vendredi 10 octobre 2014

Patrick Modiano Prix Nobel de Littérature








Le prix Nobel de littérature a été décerné à

Patrick Modiano

 pour

« l'art de la mémoire avec lequel il a évoqué
les destinées humaines les plus insaisissables
 et dévoilé le monde de l'Occupation ».

Qui est Patrick Modiano et pourquoi est-il
désormais Prix Nobel ?
Quelles sont les thématiques de son œuvre ?
 Par quel livre commencer ?
Réponse avec Raphaëlle Leyris,
 du Monde des livres.











Son éditeur, Antoine Gallimard, pensait
 «qu’il aurait fallu attendre 30 ans pour qu’un autre
Français soit couronné par le Nobel après Le Clézio».
Et aussi que ce prix récompensait «plutôt des livres
 qui brassent les époques, les évènements.
 Là, ils ont choisi une œuvre qui est dans
 l’intimité, le mystère»,
 a-t-il noté.

Le romancier français a centré toute son oeuvre sur
 le Paris  de la Seconde Guerre mondiale, dépeignant
 le poids des événements tragiques d'une époque
troublée sur le destin de personnages ordinaires.



















mardi 7 octobre 2014

Jacques Prévert "Le dromadaire mécontent"



 
 
Mes chers élèves de I D ESABAC
 
devaient travailler ce conte en classe...
 
 
J'espère qu'ils sauront apprécier
 
Jacques Prévert...
 
tout en  connaissant assez mal les connecteurs logiques!!!
 
 
 
 



 
 
 
 
 
 
 
Le dromadaire mécontent


Un jour, il y avait un jeune dromadaire qui n'était pas content du tout.
La veille, il avait dit a ses amis: "Demain, je sors avec mon père et ma mère, nous allons entendre une conférence, voilà comme je suis moi!"

Et les autres avaient dit: "Oh, oh, il va entendre une conférence, c’est merveilleux", et lui n'avait pas dormi de la nuit tellement il était impatient, et voilà qu'il n'était pas content parce que la conférence n'était pas du tout ce qu'il avait imaginé : il n'y avait pas de musique et il était déçu, il s'ennuyait beaucoup, il avait envie de pleurer.

Depuis une heure trois quarts un gros monsieur parlait. Devant le gros monsieur il y avait un pot à eau et un verre à dents sans la brosse et, de temps en temps, le. monsieur versait de l'eau dans le verre, mais il ne se lavait jamais les dents et visiblement irrité il parlait d'autre chose, c ‘est-à-dire des dromadaires et des chameaux.

Le jeune dromadaire souffrait de la chaleur, et puis sa bosse le gênait beaucoup; elle frottait contre le dossier du fauteuil, il était très mal assis il remuait.

Alors sa mère lui disait: "Tiens-toi tranquille, laisse parler le monsieur", et elle lui pinçait la bosse; le jeune dromadaire avait de plus en plus envie de pleurer, de s'en aller...

Toutes les cinq minutes, le conférencier répétait: "Il ne faut surtout pas confondre les dromadaires avec les chameaux, j'attire, mesdames, messieurs et chers dromadaires votre attention sur ce fait: le chameau a deux bosses mais le dromadaire n'en a qu'une!" Tous les gens, de la salle disaient: "Oh, oh, très intéressant", et les chameaux, les dromadaires, les hommes les femmes et les enfants prenaient des notes sur leur petit calepin.

Et puis le conférencier recommençait: "Ce qui différencie les deux animaux c'est que le dromadaire n a qu'une bosse, tandis que, chose étrange et utile à savoir, le chameau en a deux ... "

A la fin le jeune dromadaire en eut assez et, se précipitant sur l'estrade, il mordit le conférencier :

"Chameau! " dit le conférencier furieux.

Et tout le monde dans la salle criait: "Chameau, sale chameau, sale chameau!"

Pourtant c’était un dromadaire, et il était très propre.


Un conte de Jacques Prévert
 
 
 
 
 
 
 
 


vendredi 3 octobre 2014

Yves BONNEFOY, « Vrai lieu »,Du Mouvement et de l'immobilité de Douve, 1953.









