l'Italie mon... Comme dirait Zazie
La Chine c'est tout comme Paraît qu'elle voit rouge Il y pousse des hommes Et les hommes ça bouge La planète s'inquiète Le Vietnam remue Le Monde paie ses dettes Mais le Monde, mon... Vous m'avez compris
Sur les quais y a des amoureux Qui s'embrassent quand le ciel est bleu Quand il est gris, quand il est blême Qu'importe du moment qu'ils s'aiment Sur les quais il y a des amants Qui se séparent de temps en temps Et qui se demandent à quoi ça sert D'avoir de l'été en hiver
Moi, je m'en fous, je me pose plus de questions Que la Seine emmène ses cadavres Un jour je visiterai Le Havre Vu par en dessous paraît que c'est bon
Sur les quais il y a des oiseaux Qui chantent en se grattant le dos Et s'envolent quand le soir s'allume Pour ne pas y laisser des plumes Sur les quais y a des gens bien Qui viennent parfois même de très loin Pour se refaire à coups de poèmes C' qu'ils ont perdu dans leur seizième
Moi, je m'en fous, je me pose plus de questions La Seine trimballe ses bateaux-mouches Et jusqu'au matin qui les couche Je discute avec les poissons
Sur les quais y a de drôles de gueules Mais comme les ponts sont pas bégueules Ils viennent leur offrir pour la nuit Un service et couvert compris Sur les quais y a la PJ Qui dort près de la Conciergerie Si tu viens à passer par là Surtout ne t'y arrête pas
Moi, j' m'en fous, j'ai aut' chose à faire Je quitte Paris, ses quais brumeux Ses poètes et ses amoureux Profitez-en, ça ne dure guère Plus que le temps d'un r'mous ou deux