Yves BONNEFOY, « Vrai lieu »,Du Mouvement et de l'immobilité de Douve, 1953.

  VRAI LIEU


Qu'une place soit faite à celui qui approche,

Personnage ayant froid et privé de maison


Personnage tenté par le bruit d'une lampe,

Par le seuil éclairé d'une seule maison.


Et s'il reste recru1d'angoisse et de fatigue,

Qu'on redise pour lui les mots de guérison.


Que faut-il à ce cœur qui n'était que silence,

Sinon des mots qui soient le signe et l'oraison2,


Et comme un peu de feu soudain la nuit,

Et la table entrevue d'une pauvre maison?



1. Recru: épuisé. 
2. L'oraison: la prière.



  • Dans un essai intituléL'Acte et le lieu de la poésie, Yves Bonnefoy affirme qu'il ne croit pas « qu'il soit de poésie vraie aujourd'hui qui ne veuille chercher jusqu'à son dernier souffle à fonder un espoir ».
    Dans quelle mesure la poésie peut-elle représenter un espoir pour l'être humain ?







  • jeudi 2 octobre 2014

    Sàndor Màrai "Les braises"








    J’ai l’impression que ce livre m’attendait depuis longtemps, je ne l’avais
    pas encore acheté, ni reçu en cadeau, mais j’ai toujours été certain
    qu’il fallait que je le lise, depuis que, lors d’une soirée entre  amis,
    Marco et Giuseppe  m’en avez raconté leur enchantement …   
     Et les livres, comme notre passé, souvent nous attrapent.



    Ce conte et son auteur ont été une découverte immense.

    Roman de l’attente selon certains, mais surtout  de l’Amitié,
    de l’Amour,   et pour moi de la Passion qui nous promène le
    long de toute notre vie, nous offrant ce souffle primordial qui
     nous pousse à jouir pleinement  de la vie et nous invite à nous
     battre dès que nous avons pénétré  l’intuition secrète d’un 
    espoir,  d’une âme sœur qui nous accompagnerait à jamais.




      

    Voici dans la traduction en italien la dernière question
    que Henri pose à son ami  Konrad, après 41 ans d'attente


    "Non credi anche tu che il significato della vita
    sia semplicemente la passione che un giorno invade
    il nostro cuore, la nostra anima e il nostro corpo e
    che, qualunque cosa accada, continua a bruciare
     in eterno, fino alla morte?"


    ADELPHI EDIZIONI 1998
       

    INA 

     Je vous laisse savourer les quelques mots que Emmanuel à publié sur
       



      











    mercredi 1 octobre 2014

    IV D : Vidéos et exercices pour réviser










      








                                      ashcombe.surrey


      
    Au lycée




    Lettre




    Vocabulaire



    FLE - Le corps humain - cours





    Exercices:




    Mon beau sapin 

    ( pronoms / prépositions ) 




    La danse des canards

      (Présent de l'indicatif et impératif)





    Comment poser et comprendre les questions

    (anglais/français) 



     

    "Une vie" de Guy de Maupassant ... "Elle semblait un portrait de Veronese"












    Jeanne, ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas.
    L'averse, toute la nuit, avait sonné contre les carreaux et les toits. Le ciel bas et chargé d'eau semblait crevé, se vidant sur la terre, la délayant en bouillie, la fondant comme du sucre. Des rafales passaient pleines d'une chaleur lourde. Le ronflement des ruisseaux débordés emplissait les rues désertes où les maisons, comme des éponges, buvaient l'humidité qui pénétrait au-dedans et faisait suer les murs de la cave au grenier.
    Jeanne, sortie la veille du couvent, libre enfin pour toujours, prête à saisir tous les bonheurs de la vie dont elle rêvait depuis si longtemps, craignait que son père hésitât à partir si le temps ne s'éclaircissait pas, et pour la centième fois depuis le matin elle interrogeait l'horizon.
    Puis elle s'aperçut qu'elle avait oublié de mettre son calendrier dans son sac de voyage. Elle cueillit sur le mur le petit carton divisé par mois, et portant au milieu d'un dessin la date de l'année courante 1819 en chiffres d'or. Puis elle biffa à coups de crayon les quatre premières colonnes, rayant chaque nom de saint jusqu'au 2 mai, jour de sa sortie du couvent.
    Une voix, derrière la porte, appela : " Jeannette ! "
    Jeanne répondit : " Entre, papa. " Et son père parut.
    Le baron Simon-Jacques Le Perthuis des Vauds était un gentilhomme de l'autre siècle, maniaque et bon. Disciple enthousiaste de J.-J. Rousseau, il avait des tendresses d'amant pour la nature, les champs, les bois, les bêtes.
    Aristocrate de naissance, il haïssait par instinct quatre-vingt-treize ; mais philosophe par tempérament, et libéral par éducation, il exécrait la tyrannie d'une haine inoffensive et déclamatoire.
    Sa grande force et sa grande faiblesse, c'était la bonté, une bonté qui n'avait pas assez de bras pour caresser, pour donner, pour étreindre, une bonté de créateur, éparse, sans résistance, comme l'engourdissement d'un nerf de la volonté, une lacune dans l'énergie, presque un vice.
    Homme de théorie, il méditait tout un plan d'éducation pour sa fille, voulant la faire heureuse, bonne, droite et tendre.
    Elle était demeurée jusqu'à douze ans dans la maison, puis, malgré les pleurs de la mère, elle fut mise au Sacré-Coeur.
    Il l'avait tenue là sévèrement enfermée, cloîtrée, ignorée et ignorante des choses humaines. Il voulait qu'on la lui rendît chaste à dix-sept ans pour la tremper lui-même dans une sorte de bain de poésie raisonnable ; et, par les champs, au milieu de la terre fécondée, ouvrir son âme, dégourdir son ignorance à l'aspect de l'amour naïf, des tendresses simples des animaux, des lois sereines de la vie.


    Une vie  de  Guy de Maupassant






    mardi 30 septembre 2014

    Marcel AYME, Les Contes du Chat perché, Les boeufs.










    "Mes chers enfants ... 

    l'instruction est une bonne chose et ceux qui n'en ont pas

     sont bien à plaindre. Heureusement, vous n'êtes pas dans ce cas-là"





    LES BŒUFS





    Delphine eut le prix d'excellence et Marinette le prix d'honneur. Le maître embrassa les deux soeurs en prenant bien garde de ne pas salir leurs belles robes, et le sous-préfet, venu tout exprès de la ville dans son uniforme brodé, prononça un discours......- Mes chers enfants, dit-il, l'instruction est une bonne chose et ceux qui n'en ont pas sont bien à plaindre. Heureusement, vous n'êtes pas dans ce cas-là, vous. Par exemple, je vois ici deux petites filles en robes roses, qui ont une jolie couronne dorée sur leurs cheveux blonds. C'est parce qu'elles ont bien travaillé. Aujourd'hui, elles sont récompensées de leur peine, et voyez donc comme c'est agréable pour leurs parents: ils sont aussi fiers que leurs enfants. Ah! ah! Et tenez, moi qui vous parle, je ne voudrais pas avoir l'air de me vanter, mais enfin, si je n'avais pas toujours bien appris mes leçons, je n'aurais pas ma position de sous-préfet, i l'habit d'argent que vous me voyez. Voilà pourquoi il faut bien s'appliquer à l'école, et faire comprendre aux ignorants et aux paresseux que l'instruction est indispensable......Le sous-préfet s'inclina, les écolières chantèrent une petite chanson, et chacun rentra chez soi. En arrivant à la maison, Delphine et Marinette ôtèrent leurs belles robes pour mettre leurs tabliers de tous les jours, mais au lieu de jouer à la paume, ou à saute-mouton, ou à la poupée, ou au loup, ou à la marelle, ou à chat perché, elles se mirent à parler du discours du sous-préfet. Elles trouvaient qu'il était vraiment très bien, ce discours. Même, elles étaient très ennuyées de n'avoir pas sous la main quelqu'un de tout à fait ignorant à qui faire comprendre les bienfaits de l'instruction.



    Marcel AYME, Les Contes rouges du Chat perché,
    © Ed. Gallimard, coll. Folio junior